« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots ». Ces mots, Martin Luther King les prononçait il y a de ça 60 ans. Et pourtant, les États-Unis sont toujours aussi empreints de racisme. Le décès de George Floyd le 25 mai dernier, assassiné par un policier blanc, raisonne partout dans le monde. La colère ne désemplit pas et tous ont réclamé justice le 2 juin, jour du Black Out Tuesday. Justice pour George Floyd aux États-Unis, mais aussi pour Adama Traoré en France et pour toutes les victimes de violences policières racistes. 

Le poing levé, les Français ont manifesté pour demander justice pour Adama Traoré, pour Georges Floyd et pour mettre un terme au racisme. Crédits : ©antidote.factory.
Le poing levé, les Français ont manifesté pour demander justice pour Adama Traoré, pour George Floyd et pour mettre un terme au racisme. Crédits : © @antidote.factory.

Dire stop au racisme et réclamer justice, voilà ce qui réunit les personnes de tous horizons. Pour dénoncer cette nouvelle bavure policière aux États-Unis, les Américains manifestent depuis plus d’une semaine. Et mardi 2 juin, le Black Out Tuesday a vibré sur la toile, inondée d’images noires, mais aussi dans les rues. En soutien, et pour pointer du doigt les violences policières à l’encontre des personnes racisées en France, le comité @laveritepouradama a appelé à la manifestation. 

Des symboles forts en guise de contestation

Le poing levé. Haut et ferme. Un symbole fort qui renvoie au Black Panther Party, un mouvement révolutionnaire pour la libération afro-américaine fondé dans les années 1960 aux Etats-Unis, qui milite pour les droits civiques des Noirs et lutte contre la ségrégation. Un programme réclamant leurs droits, le Ten-Point Program est publié en 1967 dans le journal Black Panther Newspaper. Et parmi leurs réclamations, le point numéro 7 est criant de vérité presque 60 ans plus tard : « Nous voulons un arrêt immédiat de la BRUTALITÉ POLICIÈRE et des MEURTRES des Noirs ». Alors ce poing levé, il faut continuer de le brandir, car le combat est toujours autant d’actualité. 

Ce premier symbole fort se popularise lors des Jeux Olympiques de Mexico, en 1968. Tommie Smith et John Carlos, les deux vainqueurs américains du 200 mètres créent la polémique lorsqu’ils lèvent le poing en l’air, un gant en cuir sur la main tout en baissant la tête. Ce geste de protestation contre le racisme leur vaut l’exclusion des JO. Et l’histoire se répète lorsqu’en 2016, Colin Kaepernick, un joueur de football américain, décide de poser le genou au sol durant l’hymne national. Un geste symbolique pour protester contre les violences policières envers les Noirs comme l’avait fait avant lui Martin Luther King. Et ce genou posé au sol, c’est une image qui revient souvent ces derniers temps. Un signe fort de contestation et de rébellion pour dire stop au racisme, stop à la brutalité policière et stop aux meurtres des Noirs. 

Si ces symboles puissants viennent tout droit de l’histoire des États-Unis, ils ont traversé l’Atlantique, direction la France. Oui, les Noirs dans notre pays sont aussi victimes de violences policières. Oui, le racisme existe et perdure dans cette France qui pourtant prône « l’égalité, la liberté et la fraternité ». 

George Floyd : un meurtre qui ravive le combat pour Adama Traoré

Quatre ans ont passé et justice n’a pas été rendue pour Adama Traoré. Le jeune homme de 24 ans décédait, en 2016, dans la cour de la gendarmerie de Persan, dans le Val d’Oise. Plaqué au sol, il a perdu la vie et les causes de sa mort sont toujours discutées. Les expertises se suivent : certaines évoquent un décès en raison de problèmes cardiaques tandis que d’autres mettent en évidence une asphyxie aiguë. 

Assa Traoré, la sœur de la victime, milite depuis quatre ans pour réclamer justice et mettre un terme aux violences policières. Elle est d’ailleurs devenue le symbole de cette lutte en France. Alors quand George Floyd décède dans les mêmes conditions que son frère, la colère n’est que plus grande. Et le combat ravivé pour de bon lors du Black Out Tuesday. 20 000 personnes se sont réunies à Paris pour rendre hommage à Adama Traoré et George Floyd, pour réclamer justice et surtout pour exprimer le ras-le-bol. Cette manifestation, c’était l’occasion de se soulever contre le racisme, de rappeler que cette haine de l’autre tue. Qu’aujourd’hui, on n’acceptera plus jamais ces comportements violents.

Il est temps de prendre conscience de ses privilèges, déconstruire sa pensée, d’agir lorsque l’on est témoin de racisme, de s’éduquer et d’éduquer notre entourage. Il est encore plus important d’écouter les personnes victimes de racisme, de ne jamais minimiser leur parole, de respecter leurs cultures et de s’engager dans la lutte à leurs côtés

Chez moi, à l’île de la Réunion, on dit souvent « tout’ couleur, tout’ nation ». Parce que peu importe la couleur de peau, peu importe le pays d’origine, le vivre ensemble doit primer sur tout. Plus que jamais, les consciences doivent à présent s’élever pour qu’ensemble nous construisions un monde dans lequel le racisme n’aura plus jamais sa place !

Article de Nina Hossein