Plutôt que d’acheter nos cadeaux de Noël dans les grandes chaînes, et si on soutenait les petits commerçants ? On en a discuté avec Céline Guilhermet, créatrice des Georgettes.

En cette période très compliquée, il est primordial d’aider les petits commerçants à survivre à la crise. Ils viennent de rouvrir, et cette année a été particulièrement difficile pour eux et elles. Alors, si vous n’avez pas déjà acheté tous vos cadeaux de Noël en ligne pendant le confinement, vous pouvez en profiter pour les soutenir. Et pour savoir comment, nous avons interrogé Céline Guilhermet, créatrice de la marque de bijoux Les GeorgettesLancée – un peu par accident – en 2015 au sein d’une entreprise ardéchoise, elle propose aujourd’hui de l’horlogerie, de la maroquinerie et des bijoux.

Céline Guilhermet, créatrice de la marque Les Georgettes
Céline Guilhermet, créatrice de la marque Les Georgettes – © Les Georgettes

Le Made in France

80 % de la collection Les Georgettes est fabriquée en France. Pour les 20 % restants, on vous rassure, la marque ne sous-traite pas (sauf pour la mécanique de l’horlogerie). Seulement, les techniques d’empierre sont réalisées dans leur usine thaïlandaise, qui a rejoint l’entreprise ardéchoise il y a 30 ans, bien avant l’ajout des Georgettes à la famille. Alors, on peut dire que Céline s’y connaît, en Made in France. Et d’ailleurs, elle est militante de cette cause depuis de nombreuses années : « je trouve que ça redonne du sens et de la proximité. Nous, en tout cas, on se bat pour fabriquer le plus possible en France, parce que ça veut dire qu’il y a des métiers qui restent en France, des savoir-faire, et tout ça c’est précieux. Aujourd’hui, on est tous responsables du monde dans lequel on vit. Et le Made in France, cela permet d’avoir le juste prix et de savoir comment ce qu’on achète est créé. »

Cause d’autant plus importante aujourd’hui, avec le Covid-19. « C’est un phénomène de société assez profond, pour donner du sens à nos achats, à notre consommation. Le discours du Made in France, on était peu nombreux et il y avait moins d’écoute avant. Il y avait une histoire d’accessibilité, il fallait avoir le budget… Mais on nous écoute de plus en plus. Et avec le Covid, cela a tout accéléré », ajoute Céline Guilhermet. 

Les petits commerçants

Image d'illustration de shopping
Image d’illustration de shopping – © Charles Deluvio

Favoriser le Made in France, c’est génial. Mais dans cette même optique, il ne faut surtout pas oublier d’acheter chez les petits commerçants. Eux aussi méritent du soutien – même s’ils ne peuvent pas toujours choisir de la fabrication française. Comme l’avait dit Catherine Chanove, gérante de Poisson d’Avril, magasin de jouets et jeux de société « cela fait vivre des passionnés. […] On a besoin de l’effort de tout le monde pour continuer à vivre ». On sait, ce n’est pourtant pas toujours évident. Céline Guilhermet nous donne ses conseils : « Pour moi, il y a plusieurs choses. Il faut juste essayer de se dire ‘j’évite les grosses enseignes’, aller voir ses commerçants de quartier, être à l’écoute, être curieux, et faire ça avec bon sens. Il y a des sites qui nous permettent aussi de nous informer, comme celui du salon Made in France, qui représente un bon répertoire de marques françaises. » Et le grand côté positif avec ça, c’est que les petits commerçants ont souvent plus de temps pour nous conseiller ! 

Question de budget 

Si votre budget est serré, vous allez vous dire que cet article n’est pas pour vous. Et pourtant ! Il est tout à fait possible de choisir ses cadeaux dans les petits magasins et/ou fabriqués en France, même sans se ruiner. C’est vrai, cela veut souvent dire acheter en moins grande quantité, mais niveau qualité, vous serez servi·e·s ! La réalité, c’est que lorsqu’on achète en ligne, on n’a pas la notion des vrais prix. La créatrice de Les Georgettes précise : « je trouve qu’il y a de la pédagogie à amener, pour savoir ce que coûte vraiment un produit fabriqué en France. Un sac qui coûte 20 €, n’est pas forcément en cuir, ni forcément éthique. […] Il faut se poser la question de combien ça coûte de fabriquer un objet, du coût de la matière, du temps que ça dure de le faire, etc. Mais je suis plutôt contente que ces questions-là deviennent importantes. » 

Et nous aussi ! Attention cependant à ne pas se mettre la pression. Faites avec vos moyens et du mieux que vous pouvez, et ce sera déjà très bien. 

Article de Clémence Bouquerod