Depuis la tornade qui a ébranlé de plein fouet un certain nombre de commerces sur la scène culinaire française, de nombreux projets ont vu le jour dans l’optique de peu à peu « remonter la pente ». Lola Zerbib et Natacha Sporer, toutes deux designers et fondatrices du studio Ravages, apportent jour après jour leur pierre à l’édifice. On fait le point sur un nouveau concept détonnant et dépaysant.

Salive : késako ?

La dénomination nous met déjà la puce à l’oreille. Derrière le concept « Salive » se cache une escapade gustative, un parcours initiatique dans les rues de Paname, à la recherche de son déjeuner ou de son dîner. D’une part cette « déambulation culinaire » riche de plus de quinze restaurateurs emmène les amateurs des fourneaux découvrir cinq points clés de dégustation, et d’autre part on aperçoit une facette d’un Paris distinct du quotidien.

The Cherry on the Cake ? On choisit parmi trois thématiques. Alors plutôt partant.e pour un tour du monde de la Porte Saint-Denis à la gare de l’Est, un déjeuner en mode canotiers au Canal Saint-Martin ou une promenade bucolique au Village Charonne ?

Comment ça marche ?

Dans un premier temps, on se rend sur la billetterie en ligne et l’on se procure un ticket, mentionnant un lieu de rencontre pour le jour de la déambulation. Puis, le D-Day un kit empli de couverts et d’accessoires (dont une carte pour se repérer) est délivré. Ne reste plus qu’à entamer l’Odyssée gourmande. On se retrouve dans une véritable chasse aux trésors et l’on récupère gaiement ce que le « Petit Poucet gourmet » a semé sur son chemin. Echange, lien social et découvertes insolites autant pour les yeux que les papilles : que demander de mieux ?

Avis aux fins gastronomes : si l’expérience vous tente, c’est par ici que ça se passe.

Face To Face naît de l’envie partagée de Marianna Szeib-Simon et Manon Posty Sworowski, co-fondatrices, de raconter l’histoire, la vraie. Celle des créateurs, de leurs moments de doute, de leur envie de fabriquer des pièces intemporelles ainsi que de leur engagement. Marianna et Manon veulent mettre un terme à l’anonymat de ces génies dont on ne parle jamais. Car après avoir travaillé pour de grands groupes comme Yves Saint Laurent ou encore L’Oréal, elles ont besoin de reconnecter. Reconnecter les gens entre eux, mais aussi avec leur ressenti tout en redonnant du sens aux objets qu’ils acquièrent. En effet, chez Face To Face on mise sur la transparence. Rencontre avec deux femmes dont la jovialité inspire.

Marianna et Manon, co-fondatrices de Face To Face, organisent régulièrement des pop-up pour favoriser l'échange entre créateurs et clients. Crédits : ©FaceToFace.
Marianna et Manon, co-fondatrices de Face To Face, organisent régulièrement des pop-ups pour favoriser l’échange entre créateurs et clients. Crédits : ©FaceToFace.

Paulette : Une anecdote à nous dévoiler pour présenter les co-fondatrices de Face To Face ? 

Marianna : Je me souviens du premier événement avec Manon. C’est d’ailleurs celui qui nous a fait décoller. Le pop-up se tenait dans un appartement du Marais et on a pu initier une sorte de rituel. Au début, pour tous les événements, on s’occupait de la préparation du lieu, on portait les meubles nous-mêmes. Alors à minuit, on finissait la journée pieds nus, quand tous les créateurs étaient partis. Et on s’ouvrait la dernière bouteille de champagne pour l’inauguration de Face To Face. C’était un réel moment de bonheur. On était fatiguées, mais vraiment satisfaites !

Manon : Il y a pas longtemps, je réalisais que ça faisait déjà trois ans que j’avais rejoint Marianna. Si on m’avait dit trois ans après qu’on en serait là, je n’y aurais jamais cru. Et je ne sais pas si j’aurais signé parce qu’on a fait tellement de choses, je n’aurais pas cru ça possible au départ. Mais c’est un bilan extrêmement positif aujourd’hui.

Pour l'évènement Bossa Nova Mood, c'est dans une boutique éphémère que l'on retrouvait les créations sélectionnées chez Face To Face.
Pour l’événement Bossa Nova Mood, c’est dans une boutique éphémère que l’on retrouvait les créations sélectionnées chez Face To Face. Crédits : ©FaceToFace.

P :  « Face To face », pourquoi ce nom et comment vous est venue l’idée de ce concept ?

Marianna : En travaillant en développement marketing chez L’Oréal, je me suis rendu compte qu’on racontait une histoire fausse autour d’une égérie. Elles n’ont rien à voir avec le produit lui-même. Alors, j’ai compris que l’anonymat créatif me pesait. Derrière ce sont de véritables génies, des directeurs artistiques qui bossaient jour et nuit, pour qu’au final, on ne parle jamais d’eux.

En parallèle, j’avais de nombreux amis qui quittaient ces grands groupes pour créer leur marque. Comme une seconde vie, ils opéraient un retour aux origines – en puisant par exemple dans une histoire familiale ou alors une région. Je me suis alors rendu compte que ça me passionnait beaucoup plus, les vraies histoires.

Face To Face c’est un constat : celui de marques qui se lancent sur Instagram, qui vont avoir besoin d’un point de contact avec les clients physique, très qualitatif. C’est avant tout un évènement incontournable, vraiment artistique. Les marques, autant que les artistes, y sont conviées et cela permet d’ajouter une dimension plus expérimentale. Ce n’est pas simplement du shopping. On revient aux sources de l’échange. On peut ainsi porter un regard différent sur ce que l’on achète. Lorsqu’on met un visage sur le créateur ainsi que son histoire, on a tendance à porter les objets d’une autre manière et surtout on s’y attache.

Chez Face To Face on mise la carte de la transparence. On ne peut pas mentir et rien cacher. Il n’y a pas de secret.

P : Dans votre concept, il y a beaucoup de produits en tout genre (vêtements, bijoux, produits de beauté), pourquoi avoir fait un choix aussi large ? 

Marianna : Tout ce qui se fait chez Face To Face, c’est soit en observant nos clients, soit en observant les créateurs. C’est un organisme vivant où l’on répond à une réelle philosophie. Et les produits s’y intègrent. Le principe, c’est de s’adresser surtout à la femme, et surtout celle qui est passée au bio. On cherche donc à répondre à ces besoins. Si elles mangent bio, on s’imagine bien qu’elles souhaitent faire d’autres achats dans cette ligne de pensée. Donc on propose des cosmétiques respectueux de la peau et de l’environnement, mais aussi de la décoration, des vêtements et des bijoux. Bientôt on intègre des collections enfants. C’est donc une réelle approche holistique.

P : Un des principes fondateurs des créateurs membres de Face To Face et donc de leurs créations, c’est la consommation durable des clientes. Vous nous en dites un peu plus ? 

Manon : L’idée c’est que si le client achète une pièce, qu’il y est accroché, qu’il a aimé le créateur et son histoire, il va s’assurer de la garder. On est complètement à l’opposé de la fast-fashion où l’on achète pour ne porter le produit que trois fois avant de l’oublier.

Ici, les créations perdurent dans le temps, la qualité est toujours au rendez-vous et surtout ce sont des intemporels. C’est une pièce aussi dont on prend soin parce qu’il est possible de la transmettre à son enfant.

P : D’ailleurs en parlant des créateurs, comment sont-ils choisis ? Et quels sont les engagements à avoir ?

Marianna : Il arrive que les créateurs viennent à nous ou alors que nous les dégotions. Peu importe en réalité, puisque les conditions de sélection sont les mêmes et reposent sur trois critères.

Le premier est purement esthétique. C’est une sélection personnelle et subjective puisque ce sont des objets que je pourrais porter moi-même. Mais elle est primordiale pour qu’il y ait un style, une unité dans les créations proposées.

En deuxième lieu, c’est la qualité, la transparence et les valeurs quant à la manière de produire. C’est pour moi très important de connaître l’engagement de la marque. Nous, on ne pousse pas les créateurs à aller vers un engagement précis. Chacun est libre de suivre ses convictions. Par exemple pour parler du « green », certaines marques privilégient le made in France, alors que d’autres produisent à Madagascar, mais avec des communautés de femmes issues des violences conjugales. Ensuite, le choix appartient au client : il décide quel engagement il souhaite privilégier.

Enfin, en troisième critère c’est la transparence de prix et sa justesse. On accompagne alors le créateur en se demandant si le prix est réaliste, s’il répond à une certaine réalité du marché. Mais aussi, si le produit est cher, cela signifie que l’objet a nécessité plusieurs semaines de travail pour l’artisan afin de fabriquer une pièce. Il faut donc sensibiliser les clients à la juste valeur des choses.

P : Parle-t-on de créateurs ou de créatrices chez Face To Face ?

Manon : À 99,9 % de femmes ! Mais ce n’était pas un critère au départ.

Marianna : Non, en effet, ça l’est devenu. Et c’est aussi une histoire personnelle. Moi je viens d’une famille de femmes. C’était déjà le début d’un « girls gang ». Donc la femme a toujours été très importante dans mon évolution.

Pour les créatrices de Face To Face, c’est la démonstration d’une révolution sociétale. Aujourd’hui, cette femme ne veut plus être comme les hommes. Elle veut pleinement vivre sa vie et concilier plusieurs rôles, qu’elle se choisit bien sûr. Ces créatrices sont souvent des anciennes avocates, des anciennes comptables qui finalement cherchent une nouvelle qualité de vie avec leur marque.

Marianna et Manon organisent de plus en plus de pop-up pour découvrir les créateurs et leurs créations. Crédits : ©FacetoFace.
Marianna et Manon organisent de plus en plus de pop-ups pour découvrir les créateurs et leurs créations. Crédits : ©FacetoFace.

P : Comment et quand venir shopper chez Face To Face ? 

Manon : On organise des pop-ups pour permettre ces échanges. Pour la petite histoire, au début il y avait un pop-up par an puis deux. Les créateurs arrivaient à vendre correctement, on voyait que la notoriété commençait à monter. On s’est rendu compte que c’était dommage de se limiter à deux pop-ups parce que les créateurs ont besoin de vendre à l’année.

On a donc créé notre site, qui incarne une véritable market place où les créateurs vendent leurs produits. L’idée, c’est que le client puisse retrouver sur le site ce qu’il y a en pop-up et inversement.

Maintenant on a multiplié ces événements. Prochainement on sera dans le patio de l’Hotel de Paris en août, chez Who’s Next début septembre mais aussi chez Première Classe tout début octobre. Enfin, on se retrouvera à The Reunion les 10 et 11 octobre pour un pop-up family-friendly !

Propos recueillis par Nina Hossein.

Avec le phénomène de « fast fashion », le rythme des collections s’accélère. La mode bouge et nos garde-robes aussi. En 2015, la consommation de vêtements dans l’Union européenne s’élevait à 6,4 milliards de tonnes. Et pourtant, seulement 30 % de notre garde-robe nous sert vraiment… Alors, pour faire face à ce gaspillage vestimentaire, Entremains a la solution : « faire de la seconde main notre premier choix ». Découvrez ce concept mode responsable avec Camille, cofondatrice de la marque.

Entremains : le concept mode qui nous habille plus responsables. Crédits : ©Enzo Orlando.
Entremains : le concept mode qui nous habille plus responsables. Crédits : ©Enzo Orlando.

Pour commencer, en quelques mots qu’est ce qu’entremains et qui se cache derrière ce concept ? 

Camille, cofondatrice : Entremains, c’est une super sélection de vêtements de seconde main servis avec un grand sourire sur un plateau d’argent (i.e. vendus comme de la première main) : du vintage alléchant, du luxe pimpant, du contemporain pas chiant.

Une petite anecdote à raconter sur le nom du concept ? 

C : entrereins, entreseins, entrefesses, entrejambes, entremains quoi !

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« Faire de la seconde main votre premier choix », explique-nous pourquoi ?

C : On voudrait que les filles repensent leur façon de consommer la mode, une industrie que l’on sait très nocive pour l’environnement.

Dans ce cadre, la seconde main peut vraiment être une alternative, un premier choix. La mission est cependant loin d’être facile car on assimile trop souvent le seconde main au joyeux bordel de la fripe : sa poussière, ses coupes si particulières et sa fraîche odeur de jasmin. Alors, on s’est dit que si on souhaitait acheter nous-mêmes de la seconde main, il faudrait qu’on ait l’impression d’acheter du neuf “de la seconde main avec les codes de la première main”. Et là plus d’excuses pour ne pas acheter de la seconde main ! Toutes nos pièces sont ultra sélectionnées, lavées, reprisées, bichonnées pour les présenter comme du neuf.

Finalement, ca deviendra presque naturel de venir te saper entremains. Les produits sont très cools, l’univers est fun, et tout est présenté comme de la première main. En gros, de la seconde main vue comme de la première.

Il s’agit de pièces uniques ? 

C : Exactement, chaque pièce est unique, sélectionnée pour son style et / ou sa confection. 

Pour les pièces contemporaines, elles sont choisies car viennent d’une collaboration ou d’une petite collection, donc quasi introuvable. 

Comme disait entremains Platon, « ne sois pas originale, sois unique. »

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Vos pièces sont à shopper lors de pop-ups, en quoi consiste cet événement ?

C : Redonner du plaisir au shopping, dans une expérience fun et décomplexée ou tu peux trouver une très large partie de notre sélection allant du vintage au luxe mais pas que. Également du mobilier chiné et signé à dégoter à chaque pop up. Du son bien bien cool. Et bientôt des talks, masterclass…

Chaque pop up ayant sa signature tels que :

– Le pop up « devient la plus belle miche de France » ou tu pouvais trouver une pure sélection de 501 Levi’s et des pantalons 80’s 90’s affriolants.

– Le pop up « hiver seconde main ou sans rien » avec la garde robe complète pour survivre à l’hiver : de la maille irlandaise-amourdurable, des peaux lainées pour le yoga bikram, du velours côtelé (en bourse)…

– Le pop up chez Citadium avec une sélection de pièces ultra pointues & sac vintage de luxe, en mode sapée comme jaja.

Cette triste période de confinement est un moment propice pour repenser son mode de consommation, on a donc décidé de proposer de petites sélections de pièces de seconde main en ligne toutes les semaines.

 En une photo, peux-tu nous montrer le look parfait selon toi ?

C : Look avec la courrèges rose-mini jupe et les Airmax powpowpow !

Un petit mot pour finir ? 

Camille : Vivons seconde main ou sans rien.

Propos recueillis par Nina Hossein.