Le générique se lance et nous voilà parti.e.s pour une nouvelle émission « La Clique Paulette ». En petit comité, de nouveaux sujets sont débattus : celui de la déconstruction du racisme, et cette question du privilège blanc. Pour l’occasion, Lysandra Olames Abiola Obaonrin, et Sarah El Attar, nous aiguillent et nous détaillent ce quotidien racisé qui est le leur. Si vous l’avez manqué, nous vous invitons à (re)vivre ce talk, juste ici !

Lysandra Olames, Abiola Obaorin, et Sarah El Attar avec la team Paulette

« Pour moi, c’est le fait de poser un acte raciste qui fait de toi un raciste. »

Au détour d’une discussion, de près d’une heure, tous.tes trois nous aident à cerner ce qui relève aujourd’hui de racisme et d’actes racistes. Ce temps ensemble est l’opportunité de dépeindre une réalité, souvent peu mesurée, passant sous silence des actions bien ancrées dans la société. Les violences quotidiennes, les paroles, les injustices, les blagues mal placées et les représentations en tout genre. Comme l’indique Abiola Obaonrin, journaliste et fondateur du média Argot : que ça soit réalisé dans un but précis, ou non, l’acte est le déterminant.

Dans cette émission, nous décidons aussi de nous attarder sur ces stigmates intériorisés, y compris par les minorités elles-mêmes. Lysandra Olames, professeure de droit et secrétaire générale, bénévole au sein de l’association Lallab, s’exprime à ce propos : « Nous, les personnes racisées, on nous éduque avec cette idée qu’il faut qu’on s’intègre. » Être racisé.e, c’est vivre dans un quotidien pensé et calculé. Cette leçon, Abiola ne l’a que trop reçue. « Il y a une phrase que j’ai beaucoup entendue dans la bouche de mon père : il va falloir travailler 4 fois plus pour arriver au même niveau qu’un blanc. »

Le privilège blanc et la force des allié.e.s

Ce moment d’échange, reste l’occasion d’aborder cette question de « privilège blanc », et surtout de « racisme anti-Blanc.he.s ». Un sujet parlant, notamment pour Abiola. « Si on parle de racisme anti-Blanc.he.s, on ignore le rapport de dominant.e-dominé.e qui existe. C’est dénier, c’est ignorer et mépriser l’histoire avec la domination européenne sur le monde et surtout la domination des Blanc.he.s sur la société. Donc le racisme anti-Blanc.he.s pour moi, au-delà d’être faux et d’être fake, c’est malhonnête intellectuellement parlant. » Un rapport dominant.e-dominé;e, qui pousse à se battre pour son identité et à lutter encore contre certains stéréotypes. Sarah El Attar, coach en communication et créatrice du programme iCOCO, y fait front au quotidien, elle qui porte un foulard : « On m’a réduite à ce que je portais sur la tête. C’est dévalorisant et réducteur. »

Enfin, nous en profitons pour le rappeler : les allié.e.s ont du poids ! Et ceci, Lysandra n’a de cesse de le répéter : « Quand on est confronté.e.s à un discours extrêmement violent, c’est à nous, les allié.e.s, d’aller déconstruire ce racisme, cette islamophobie pour épargner les personnes qui en sont victimes. » Les allié.e.s comptent. Et leur manière d’agir et de réagir ? Encore plus.

Si ces extraits vous donnent l’envie d’en savoir un peu plus, n’hésitez pas à cliquer juste !

Article écrit par Marie Le Seac’h