A partir du 1er juillet 2021, le congé paternité va doubler. Au lieu du très léger 14 jours, on passe donc à 28. Et c’est déjà pas mal. 

Bonne nouvelle pour les futurs papas ! Emmanuel Macron l’a annoncé la semaine dernière : le congé paternité va enfin être allongé. A la place des 14 jours actuels, les nouveaux pères pourront demander jusqu’à 28 jours. Mais ce n’est toujours pas obligatoire ! Eh oui, actuellement, seuls les trois premiers jours le sont, appelés « congés de naissances ». Les 11 jours supplémentaires ne sont pas toujours demandés par les papas ou acceptés par les employeurs. Cette réforme vise donc aussi à faire évoluer les mentalités et à passer le nombre de jours obligatoire à 7. Parce que 3, c’est bien trop peu ! 

Image d'illustration de la relation père/enfant
Image d’illustration de la relation père/enfant – © Heike Mintel

Une initiative attendue 

Cela fait plusieurs mois déjà que les membres du gouvernement expriment leur volonté d’allonger le congé paternité. Volonté justifiée le 8 septembre, par la sortie du « rapport des 1 000 premiers jours : une commission d’experts à l’appui », dirigée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik. Selon Le Monde dans son article sur le sujet, pourtant, l’annonce est « moins ambitieuse que les recommandations de la commission en la matière, qui proposait d’allonger le congé paternité à neuf semaines, fractionnables, au nom des ‘effets positifs sur le développement de l’enfant' ».

Et même sans parler des politiques ou scientifiques, les Français·e·s aussi souhaitaient la mise en place de cette initiative. Selon BreakingNews80 % des interrogé·e·s y étaient favorables. Et les raisons semblent évidentes, rien que pour la relation père-enfant. 

Vers l’égalité ? 

Aujourd’hui, le congé maternité prénatal et postnatal s’élève à 16 semaines minimum. Bon, ok, on est toujours très loin. Mais il faut prendre toutes les petites victoires ! Parce que grâce à cette réforme très positive pour les papas impliqués, les mamans aussi vont connaître des améliorations. Entre autres : cela pourrait alléger la charge mentale, éviter des dépressions post-partum, rééquilibrer « les tâches familiales, mais aussi l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, la maternité étant clairement identifiée comme un frein à la carrière de ces dernières », rappelle Solène Cordier dans un article pour Le Monde. 

Image d'illustration d'un père et de son enfant
Image d’illustration d’un père et de son enfant – © Picsea

Et pour tous les gens que ça intéresse, le quotidien La Dépêche a créé un article de questions/réponses, histoire de préciser certains points ! 

Article de Clémence Bouquerod

Alors que l’on célébrait la fête des Pères, il y a de ça une semaine, une tribune a vu le jour. Celle de dix papas « engagés », réclamant l’allongement du congé paternité. 

Alors que l’on célébrait la fête des Pères, il y a de ça une semaine, une tribune a vu le jour. Celle de dix papas « engagés », réclamant l’allongement des congés paternité. Crédits : ©Picsea.
Pour la fête des pères, dix papas ont co-écrit une tribune pour réclamer l’allongement des congés paternité. Crédits : ©Picsea.

L’occasion était trop bonne : profiter de cette fête qui célèbre les papas pour lancer une tribune et y réclamer l’allongement du congé paternité. Ces signataires, ce sont dix pères engagés tels que Tristan Champion (Barbe à papa), Antoine Le Guilloux (Devenir papa) ou encore Pascal Van Hoorne (Histoires de Papas). 

Une tribune pour interpeller le gouvernement 

« Malgré la succession de rapports officiels démontrant les bienfaits d’un allongement du congé paternité pour l’enfant, l’implication du père dans l’éducation, l’égalité femme-homme à la maison comme sur le marché du travail, aucune réforme ne figure à l’agenda de l’État », co-écrivent-ils. Ici, ces pères de famille pointent du doigt l’incompétence et l’inaction du gouvernement face à des problématiques qui ne devraient pas être balayées sur le côté. D’ailleurs, cette tribune ne sort pas de nulle part. Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité femmes-hommes, s’était dite favorable à un allongement du congé paternité au début du mois de juin. 

Pour faire entendre raison et propager leur voix, ils ont créé le hashtag #1moisminimum. Car oui, ils demandent à ce que le congé paternité – actuellement de 11 jours – passe à un mois minimum. « Pour que chaque père puisse avoir le choix d’un congé paternité plus long. Pour que chaque mère ne soit pas seule le mois qui suit la naissance. Pour que l’égalité femme-homme soit aussi un sujet d’homme. Alors, pour la fête des Pères, soutenez notre initiative ». 

Une demande partagée par de nombreux hommes

Selon le Baromètre de la DREES, en 2016, 63 % des jeunes hommes de 18-24 souhaitent un allongement du congé paternité. La nouvelle génération de pères est donc très engagée dans cette lutte. Il apparaît comme primordial pour eux de partager ces premiers moments en famille, d’apporter soutien et amour à la mère et donc de s’impliquer davantage dans l’éducation des enfants. Si nous, féministes, avions tendance à réclamer que les hommes soient plus investis, nous ne pouvons que constater que c’est également leur désir. 

Une génération Y consciente des tâches à partager, dont 70 % des hommes se disent prêts à ralentir leur carrière pour s’occuper de leurs enfants

Chez Paulette, on salue cette initiative qui met du baume au cœur. Cette tribune est le parfait exemple que le féminisme c’est l’affaire des femmes, mais aussi des hommes ! 

Article de Nina Hossein