Jeune musicienne de 23 ans, Emma Hoet se démarque par ses chansons saisonnières, chargées de fraîcheur et de nostalgie. Éprise d’écriture et de musique depuis toute petite, ses trois années d’études à Londres, ont été un tournant pour son avenir musical. De retour dans son pays natal, c’est sur les ondes françaises qu’Emma décide de dévoiler ses nouvelles créations. En Chute Libre, et la tête dans les nuages, le temps d’une rencontre, la chanteuse nous invite dans son univers. 

Crédit Photo : Joanna Doukov

L’écriture et la musique ont toujours fait partie de ta vie ? 

Depuis toute petite j’adore écrire et chanter. Comme une suite logique, je me suis mise à jouer du piano. En grandissant, j’ai réalisé beaucoup de covers sur Soundcloud. Je commençais à avoir une petite communauté dans mon Lille originaire. Puis je suis partie à Londres pour mes études. Mes deux frères étaient également là-bas à ce moment-là, et le plus jeune venait d’intégrer une école de musique. Je participais tout le temps à des concerts, j’étais vraiment plongée dans une bulle de sonorités ! Je vivais ma vie à cent à l’heure et j’adorais ça. Je n’avais jamais envisagé de faire de la musique mon métier, puis, un jour, je me suis simplement demandé : « Pourquoi pas moi ? ».

Et à partir de ce moment-là …

Toujours en Angleterre, de collab en collab, j’ai sorti The One (2017), et U Got My Heart (2018). Ce dernier son est même passé sur les radios américaines ! À la suite de ces aventures, j’ai décidé de prendre mon envol, toute seule cette fois. Mes frères sont en groupe, et producteurs, alors il m’était plus facile d’écrire des chansons, d’en créer l’ambiance et de les peaufiner avec eux. On s’entraide beaucoup tous les trois ! Dès nos 16-17 ans on a commencé à réaliser nos chansons ensemble. Alors, même si mon projet est solo, ça reste familial ! 

Il y a une origine à cette passion commune ?

Mon père était vraiment fan de musique ! Il ne jouait pas d’instruments mais c’est lui qui nous a initié à ça : choisir des chansons, avoir un peu de goût on va dire (Rires). Au fur et à mesure, mon grand frère, fan de musiques électroniques, s’est acheté des logiciels de production, et nous y voilà !

Tu n’as jamais eu de problèmes pour t’intégrer dans ce monde, particulièrement masculin ?

Je passe ma vie avec des hommes (producteurs etc,.) et j’ai beaucoup moins d’amies femmes dans la musique. C’est un fait, nous sommes minoritaires ! Mais personnellement, je ne peux pas dire que j’ai eu de réels problèmes d’intégration à ce niveau. 

En France, à ce jour, tu as deux titres qui sont sortis : Hot Chocolate et Chute Libre. J’ai cru comprendre que cette deuxième chanson était un peu plus personnelle. 

Cette chanson, je l’ai écrite il y a un an, exactement à la même période. C’était en avril et le printemps arrivait. À cette époque, je sortais avec une personne. Du moins, je venais de rompre avec ce quelqu’un. Il était mon meilleur pote et je me suis rendu compte que je l’aimais quand même bien ce garçon. Les paroles me sont venues assez rapidement et je me suis mise à chanter cette histoire d’amour, un peu foirée. Ce qui est ironique, c’est que toute l’instru’ de cette chanson avait été écrite pour le mariage de ma cousine. Mais j’ai trouvé que cette prod matchait vraiment avec mes paroles… 

Pour sa sortie, tu as d’ailleurs réalisé un clip homemade avec ton frère, c’était comment de tourner confinée ? 

Un peu stressant ! Forcément, on avait prévu quelque chose d’autre pour notre clip. Mais avec un jardin et un frère designer, qui aime tourner des vidéos, tout s’est bien passé. On a réussi un créer un petit univers. On s’est adapté, et au final on s’est bien amusés (Rires). 

Pendant ce confinement, as-tu remis certaines de tes habitudes en question ? 

J’ai beaucoup repensé à Londres et j’ai écrit sur cette ville. J’ai aussi voulu me perfectionner dans des domaines que j’avais un peu délaissés, comme le piano. J’ai repris des cours pour m’améliorer. J’étais très angoissée par la productivité, tous les jours, je voulais écrire deux chansons. Puis j’ai eu une prise de conscience, du genre : « Non mais en fait, ça ne se passe pas comme ça ! J’ai 23 ans, j’ai deux mois devant moi, comment je peux faire pour être productive et surtout, en ressortir grandie ? » J’ai quand même beaucoup écrit, en gardant en tête de faire ce qui me plaisait. 

Quelles sont tes inspirations quand tu écris et composes ? 

Je suis fan d’Oh Wonder, un groupe aux influences UK. Ils m’inspirent, je les adore ! Tout comme la scène française d’ailleurs. J’aime la fraîcheur de Pomme ou d’Angèle, ce sont de vraies modèles. Et puis, mes inspirations tournent aussi beaucoup autour des saisons, de certaines histoires et de la nostalgie qui s’y mêle. Dans mes textes, j’évoque beaucoup de choses personnelles, et en même temps, universelles : une histoire amoureuse, une rencontre dans un café, la fin de l’été … 

De quelle ambiance se teinte ton EP Cartes postales, bientôt à paraître ? 

Il y a déjà Hot Chocolate et Chute Libre de sorties ! J’y décris la flemme hivernale et les ruptures amoureuses. Pour la suite, je souhaitais des sons plus printaniers, et plus summer. Vous allez d’ailleurs pouvoir découvrir un nouveau titre, très bientôt ! Arrogance Bikini, qui sortira avec l’EP, je l’ai écrite en collaboration avec l’un de mes meilleurs amis, Blowsom. Celle-ci parle de l’été, de summer body, et de mon rapport à cette saison. Puis, avec l’EP suivront de nouveaux titres comme : Jeunesse Exemplaire, ou 12h03, toujours sur ces thématiques. J’essaie de toucher à tout : des musiques un peu calmes, d’autres un peu moins. Je veux que tout le monde s’y retrouve, tout en gardant qui je suis.

As-tu des causes qui te parlent plus que d’autres ? Des sujets de société sur lesquels tu t’engages et que tu souhaiterais développer un jour, en chanson ?

Je suis végétarienne depuis mes 5 ans. Je fais très attention à tout ce que je mange, d’où ça vient. La cause animale me parle beaucoup ! Et même si j’y pense tous les jours, parce que ça compte pour moi, j’avoue ne jamais en avoir parlé dans mes chansons. Mais ça pourrait être quelque chose que je développerai dans le futur !  

Que pouvons-nous te souhaiter pour l’avenir ? 

Arrogance Bikini sort le 10 juillet ! J’espère qu’elle sera bien accueillie, comme l’EP qui suivra ! Alors, que me souhaiter ? Que tout fonctionne (Rires), que je puisse rapidement aller sur scène pour rencontrer les personnes qui me suivent ! Parce que ça, ça me manque.

Article de Marie Le Seac’h