Inspiration déco, pièces vintage rares, mobilier retapé : voici 5 brocanteuses à suivre illico sur Instagram.

Le temps est long quand on est chez soi dès 18 heures. On traîne de la chambre au salon et du salon à la chambre sans grande motivation, si ce n’est celle de complètement repenser notre intérieur. A force d’y passer nos journées et soirées, on a des envies de changement.

De parfaire nos coins cosy, de se procurer des pièces de qualité qui ne nous coûtent pas notre PEL laborieusement alimenté, de collectionner des beautés vintage sur notre bien triste (mais ô combien pratique) commode Malmö. Et ce, sans franchir le pas de la porte.

Instagram est là pour nous, et avec lui, une ribambelle de comptes de chine qui nous réjouissent aussi bien visuellement que – parfois – financièrement. On vous en liste 5 à parcourir sans attendre. 

@retourdechine

@retourdechine

Derrière le blog Retour de chine se cache Valérie Fache, férue de mobilier vintage des années 50 qui « chasse » depuis son enfance. Ses trésors septuagénaires, elle ne se contente pas de leur trouver de nouveaux propriétaires. D’abord, ils passent entre ses mains expertes pour un relooking coloré et créatif. 

« Dès que je vois un meuble, je sais exactement ce que je vais en faire », raconte-t-elle au Parisien. « Je consacre beaucoup de temps à les retaper. J’achète des matériaux de qualité, je ne supporterais pas qu’une cliente me rappelle parce que la peinture a écaillé. Ces meubles, je les aime comme mes bébés : je fais tout pour eux, mais je sais qu’ils partiront ailleurs. » Aujourd’hui, plus de 34 000 personnes attendent avec impatience chacun de ses posts . Et on ne fait pas exception.

@lanabrocante

@lanabrocante

Le compte Lana Brocante tenu par l’ex-journaliste devenue antiquaire pop culture Anaïs Delcroix regorge de surprises kitsch en tout genre. Une myriade de pièces qui nous mettent du baume au cœur rien qu’à les voir défiler sur l’écran de notre téléphone. 

K-Way rose fluo, broche ancienne, jouets dénichés jadis dans des Happy Meal, livres Mickey qui datent des années 80, boîte à gâteaux Charles et Lady Di, ou encore puzzle Mon Petit Poney de 1989 ne sont qu’un aperçu de son catalogue riche en trouvailles précieuses et réconfortantes. On pourrait continuer pendant des lignes tant cette caverne d’Ali Baba digitale nous passionne, et nous ramène à un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : notre enfance loin des masques, du Covid et des tests PCR. 

@alicealabrocante

@alicealabrocante

Naturel et épuré sont deux termes qui définissent parfaitement l’esthétique d’@alicealabrocante, la page créée par Silvana Mastronicola, ancienne architecte reconvertie en brocanteuse à plein temps en octobre 2018. Depuis cette année-là, elle chine, restaure, vend et livre les commodes, tables, étagères, cadres, carafes d’eau transformées en vase pour le plus grand plaisir de ses abonné·e·s – et de nos yeux avides de belles choses qu’on calerait bien sous la cheminée. 

Comblée par ce changement de vie, l’Italienne confie d’ailleurs à Marie Claire être « heureuse d’avoir trouvé un métier en accord avec [ses] convictions et de pouvoir aussi lutter contre la surconsommation ». Elle précise ne jamais utiliser de plastique pour les emballages : « nous les transportons avec des couvertures et des vieux draps ». Une démarche volontairement écolo qui finit de nous convaincre, si ce n’était pas déjà le cas.

@thisisvintage

@mobilierthisisvintage

La spécialité de Natascha, l’âme lyonnaise derrière This is Vintage ? Les bibelots et tableaux des XIXe et XXe siècles qu’elle met en scène et sublime à coup de bouquets de fleurs fraîches, de corbeilles de fruits, ou de pain… sous une peinture de pain. Une sélection éclectique qui invite à en découvrir davantage sur l’histoire (et l’Histoire) de chaque œuvre et de son époque. Voire donne envie d’y plonger rien qu’un instant pour s’échapper un peu de notre quotidien pas franchement palpitant. 

Sur son site, elle propose aussi des jouets pour enfant à la pièce (en ce moment, il ne reste qu’un adorable salon pour poupées en rotin) et du mobilier ancien à prix très abordable. Notre coup de cœur ? Une couronne de vierge en laiton doré et pierres blanches tout droit venue d’un couvent de nonnes des Vosges, for obvious reasons (ou pas).

@orangevertevintage

@orangevertevintage

Le repaire des adeptes de vaisselle et de petite déco. Des lampes, des services à thé, des présentoirs à gâteaux en cristal, des miroirs à fleurs dorées incrustées… Le tout (souvent) accompagné d’une branche de mimosa tendance pour le style : Orange Verte Vintage nous prend clairement par les sentiments. Et ça marche, on vient de glisser, ravie, un saladier en grès dans notre panier. 

La preuve que la retail therapy a du bon, surtout quand elle soutient des boutiques qui préfèrent offrir de nouvelles vies aux objets plutôt que de nous encourager à les abandonner dans un coin de placard après deux sorties maxi. Alors, conquis·e ?

Une chronique de Pauline Machado

Et si, ce dimanche, on chinait à l’ombre des arbres ? Les brocantes fleurissent aux quatre coins de l’Hexagone et pour devenir un.e vrai.e pro, voici nos conseils d’expertes…

Les souvenirs de famille font partie des objets les plus vendus en brocante à ciel ouvert.
Crédit : Aurélie Rodrigo

Une collection de vieux livres posée sur une étagère en bois vieilli par le temps, quelques pas plus loin, une boîte de photos de famille en noir et blanc, de l’autre côté de la vaisselle en argent du XVIIIe ou encore un appareil photo accordéon qui a connu la guerre de 14. Ce dimanche après-midi, sur les allées François Verdier, en plein cœur de Toulouse, les antiquaires se sont donné rendez-vous. Et si, cet été on chinait, au frais de l’ombre des arbres ?

Les rendez-vous de la sorte se multiplient aux quatre coins de l’Hexagone pour le plus grand bonheur des adeptes. Qu’on s’y promène par effet de mode, remise en question éco-responsable ou encore par amour de l’histoire, chacun.e y trouve son compte.

Tendances, souvenirs et mobilier vintage

Assis sur un fauteuil de cuir marron aux allures vintage, Eric épluche son magazine Antiquaires. Il exerce cette profession depuis plus de trente ans. Il a vu évoluer les comportements et le public des brocantes. « Depuis presque trois ans, les gens reviennent beaucoup vers les vieilles choses. Les tendances ne sont que répétition après tout, et le vintage séduit toujours énormément. On vend beaucoup d’appareils photos, de fauteuils, de tourne-disques, mais aussi tout ce qui est photos, carte postales ou encore vieux journaux« .

Certains sont là pour décorer leur intérieur, d’autres pour les souvenirs d’antan, quelques-uns par curiosité d’une histoire passée et éteinte. « Il y a inévitablement une question de mode, mais c’est aussi pour raison financière et éthique que j’achète beaucoup en brocante », explique Jeanne, qui hésite entre deux vieilles carafes sur le stand d’Eric. « Le temps où nous nous lassions des choses pour nous en débarrasser rapidement est révolu, les mentalités ont évolué et j’ai adhéré, moi aussi, à l’achat de seconde main« .

Les conseils d’expert

Alors quels sont les secrets pour être un.e bon.ne chineur.se ? Dans un éclat de rire, Eric demande si nous avons l’intention de lui piquer son activité… « Le secret avant tout, c’est de ne rien venir chercher. La magie des brocantes c’est de se promener un dimanche d’été à la fraîche parce que ce jour-là, nous n’avions rien d’autre de prévu, et peut-être qu’après on ira manger une glace. Puis, c’est souvent comme ça que l’on tombe sur la pièce parfaite. »

Mais, c’est quoi la pièce parfaite? « Il n’y a pas d’objets, de meubles ou d’accessoires à acheter ou, au contraire, à ne pas du tout acheter en brocante. Tout peut y être bon à prendre comme à jeter. Pour ce qui est de la vaisselle, des sacs à mains, ou des objets souvenirs, tout tient à la qualité et au coup de coeur. Pour ce qui est des meubles, je conseillerais de repérer en brocante à ciel ouvert, de fixer une option dessus mais de ne pas l’acheter sur le moment. Les antiquaires ont aussi des magasins fixes, c’est toujours une bonne chose de retourner voir la pièce en boutique. »

Selon l’antiquaire d’expérience, les miroirs ont toujours beaucoup séduit en brocante, et « ils véhiculent toujours bien plus d’histoire que les cartes postales ou les photos de famille« . Pourtant, le truc d’Eric, c’est les fauteuils. « Je n’ai jamais fait plus de miroir que ça malgré mon amour pour cet objet, il n’y aurait pas la même magie à les vendre qu’à les acheter ».

Article de Aurélie Rodrigo.