Cette année la fête des mères va couter plus cher que d’habitude. Le collectif Parents & Féministes a profité de ce jour symbolique pour publier une tribune dans laquelle il invite les femmes à chiffrer leur travail domestique pendant le confinement. Elles présentent la facture.

Dans une tribune elles présentent la note du travail domestique pendant le confinement.
Illustration by France Corbel
Dans une tribune elles présentent la note du travail domestique pendant le confinement.
Illustration by France Corbel

Elles présentent l’addition, et elle est salée. En ce jour symbolique de fête des mères peu importe les bouquets de fleurs et les colliers de nouilles, ce qu’elles veulent c’est rendre visible la facture. Dans une tribune intitulée « Pour la fête des mères, messieurs, voici la facture », publiée dans le HuffingtonPost, le collectif Parents & Féministes invite les mères à calculer le prix de leur travail domestique et parental.

« Nous avons eu l’espoir que le confinement serait l’occasion d’une prise de conscience. Les hommes, soudain contraints à passer plus du temps dans le foyer, allaient être tenus de voir l’invisible : le travail domestique et parental, ces activités quotidiennes grâce auxquelles la vie est produite et reproduite, qui incombe majoritairement aux femmes. » C’est de cette manière que débute la lettre des féministes, la chute s’en suit rapidement. « Sauf que pour la majorité des femmes, l’épidémie de Covid-19 et la réorganisation des vies professionnelles et personnelles qui en a résulté auront surtout été l’occasion d’expérimenter un nouveau plaisir de la vie du foyer : […] les femmes auront découvert la pratique de la douche froide. »

Ici, et ailleurs en Europe

Elles ont joué les professeurs, assumé les tâches du foyer plus que d’ordinaire, elles ont organisé le quotidien, tout ça sans quitter leur emploi pour la plupart. Grâce à un outil de calcul, elles invitent toutes les femmes à dresser leur facture. Nom, prénom et adresse en haut à gauche. Date, taux de rémunération horaire et même libellé de la tâche, tout y est. Pour un montant de 20€ de l’heure, elles indiquent dans les petites lignes. « Mon travail n’est peut-être pas payé, mais il a une valeur. Et la revalorisation du travail féminin, ça commence ici et maintenant : 20 euros de l’heure ira bien merci. »

Elles ont suivi les Allemandes. Ailleurs en Europe elles ont adressé la note à leur gouvernement, jugeant qu’elles avaient assez travaillé pour les services publics durant cette période de confinement. Le collectif Parents & Féministes s’adresse, lui, d’abord aux hommes, ensuite au gouvernement. Durant près de deux mois, ils ont assisté à cette pression grandissante, à cette charge mentale sans issue, mais ils n’ont rien fait pour la plupart.

« N’est-il pas temps, alors, d’envoyer la facture? »

« N’est-il pas temps, puisque se profile monde d’après, de faire les comptes, de regarder combien d’heures passées, d’opportunités perdues, ou de carrières interrompues parce que le travail domestique et parental est non seulement inégalement réparti mais invisibilisé, la majorité des hommes surestimant leur implication et sous-estimant le travail de leur conjointe ? […] Notre facture veut régler ses comptes à l’organisation inéquitable du foyer. » Cette facture, envoyée à l’Etat, est symbolique. L’objectif ne demeurent pas dans une logique financière mais politique, celle du monde d’après Covid-19. « […] nous voulons visibiliser le travail gratuit des femmes qui bénéficie aux hommes et à l’État. Nous voulons, pour le monde d’après, des politiques publiques féministes. »

Cette tribune, lettre ouverte ou cri du coeur, renvoie chacun à son confinement. Qu’il soit homme, femme, fils ou fille. Que l’on ait vu notre mère, plus dépassée encore que d’habitude, assister notre père flatté d’avoir équeuté trois haricots. Que l’on ait pleuré secrètement parce que la peur de la pandémie, la pression, l’école à la maison, le télétravail débordant ne nous a laissé aucun répit. Ou que l’on ait tout simplement pas vu plus loin que le bout de notre nez, croyant peccadille que de ne pas s’impliquer. Le résultat est là. Ces quelques lignes relatent la vérité, que chacun peut – et doit – entendre, qu’il se sente concerné ou non.

A l’initiative de cette tribune : Amandine Hancewicz, présidente Parents & Féministes, Céline Piques, porte-parole d’Osez le Féminisme !, Héloïse Simon, écrivaine et militante féministe, Manuela Spinelli, Université Rennes 2, co-fondatrice Parents & Féministes. 

Article de Aurélie Rodrigo.

Le mouvement HeForShe et l’ONU Femmes s’associent et lancent une campagne inédite. #HeForSheAtHome a pour objectif de répondre aux inégalités entre les sexes dans le foyer. Parce que oui, avec l’épidémie de COVID-19, la charge mentale des femmes a explosé et leurs tâches domestiques n’ont fait qu’augmenter. 

La nouvelle campagne #HeForSheAtHome encourage les hommes et les femmes à partager l'ensemble des tâches à la maison. Crédits : ©HeForShe.
La nouvelle campagne #HeForSheAtHome encourage les hommes et les femmes à partager l’ensemble des tâches à la maison. Crédits : ©HeForShe.

Durant la période de confinement, les inégalités entre les hommes et les femmes au sein du foyer se sont révélées plus qu’importantes. S’occuper des tâches à la maison, de l’éducation des enfants, des charges administratives et être sur le front en tant qu’infirmière, aide-soignante, caissière ou encore pharmacienne n’a pas été chose facile. De plus, à la maison, les femmes font trois fois plus de travail non rémunéré que les hommes.

La charge mentale des femmes explose en temps de confinement. Crédits : ©HeForShe.
La charge mentale des femmes explose en temps de confinement. Crédits : ©HeForShe.

Dans ce contexte particulier, la campagne #HeForSheAtHome souligne la charge mentale pesante qu’elles supportent. L’objectif est d’encourager les hommes et les jeunes hommes à mieux s’intégrer et participer à la gestion du foyer afin de rééquilibrer les responsabilités familiales. 

#HeForSheAtHome défie les modèles culturels

Changer les représentations que l’on se fait des modèles familiaux apparaît comme primordial compte tenu de la situation. Il s’agit de faire bouger durablement les habitudes et de mettre à mal toutes les injonctions qui pèsent sur les femmes. Le message de la campagne est, pour ce faire, le plus inclusif et positif possible. Il faut « faire les tâches ensemble », les « partager » et non pas venir en « aide » aux femmes… 

#HeForSheAtHome promeut le partage des tâches et la gestion du foyer. Crédits : ©HeForShe.
#HeForSheAtHome promeut le partage des tâches et la gestion du foyer. Crédits : ©HeForShe.

#HeForSheAtHome cherche à toucher et à inspirer les hommes et la nouvelle génération à venir en partageant de nombreux témoignages.

Une campagne à succès

Pour avoir un impact positif et parvenir à son objectif, la campagne a fait appel aux sciences comportementales. Elles révèlent ainsi que seul le recours à des arguments rationnels suffit à générer et à perpétuer de nouveaux comportements positifs. 

Perpétuer de nouveaux comportements et mettre à mal les injonctions qui pèsent sur les femmes, c'est l'objectif de la campagne #HeForSheAtHome. Crédits : ©HeForShe.
Perpétuer de nouveaux comportements et mettre à mal les injonctions qui pèsent sur les femmes, c’est l’objectif de la campagne #HeForSheAtHome. Crédits : ©HeForShe.

Ainsi, de nombreuses célébrités à l’échelle mondiale se sont engagées dans la campagne. Parmi les personnalités masculines, on retrouve Nigel Barker, Kenneth Okolie ou encore Guillaume Cizeron.

La situation est propice aux changements. L’heure est venue de repenser nos comportements, d’agir dans la solidarité et le partage, y compris des tâches difficiles !

Article de Nina Hossein

En ces temps de crise sanitaire, bon nombre de femmes est mobilisé en première ligne ou à la maison – à travailler, veiller sur la famille, enseigner aux enfants jusqu’à gérer la gestion totale du logis. Si certaines d’entre elles ne sont pas seules ou ont vu leur activité professionnelle ralentir, c’est un fait : la charge mentale croît jour après jour. À cause du confinement, certes, mais aussi de moeurs bien encrées dans notre société et perdurant au fil des époques. Mais comment gèrent-elles ce stress quotidien ? 

Pendant le confinement, la charge mentale des femmes explosent. Crédits : ©Mehrpouya H.
Pendant le confinement, la charge mentale des femmes explosent. Crédits : ©Mehrpouya H.

Lorsqu’on parle de charge mentale, on parle de double journée ou de rythme accéléré. Celle que l’on gère au quotidien – au travail, avec nos divers interlocuteurs et supérieurs. Puis l’à-côté : le stress personnel, la famille, la maison, les finances ou encore l’administratif jusqu’aux questions qui concernent notre futur. Selon un sondage Ipsos, publié en 2018, 55% des femmes assurent la gestion du foyer. Cliché, n’est-ce pas ? Et pourtant vrai. Ménage, cuisine, repassage, enfants… tant de choses à penser en une journée souvent bien trop courte pour tout réaliser.

Le confinement lui, ne fait qu’augmenter la charge mentale des femmes. Selon un sondage récent et mené par Ifop, « Ma casa va craquer », 49% des ménages se disputent actuellement à cause des tâches ménagères qui seraient mal réparties. Cela vous étonne ?

https://www.instagram.com/p/B0Yl0LpIAvR

Le personnel de santé mobilisé sur le front et à la maison

Tous les soirs applaudi pour le travail qu’il fournit, notre personnel de santé le mérite fortement. Mais bien souvent, pour le staff féminin, la journée est loin d’être terminée. « C’est difficile de s’organiser et je me prive de moments à moi pour allier travail et maison » témoigne une infirmière mère de famille au service de chirurgie de la clinique Sainte-Clotilde (Île de la Réunion). Souhaitant garder l’anonymat, elle ajoute : « j’essaie de m’organiser au mieux. Surtout pendant mes temps de repos où je réalise les tâches ménagères comme la lessive et les repas en avance lorsque je ne suis pas trop fatiguée ».

La tâche éducative : la surdose de charge mentale

C’est ce qu’indique le sondage Ifop : l’accompagnement scolaire des enfants et tout ce que cela englobe arrive en tête des sources de conflit d’un couple.

Mère d’un enfant de 4 ans, la jeune femme trouve la situation vraiment compliquée. Et pour cause, enseigner à la maison n’est pas chose simple quand on travaille en parallèle en clinique. « Les devoirs à la maison se rajoutent aux tâches quotidiennes. Je dois les préparer, imprimer les activités, noter les consignes et faire ensuite le point sur ce qui a été fait ou pas avec la maîtresse ». Et même si son conjoint l’aide de temps en temps, la charge mentale de notre infirmière est mise à rude épreuve. « Le stress génère des troubles du sommeil, j’ai des journées de plus de 14h parfois et des nuits de sommeil de 6h maximum ». Si elle espérait pouvoir compter davantage sur le soutien de son compagnon, « C’était sans compter sur la console de jeux ».

Selon le rapport Harris, 56% des femmes pensent qu’elles s’occupent en priorité de l’accompagnement des devoirs des enfants, contre 10% pour leur conjoint. Crédits : ©Annie Spratt.

Fort heureusement, si plus difficile pour certaines, d’autres abordent cette charge de mentale d’une tout autre manière. Beaucoup de foyers voient leurs tâches mieux réparties avec au moins une personne dédiée à 100% aux enfants tandis que d’autres femmes mobilisées ne sont pas encore maman ou en couple. Le challenge redoutable, accentuant la charge mentale, étant de réussir à trouver du temps pour s’occuper de soi et se relaxer après des heures très compliquées enchaînant fatigue, émotions et chocs. Raison pour laquelle de nombreuses femmes voient leurs cycles menstruels complètement déréglés depuis le début de la crise sanitaire.

Une application pour mieux répartir les tâches ménagères

Il y un an, Marie-Anne Chesnel a créé l’application Myfamiliz. L’objectif est d’aider les ménages à mieux répartir les tâches ménagères. Et en ce sens réduire la charge mentale. L’application est gratuite et tous les membres de la famille peuvent s’y connecter.

https://www.instagram.com/p/B9zRqpmKI3t

To do list et missions avec échéance, voilà de quoi mobiliser toutes les troupes… et garantir l’équité quant à la gestion du foyer ! 

Article de Nina Hossein.

Art by lullamuera

J’avais du mal à comprendre ce qui m’arrivait : l’euphorie du boulot, la vie perso, ma relation amoureuse et mes petits rebondissements quotidiens m’ont pourtant fait frôler le burn-out du bonheur. Des émotions, de l’adrénaline et des coups de jus qui m’ont amenée à « m’oublier ». Le tout, jusqu’à réaliser que j’en faisais trop, que je ne tiendrais pas et que j’avais finalement besoin d’aide. Charge mentale, deux mots que je comprends désormais et qui m’ont éduquée : il faut se préserver.

Je suis une boule de nerfs, une control-freak qui adore organiser, aider, papoter et gérer. Si je manque parfois de bons tuyaux pour hiérarchiser mes petits tracas, je m’occupe et me passionne de missions pour mon boulot ou de bonnes attentions envers les gens que j’aime. Je suis une grande accro à l’organisation d’événements et je me rends quotidiennement heureuse à la simple idée de pouvoir donner le sourire à mon entourage. Je gâte ceux qui m’importent, je me défonce au travail et je me laisse très rapidement envahir par la culpabilité dès que quelque chose cloche ou ne se déroule pas de la façon avec laquelle je l’aurais espéré. Il y a quelques temps, j’ai décidé de me marier. Il y a quelques temps, j’ai ressenti le besoin de déménager. Il y a quelques temps, ma vie a basculé et j’ai pensé pouvoir tenir la barre en me concentrant sur une to do list interminable variant entre travail, satisfaction personnelle et besoin de faire « plaisir » à autrui. Et si j’avais l’impression de nager dans le bonheur, je n’ai pas réalisé que j’étais entrain de me surcharger de manière démesurée – me dirigeant vers une porte que personne ne veut pousser. La surcharge mentale, soit une explosion de l’esprit traduite par un relâchement physique et psychique que l’on n’avait pas vue venir.

Comment ça se traduit ?

J’ai toujours été une grande dormeuse, du moins, il me fallait huit heures de sommeil pour être en forme. J’aime me lever tôt – toujours – mais je ne me couchais autrefois pas tard. Et là, qu’importe mon besoin enfoui de pioncer 16 heures : impossible de dormir ou de passer une soirée devant Netflix, impossible de cuisiner ou de simplement se détendre dans le canapé. Ma tête semblait me secouer du même mot : optimisation. Depuis plusieurs mois, voire maintenant un an, chaque heure doit faire l’objet d’un rendement, professionnel ou personnel. Le temps est chronométré, le Google Agenda ne cesse de chauffer. Des bêtises, des détails – récupérer 20 balles auprès de Numéricable en s’attaquant à leur service client me fait vibrer. Comme me lancer dans une veille d’outils digitaux à 3 du mat. Ah, et y’a les spritz avec les copines, qui permettent de maintenir le rythme avec une clope fine parce que je me répétais « tu l’as bien mérité ».

Et tout ça, je me l’imposais – aujourd’hui c’est fini. Personne ne m’a demandé de gérer ses problèmes, sa paperasse ou même ses petites affaires : je ne réalisais même plus que je ne prenais plus de temps pour moi et que mon entourage n’avait pas spécialement envie que je trempe mes pattes dans leurs agendas. Mes heures et mes journées libres étaient pour ma moitié, mes inquiétudes et mes doutes relevaient de mes relations amicales, amoureuses et professionnelles mais je ne prenais plus la moindre heure pour me SOIGNER. Du lundi au vendredi, je mangeais debout le midi – challengeant ma petite personne à remplir toutes les tâches imposées le matin au réveil.

J’ai tenu, j’ai failli mais j’ai vaincu

Et là, le monde commence à s’alerter : des petites réflexions type « tu ne t’arrêtes jamais ». Je sors trop, j’en fais des tonnes, je devrais parfois m’arrêter… Blablabla. Au début, c’était un compliment. Je me sentais puissante, invincible et en pleine forme. Je continuais le sport, je passais du temps avec mes proches, j’enchaînais les missions pros avec la banane : une croisière de meuf hyper-active en somme. Puis viennent les drôles de commentaires, les jeans autrefois trop justes qui deviennent en un clin d’oeil bien trop grands, les yeux qui pleurent à la fin de la journée et les poches qui s’accentuent sous les yeux bleus lorsqu’ils papillonnent au petit matin. La fatigue, les crises de larmes passagères, la peur de s’asseoir et le besoin constant d’être en mouvement : comme si ne rien faire quelques secondes m’empêcherait de dormir pendant les trois prochaines nuits.

Le corps lançait des SOS, mes règles ont disparu, les cheveux blancs se multipliaient et le moindre bruit anormal dans l’appartement entraînait le redressement de mes oreilles. Je me transformais en une efficace tour de contrôle, un chien de chasse et j’ai pourtant réussi à réaliser que, ouais, j’étais en train de me perdre. Il aura fallu une bonne grippe, un virus à la noix pour me clouer au lit après deux années de « Moi, je ne suis jamais malade car je prends soin de moi« . Une semaine de fièvre, de suées nocturnes et d’appels à l’aide pour qu’une amie de choix m’apporte des Doliprane et un peu de réconfort. L’impossibilité de travailler ou de réaliser le moindre effort. Désagréable, c’est sûr mais heureusement une grippe électrochoc. Elle n’est pas arrivée au hasard, elle veut me faire comprendre que je suis allée trop loin. Que je ne tiendrai plus, que je dois me retrouver si je veux sauver ma peau.

Alors lorsque je me sens un peu mieux, j’ouvre mes placards. Je cuisine à nouveau. Je mange puis j’ose monter sur la balance. Aoutch, j’ai vraiment maigri. Je secoue mes cheveux dans la salle de bain pour découvrir une montagne de pellicule, le stress certainement. Je tente d’appeler mes collègues, j’ai l’impression qu’ils n’ont pas vraiment besoin de moi. Il n’en est rien, ils ont simplement pour mission de me laisser me reposer. Mon entourage est inquiet, ils veulent que je ralentisse la cadence. Il n’est pas seulement question de boulot, bien au contraire, il s’agit ici d’une pression omniprésente – qui vient me ronger sans raison. Je me l’inflige tandis que je pourrais l’éviter. Les semaines qui suivent, je reprends confiance et me laisse un peu de temps. Je marche plus doucement, je m’allonge tôt le soir et retarde mon réveil le matin. Je me remplume, je souris. Je pige qu’il n’était pas question d’une dépression. Loin de là, on parle ici de charge mentale. La certitude qu’on doit accumuler les projets et les tracas du monde entier. Le sentiment de devoir rendre des comptes à chaque personne qui nous entoure, qu’on ne peut aller se coucher si tout est parfait.

Se plaindre tandis qu’on en est l’origine

Et pourtant, la route est longue. Cette crise peut paraître anodine, charge mentale ne parle à personne – on pourrait surnommer ça « le caprice d’une reine ». Il y a plus grave dans la vie car, non, il n’est pas question ici d’un diagnostic médical. Pas de compte à rebours ou de besoin de passer sur le billard, c’est un peu chercher les problèmes. On le répétera d’ailleurs à diverses reprises : personne n’a demandé à ce que l’on gère les soucis des autres au bureau ou à la maison. On n’est pas non plus en charge des missions pros de certains, ce n’est pas notre job. Pourquoi vider le lave-vaisselle chez ses potes alors qu’on ne déjeune même pas là-bas ? Et le pire, et voilà le vrai souci, c’est qu’on se retrouve dans une inondation de jobs sociaux jusqu’au point de s’en plaindre. « Personne ne me laisse tranquille », « j’ai reçu un mail à 23 heures« , « il m’a demandé d’aller lui acheter des clopes alors que j’ai bossé toute la journée et que je venais d’arriver« … Et on ne peut en vouloir qu’à soi-même car, au final, on a dit « Amen » dès que l’occasion s’est présentée. On a voulu garder le contrôle en répondant au téléphone non stop, en balançant des mails nocturnes jusqu’à voir culpabiliser son prochain puis, bien sûr, on est parti acheter de foutus cigarettes.

La bonne nouvelle

Sourions, le pire est passé dès lors que ces différents constats sont intégrés. Viennent dès lors le repos, l’envie de méditer, les mots doux comme les mots durs, les « non » répétitifs qui sont dans un premier temps incompris. Puis le sourire de la personne qu’on aime, les regards bienveillants de ses collègues et la possibilité de déconnecter complètement quand on en a besoin et que le calendrier le permet. La base, c’est aussi d’être bien entourée, de savoir que son entourage a compris. Une charge mentale, sans forcément être maman ou dans une difficulté particulière, c’est possible. Un burn-out de bonheur, ça arrive. Il faut juste savoir ralentir, s’offrir des bouffées d’air et accepter l’idée qu’on ne peut et qu’on ne doit pas tout contrôler. Et vous savez quoi ? On en dort mieux et on en tire une meilleure productivité !