Bob Fosse et Gwen Verdon ont changé le paysage de la comédie musicale, sur scène comme au cinéma. La série Fosse/Verdon (FX) raconte l’histoire d’amour compliquée et la collaboration artistique fructueuse du chorégraphe et de sa muse. 

Michelle Williams et Sam Rockwell dans Fosse/Verdon © FX

Sam Rockwell et Michelle Williams ressuscitent deux légendes de la comédie musicale à l’écran par leurs performances impressionnantes dans la série Fosse/Verdon. Ils interprètent Bob Fosse, un chorégraphe brillant devenu réalisateur récompensé à Cannes (pour All That Jazz) et Gwen Verdon, très grande star de Broadway, sa muse, et une artiste du même calibre. Fosse/Verdon est sortie en avril 2019 et si vous n’avez pas eu le temps de la découvrir, profitez de la fin de l’été. Cette mini-série de huit épisodes a été nommée 17 fois aux Emmy Awards qui auront lieu en septembre. 

Une histoire d’amour compliquée

Bob Fosse et Gwen Verdon se sont rencontrés lors des répétitions de Damn Yankees!, en 1955 (une comédie musicale jouée à Broadway). Bien qu’ils étaient tous deux en couple à l’époque, ils sont tombés amoureux et se sont mariés. Ils ont eu une union houleuse et ont fini par se séparer, mais ils n’ont jamais divorcé et ont continué à travailler ensemble – et à s’aimer – jusqu’à ce que Bob Fosse meurt d’une crise cardiaque en 1897. Ensemble, ils ont réalisé quelques-unes des comédies musicales (Chicago…) et des films (Cabaret…) les plus admirées de l’époque. C’est cette histoire d’amour orageuse entre un artiste passionné, autodestructeur et coureur, et une femme forte et tout aussi talentueuse, mais souvent oubliée, qui est racontée dans Fosse/Verdon. La série se lit comme une ode au talent et à l’inspiration de ces deux personnages qui ont changé Broadway tout en mettant en avant leurs luttes personnelles. 

Fosse est l’insupportable génie et Verdon la femme blessée qui l’aime et l’aide même s’il la fait souffrir. Cependant, à travers les différentes époques représentées et la performance subtile de Michelle Williams, la série s’éloigne du cliché. Dans ce monde où #MeToo à changé la donne, Bob Fosse aurait pu n’être que le stéréotype de l’homme puissant qui traite mal les femmes autour de lui et qui brûle la chandelle par les deux bouts (entre la toxicomanie et se jeter dans le travail). Mais avec l’aide de Nicole Fosse, le seul enfant du couple, la série devient bien plus que cela. La question des abus (dont Verdon et Fosse ont tous deux été victimes) est centrale et reflète une question importante à Hollywood aujourd’hui. Comment sortir du cycle de la violence ? Gwen Verdon est également remise en avant, non seulement en tant que muse d’un chorégraphe de génie, mais aussi en tant que femme qui le soutient et en tant qu’artiste indispensable à la création de ses chefs-d’œuvre.

Un va-et-vient constant dans le temps

Toutefois, pour les téléspectateurs qui ne connaissent pas la vie personnelle de Bob Fosse, la série peut sembler floue. Fosse/Verdon est montée suivant le principe utilisé par l’artiste lui-même dans Lenny (1974) et saute d’une période à l’autre (entre 1955 et 1897). Le temps est marqué par un compte à rebours, avant la mort inéluctable de Fosse, et le spectateur peut se sentir perdu pendant un moment, ne trouvant ses repères que dans la quantité de cheveux sur la tête de Rockwell.

Néanmoins, la chorégraphie, les chansons familières de comédies musicales, les tragédies personnelles et le jeu d’acteur sont plus que suffisants pour garder le spectateur en haleine. 

Article par Juliette Cardinale

C’est indéniable : toute fan de comédie musicale ne peut passer à côté de Chicago. Les plus chanceuses l’ont peut être admirée sur Broadway, la plupart d’entre nous s’est contentée du film avec Zeta Jones et Zelleweger. Et entre nous, on trouvait déjà ça parfait. Imaginez donc ce fameux show à Paris, et au Mogador. Difficile de passer à côté d’une opportunité de réunir ses meilleures copines Paulette et de chantonner sur les mots de Roxie dans un théâtre iconique.

Fanny Fourquez pour CHIGAGO

L’histoire ? Au cœur des années 20, à Chicago, Roxie Hart, une artiste de cabaret, tue son amant. En prison, elle est confrontée à Velma Kelly, double meurtrière mais surtout, chanteuse de jazzet idole de Roxie. Grâce à un avocat reconnu et doué – Billy Flynn – les deux femmes trouveront la voie de la liberté et celle du succès.

Ce qu’on a aimé ?

Après une première pièce de théâtre en 1926, une comédie musicale en 75 et un revival détenant le record de longévité à Broadway depuis 1996, Chicago est adaptée pour ravir nos yeux frenchies. Les codes sont respectés, les paroles et dialogues ont été traduits et revus en français – alors oui c’est étrange au départ mais cela permet un meilleur accès à notre audience locale – et les chorégraphies sont toutes aussi léchées.

All that jazz

Avec Chicago en France, la production Cabaret relève un vrai défi en proposant une immersion digne et respectueuse de sa version originale. Le show est ajusté mais rend parfaitement hommage à son aïeul d’outre Atlantique. Le casting, le décor, les costumes et chaque petit détail ont été minutieusement pensés pour une véritable mise à l’honneur de la comédie musicale made in Broadway.
Un challenge réussi puisque pendant près de deux heures : on rit, on rêve et on se laisse entraîner par ces prisonnières jazzy et entraînantes. Au point de vouloir y retourner !

Les infos

Chicago, avec Stage Entertainment, au Théâtre MOGADOR

25 rue de Mogador
75009 Paris

Plus d’infos sur www.chicagolemusical.com