Se réserver des mets gourmands quand on va bof fait du bien. Ça revigore, ça rassasie, ça rassure. Mais pourquoi, au juste ?

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La dernière fois qu’on a eu un coup de moins bien (c’est-à-dire hier), on s’est commandé un Royal Deluxe pour noyer notre blues. Au moment de notre rupture avec celui qui nous baladait déjà depuis six mois, on s’est enfermé avec Netflix et notre pot de glace choco-noisette signé Picard. Le jour où on a été refoulée de notre boulot de rêve, c’est tout le morceau d’Ossau-Iraty qui y est passé, accompagné d’une baguette entière et de sa confiture de cerise noire pour les puristes des montagnes (ne jugez pas avant d’avoir constaté par vous-même). 

Quand l’horizon nous semble flou, voire complètement pourri, on a tendance à se cajoler avec un truc à manger qui nous met du baume au cœur. Un dessert, un plat, un en-cas plein de saveurs familières qui nous fait l’effet d’un câlin dès qu’on en croque une bouchée (goulument, il faut le dire). On a toujours apprécié la bonne cuisine, mais il y a certaines situations qui appellent à déguster des recettes qu’on pourrait qualifier de doudou : pas vraiment fines, mais franchement rassurantes. La bouffe, le sucre, le gras, nous réconfortent, c’est une évidence. 

Cette catégorie a même un nom en anglais : la comfort food. Pour le dictionnaire d’Oxford, sa définition, entrée dans le lexique en 1997, est d’ailleurs sans appel – et colle plutôt parfaitement à la nôtre : « aliment qui procure une consolation ou un sentiment de bien-être, ayant généralement une teneur élevée en sucre ou en glucides et associé à l’enfance ou à la cuisine familiale. » Preuve que le réflexe dépasse les frontières, et que la nourriture nous rassemble comme une façon, si ce n’est d’exprimer nos émotions, de les engloutir avec un plaisir gustatif non dissimulé. Miam.

On se demande : d’où vient ce phénomène, exactement ? Pourquoi se dirige-t-on quasi systématiquement vers le frigo ou le placard à gâteaux lorsqu’on broie du noir ? La comfort food console, ça ne fait aucun doute, mais finalement, quelle en est la raison ?

Hormones, contrôle et nostalgie

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Il s’agirait d’abord d’un procédé chimique. A en croire les spécialistes de nos organismes, chaque cuillère enfournée déclencherait la sécrétion de l’hormone du bonheur dans un cerveau ronchon. De quoi soulager un tantinet notre humeur maussade, et donner envie d’y revenir plutôt deux fois qu’une. 

La diététicienne agréée Jacqueline Stone précise toutefois ce qu’implique la présence de la substance, et insiste sur un point : « cela ne signifie pas que ces aliments sont addictifs, cela signifie simplement que pendant un moment temporaire, les manger peut conduire à se sentir plus heureux·se », traduit-elle auprès du magazine Bustle. Elle évoque également un autre argument qui justifierait le geste : une impression non négligeable de retrouver les commandes quelque peu égarées de notre existence à l’instant t.

« Lorsque tout semble incontrôlable, il n’est pas rare qu’une personne se tourne vers de la nourriture réconfortante pour avoir l’impression d’enfin contrôler quelque chose », observe en ce sens l’experte. Comprendre que, quand notre quotidien nous file entre les doigts à grand coup de Covid et de mesures sanitaires, pour ne citer que ces douze derniers mois, trouver refuge dans un dîner de coquillettes avec crème et comté râpé (recette qu’on connaît par coeur comme le peu de temps qu’il nous faut pour les avaler) nous donne la sensation de reprendre notre vie temporairement moisie en main. Et semble booster notre moral comme jamais. 

Ladite bouffe serait ainsi particulièrement efficace pour aider à « satisfaire des émotions comme la tristesse, l’anxiété ou la dépression, dont nous savons qu’elles ont augmenté pendant cette période difficile », affirme Jacqueline Stone. Un bonus qui finit de nous convaincre de faire une bonne action, et de terminer la casserole fissa.

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Et puis, il y a la dimension nostalgique. Les souvenirs agréables qu’un goût va nous remémorer en même temps qu’il satisfera notre palais. Souvent, il s’agit de plats mijotés avec amour et tendresse par des proches, ou qui correspondent à un moment clé de vacances, de célébration, de rituels divers et variés aussi délicieux sur la langue que dans la tête.

« Si, enfant, vous êtes nourri·e avec certains aliments par celleux qui prennent soin de vous, ces aliments vont être associés au sentiment d’être pris en charge. Puis, quand vous vieillissez, la nourriture elle-même suffit à déclencher ce sentiment d’appartenance », décrypte auprès de The Atlantic Shira Gabriel, professeure associée de psychologie à l’Université de l’Etat de New York. 

La comfort food, c’est donc un peu l’inverse de notre kryptonite. Notre potion magique salutaire, notre madeleine de Proust sauce fromagère, notre pilule du bonheur sans trop d’effets secondaires – autres qu’un estomac repu et un esprit moins tristounet. 

Bien sûr, elle n’est pas la seule façon d’aller mieux. On peut d’ailleurs ne rien retirer du tout du fait de se plonger dans un tsunami de douceurs salées ou sucrées, si ce n’est une écoeurante nausée. Ou encore, vouloir se débarrasser de cet automatisme culinaire qui, on l’observe, ne provoque pas (voire plus) les conséquences escomptées. A la place, on mise donc sur des activités qui soignent, distraient, réjouissent. Ou des personnes – de notre entourage comme des professionnel·le·s de santé – à qui se confier, dont les paroles bienveillantes agiront comme autant de bonbons à nos oreilles sans doute parasitées par trop de pensées négatives. 

Toujours est-il que, quand elle fait du bien au ventre comme à l’âme, il n’y a certainement pas de mal à s’y ruer. Alors, croquez donc sans plus attendre dans ce (deuxième) tiramisu fait maison qui vous rappelle votre échange en Italie, à l’heure où se déplacer à plus de 10 kilomètres semble utopique. Et surtout, bon appétit !

Une chronique de Pauline Machado

Après des années à me persuader sans raison que ce n'était pas pour moi, j'ai tenté ces pratiques qui appellent au lâcher-prise. Récit d'une réconciliation aux bienfaits multiples.

J’ai une approche des choses assez cartésienne. J’aime savoir ce que la science pense de chaque phénomène et j’ai du mal à croire en l’efficacité de techniques qui n’ont pas été prouvées par une tonne d’études (que je ne lis pas, au demeurant). Des rapports longs comme le bras dictés par des personnes que je visualise en blouse blanche dans un labo un peu poussiéreux, sourcils froncés sur les découvertes qu’elles viendraient de réaliser. 

Le spirituel, le mystique, l’inconnu en général, ont pour le coup tendance à me déstabiliser. Rien de bien original après m’être analysée : j’ai l’impression que si je m’autorise à penser que tout ne peut pas être expliqué par a+b, que le contrôle que j’aime avoir sur ma petite existence ne tient pas uniquement à mon bon vouloir, forcément, je perdrais pied. Douter de leur pouvoir revient donc à me rassurer – et à m’épargner l’effort de sortir de ma zone de confort. Réflexe discutable, j’en conviens clairement.

Allez savoir, cette réticence s’applique également à la méditation et à ses bienfaits, pourtant démontrés à bien des reprises. La sophrologie, la pleine conscience, les exercices de respiration en tout genre sur des musiques relaxantes : tout ce qui, qu’on se le dise, appelle au lâcher prise. Tout ce qui allait, en réalité, bientôt me changer la vie.

Femme au bord de la crise de nerfs

© Focus Features

Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, mon esprit obtus et moi-même ne rencontrions pas trop de problème à éviter de remettre en question cet avis catégorique – et très honnêtement, peu éclairé – sur des disciplines salutaires. Enfin, le croyait-on.

On voguait, main dans la main, d’insomnies épisodiques en pics de stress réguliers. De flots de pensées incontrôlables et nocives, en session de culpabilisation en repensant à nos erreurs passées. Et on tentait tant bien que mal (surtout mal) d’atténuer notre anxiété à coup de visionnage intensif d’émissions de télé-réalité censées nous faire « déconnecter ». Pas un franc succès. 

Un jour, ou plutôt un soir, après 2 heures à tergiverser dans mon lit hantée par des souvenirs oppressants, et une liste de trucs à faire le lendemain qui n’en finissait pas de s’agrandir mentalement  (sans que les tâches ne soient d’une importance capitale d’ailleurs : « acheter du dentifrice » ne justifie pas de ne pas fermer l’oeil de la nuit), je me suis dit qu’il fallait que ça s’arrête. Que je ne pouvais pas continuer à grignoter un temps précieux sur mon sommeil – dont la qualité avait déjà été revue à la baisse, Covid et bébé obligent – parce que mon esprit s’emballait. 

C’était décidé : je devais absolument trouver un stratagème infaillible qui me permettrait de mettre un terme à ces pérégrinations nocturnes épuisantes. 

A ce moment-là, j’ai repensé à mon accouchement. Ou plutôt, à la période juste avant. Quelle idée, je vous l’accorde, mais attendez la suite. On était le 1er novembre 2020 et quasi un an en arrière, j’assistais à mes premiers cours de préparation à la naissance. Des séances censées m’aider pour le jour-J. J’y étais allée un peu en trainant des pieds pour deux raisons : marre que mon emploi du temps se résume à ma condition temporaire, et pas franchement ravie à l’idée qu’on me confirme que j’allais me faire dessus d’ici quelques semaines. Ça ne partait pas très bien. Et en fin de compte, c’était cool. 

Je vous la fais courte : à la place des tapis de yoga et des poussées simulées qu’on nous vend dans les séries américaines, j’ai découvert une petite salle, huit chaises, trois couples, et une sage-femme bienveillante. Elle enseignait avec patience, on posait nos questions cons (mais ô combien utiles) de parents flippés. « Mais du coup, comment on fait pour enfiler une manche à un bébé ? ». On se serait cru·e·s à la fac ; j’ai adoré. 

Alors, quand la soignante a proposé aux futures mamans de tester un cours de sophrologie pour apprendre à mieux gérer les contractions le moment venu, j’ai dit oui. J’avais envie de mettre toutes les chances de mon côté pour morfler le moins possible, et puis cet environnement sans jugement, avec des femmes qui passaient par la même chose que moi, me donnait envie de poursuivre l’aventure en leur compagnie. 

Un mois après, grâce à un exercice ultra-facile appris en 10 minutes, j’ai réussi à mieux supporter les sept heures (SEPT HEURES !) de douleur pré-pose de la péridurale par la force de mon souffle (en même temps, mon mec a failli perdre une phalange par celle de ma poignée de main, mais c’est une autre histoire). La première et dernière fois que je l’appliquais.

Breathe in, breathe out

© Pixabay

Retour à l’automne dernier. Il me reste 6 heures avant que mon réveil ne sonne et j’en suis toujours à énumérer toutes les situations ou je me suis ridiculisée devant quelqu’un que je ne reverrai jamais : j’en peux plus. Je me dis que foutue pour foutue, je dois tenter ce truc qui a réussi à me calmer jadis dans une situation un poil plus intense. Je me remets en condition. 

Je m’allonge sur le dos, je ferme les yeux, et je compte en même temps que j’inspire profondément en pensant à quelque chose de joyeux. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10. J’expire par la bouche sans me soucier du bruit que je fais, qui n’arrivera de toute façon pas à réveiller celui qui dort a poing fermé à mes côtés. Quand on ronfle aussi fort qu’un moteur de 36 tonnes, on est rarement perturbé par quelques respirations (gratuit mais vrai). Je compte de nouveau jusqu’à 10 pour tout expulser. 

Je visualise un nuage argenté s’échapper avec l’air qui sort de mes narines, un nuage doré qui rentre quand je recommence à inhaler. Le premier symbolise les pensées négatives, le deuxième les pensées positives. Je me concentre sur cette image et mes poumons qui se gonflent avant de se vider. 

D’abord, aussi assidue sois-je à suivre ce mode d’emploi, c’est compliqué. Je galère à ne pas me laisser aller à quelques divagations d’esprit. Je pense à la veille, à la journée qui m’attend, à des embrouilles de collège. Classique. Et puis, petit à petit, à force de persuasion, j’arrive à bloquer ces idées. Dès qu’elles me viennent, je les chasse en leur opposant celle d’un endroit au bord du lac d’Annecy. Un coin précis, paisible, que j’aime particulièrement.

Je poursuis l’exercice pendant dix minutes. Ou quinze, ou vingt, je ne sais plus très bien. Rapidement, je m’endors. Et pour une fois, mon rêve ne me fout pas les jetons (la veille Jean Castex était mon boss et me virait sans regret. Quand même).

Dans la semaine qui a suivi, j’ai eu de nouveau recours à l’astuce. Plus d’une fois. Quelques mois plus tard, c’est devenu un automatisme. Et plus qu’un moyen facile de sombrer pour quelques heures réparatrices, aujourd’hui, j’envisage le rituel comme un moment privilégié en solo. Un temps qui m’est réservé entièrement, pendant lequel je songe seulement à la sensation de mon corps qui vit, s’apaise, s’installe dans des draps qui l’enveloppent avec douceur. Rien que de l’écrire me fait du bien, d’ailleurs. Je me reconnecte au présent, et je laisse le stress pour la nuit. Je prends du recul sans effort, je recharge mes batteries. 

Si ce serait mentir que d’affirmer que je ne rumine plus du tout pendant de longues minutes avant de me coucher, je sais cependant désormais comment remédier à cet état sans trop me torturer. Ça passe notamment par faire taire la petite voix sceptique qui m’a longtemps empêchée de considérer cette solution salvatrice. Et en fin de compte, par m’intéresser à davantage de thérapies holistiques. Des pratiques qui considèrent l’individu·e dans sa globalité, prennent en compte tous les aspects de sa vie, au-delà de se contenter de traiter des symptômes physiques. 

J’y vais à tâtons, j’essaie, je confonds, je m’informe, je recherche, j’explore. Je n’en suis qu’au tout début d’un apprentissage complexe et passionnant. Mais pour être honnête, je me suis rarement sentie mieux.

Une chronique de Pauline Machado

La marque de cosmétique bien-être met la main à la pâte pour préserver la planète. Rituals s’associe au mouvement environnemental mondial EARTHDAY.ORG et s’engage en faveur des forêts et de la réduction des déchets.

© Rituals
© Rituals

Des produits rechargeables « éco-chics », c’est le nouveau credo mis en avant par la marque qui tend vers le responsable. À noter que grâce à l’initiative The Canopy Project – projet de reforestation mondiale lancé en 2010 par le mouvement EARTHDAY.ORG – des millions d’arbres ont déjà pu être plantés.

Un arbre planté pour une recharge achetée

Vous ne le saviez peut-être pas encore, mais au mois d’avril a lieu la journée de la Terre. Pour célébrer notre maison à tou·te·s, et ce, depuis 1970, la journée du 22 avril encourage à une prise de conscience mondiale en faveur de l’environnement. Rituals voit les choses en grand et lui rend hommage durant une semaine entière !

Du 21 au 26 avril 2021, la marque s’engage. Par conséquent, 20 % seront offert à tou·te·s les client·e·s venant acheter une recharge d’un produit, au lieu d’un neuf. Aussi, pour chaque recharge vendue, le label fera don d’un arbre par l’intermédiaire du mouvement EARTHDAY.ORG.

© Rituals
© Rituals

Une recharge, et alors ?

La marque de cosmétique propose pour le moment un panel de plusieurs produits rechargeables. Prenons le cas des crèmes visage, corps, des gels ou encore des parfums de voiture. Tous peuvent être achetés neufs une fois et rechargés autant que possible. Ce qui peut sembler un petit effort représente en vérité une réduction conséquente de l’empreinte carbone de la marque et une grande économie d’eau.

L’exemple le plus significatif serait de ramener cela à un nombre de foyers. En effet, grâce aux client·e·s fidèles, Rituals a déjà économisé l’équivalent de l’énergie consommée par 1 806 foyers, les émissions de CO2 de 1 411 longs-courriers et 8,5 millions de litres d’eau. 

À travers cette collaboration avec le mouvement EARTHDAY.ORG, Rituals nous incite à faire la différence en choisissant mieux, ensemble.

Ces produits sont disponibles dans les magasins Rituals Cosmetics, dans certains grands magasins et sur RITUALS.com.

Un article de Margot Hinry

En plus de l'aspect séduction évident, le flirt aurait des vertus bien-être non négligeables - et particulièrement en ce moment.

Pour se faire du bien, on a déjà envisagé tout un tas de trucs. Le selfcare n’a pas de limite, et c’est tant mieux. Petits rituels, soins cosmétiques, conversations avec des proches, conversations avec soi-même, programmation d’un marathon de séries/films/dessins-animés qui réconfortent, plats et snacks en tout genre qui satisfont corps et âme… la liste est longue. 

Il y a cependant quelque chose qu’on a potentiellement minimisé, voire dont on a ignoré les bienfaits. Le flirt. Oui oui, le flirt, ce comportement qu’on ne maîtrise pas toujours à la perfection mais qui se traduit, en gros, par de plus ou moins subtiles interactions appartenant au registre de la séduction. Un clin d’œil appuyé, un sourire entendu, un ton qui laisse rêveuse. Et ce, qu’on soit en couple ou non, et avec notre partenaire ou non.

Flirter, un art qui n'a pas toujours de but amoureux. © HBO

Des "petits moments de bonheur"

D’après Le Robert, flirter revient à entretenir une « relation amoureuse plus ou moins chaste, généralement dénuée de sentiments profonds. » Pour le CNRTL, la bible des linguistes, « avoir un flirt ou être en flirt » signifie « faire la cour sans but précis ». Dans les deux cas, le terme « platonique » apparaît. Et pour cause, d’après un autre spécialiste, le professeur en communication David Henningsen de l’université de l’Illinois, « les interactions de flirt ont tendance à être ludiques, et les gens s’y engagent souvent juste pour s’amuser. » 

Le spectre de cette attitude pas forcément équivoque varie ainsi du simple échange avec un·e inconnu·e à la caisse du supermarché, à de la drague pure et dure au comptoir d’un bar (ah, les bars, douloureuse nostalgie). Ou en l’occurrence, en temps de pandémie, sur une appli par écrans interposés. Moins facile niveau analyse du langage corporel, mais les emojis font le taf.

Il suffit d'un regard. © Focus Features

Au-delà de définir un principe vieux comme le monde qu’on connaît bien, le chercheur qui a particulièrement étudié le sujet et ses conséquences sur le commun des mortel·le·s, insiste surtout sur l’importance de ces « petits moments de bonheur » – même anodins – et de leur influence sur notre humeur.

Quand on flirte et que l’objet de notre minauderie nous le rend bien, notre estime de soi est boostée et notre esprit pourtant embué par une actualité compliquée, tend à s’évader pour le meilleur. Un jeu inoffensif qui brille par sa légèreté, et réconcilie avec un lien social nécessaire. 

Exemples pratiques : un regard soutenu dans l’ascenseur – d’autant plus remarquable quand la moitié de notre visage est recouverte par un bout de tissu ; un « merci » enjôleur au rayon mozza – lorsqu’une âme charitable (et physiquement plaisante) nous laisse repartir avec la dernière burrata ; une répartie bien lancée entrecoupée de sourires ravageurs – avec un·e collègue qui nous fait un peu d’effet sans qu’on n’ait envie de concrétiser. Enfin du moins, pas dans un futur proche. 

Le but n’est pas vraiment de transformer l’essai, mais de profiter du sentiment ô combien agréable de saisir qu’on plaît. Même pendant 30 secondes devant du fromage. Rappelons-nous qu’avec une plage de 2 heures journalières pour parler à quelqu’un d’autre que la personne qui partage notre vie (là aussi, potentiellement platoniquement), chaque opportunité est bonne à prendre. Et ce réflexe, à parfaire et à multiplier, même (et surtout) au sein de notre foyer.

Réel vs virtuel

Alors évidemment, les bienfaits du flirt sur notre santé mentale ne sont pas une raison pour encourager qui que ce soit à aller aborder des gens qui n’en ont pas envie, ni à s’y contraindre soi-même – loin de là. Il s’agit plutôt de se laisser aller à quelques mécanismes de charme dans un quotidien morne lorsque la réciprocité se manifeste, et d’ignorer pour une fois notre timidité. Des interventions discrètes qui soigneront certainement un moral en berne. 

« Pour un flirt avec toi, je donnerais n’importe quoi », chantait Michel Delpech ; on n’en est pas là. Mais on concède toutefois que la manœuvre a du bon. Et si le face à face, même masqué, n’est pas de notre goût, on peut toujours se replier sur le digital. Pour Claire, qui se décrit comme introvertie, c’est d’ailleurs le Graal. « L’avantage sur les applis, c’est que je peux être plus entreprenante sans vraiment craindre de me prendre un vent : si ça ne marche pas, je n’aurais jamais à affronter mon interlocuteur », nous dit-elle lors d’un brunch à deux mètres de distance. 

Résultat : plus de fluidité de dialogue, de liberté dans ses mots et moins de prise de tête. Et une confiance en soi qui atteint des records. Magique et alléchant. Maintenant, reste à se demander : on s’y met quand ?

Une chronique de Pauline Machado

La situation appelle à se choyer, on ne le répétera jamais assez. Et à en croire certain·e·s expert·e·s, ça passerait aussi par davantage d’autodérision. Explications.

Pas facile de se détendre quand on ne sait plus sur quel pied danser de l’angoisse ou de la déprime. Pas facile non plus de se rassurer en lisant qu’on a toutes les chances d’éviter un reconfinement, et que finalement plus du tout. Et puis que si, et puis que non. Les infos puent, les rues vident puent, le nombre de cas pue.

Le couvre-feu, lui, innove. Au lieu de puer, il nous rend claustro. Et pour cause : on n’est pas sorti·e·s depuis un bail. Vraiment sorti·e·s, je veux dire. Pas juste faire le tour de son quartier en se gelant le cul parce qu’impossible de le poser ailleurs que sur un coin de banc, dans un coin de parc qui pue, lui aussi, le désespoir et l’exode urbain, cette fois-ci. On en vient à rêver du jour où on entrera à nouveau dans un bar parfumé à la bière de la veille. Du soir où on attendra congelée, sapée comme jamais, que le videur de la boîte cool du IXe daigne enfin nous laisser passer. Où rester chez soi redeviendra un choix. 

Ça fait des mois qu’on essaie de se distraire comme on peut et de miser à fond sur une routine adaptée à la situation. Parfois ça marche à merveille, parfois bof, parfois non. Ce qu’on sait, c’est que là, on a l’impression de toucher le fond. On tient, hein, il le faut. Mais à en parler avec nos potes, nos proches, nos moins proches, nos collègues, Twitter, les vieux·vieilles qui engagent la conversation avec n’importe qui dans la queue de la boulangerie parce que rongé·e·s par la solitude : on n’en peut plus. On a besoin de se marrer autrement qu’en matant une tonne de vidéos sur les réseaux, et des mèmes viraux aussi parfaits soient-ils. On veut se débarrasser de l’inquiétude qui entoure l’avenir et puise sa force dans une incertitude compliquée à dédramatiser. On craque complet, on pleure, on rit, on dort trop ou pas assez. 

Et au milieu de tout ça, j’ai commis l’achat impulsif de chaussons fourrés. 

Crédit : Netflix

Là, vous vous dites certainement : « elle a complètement lâché la rampe ». Et je ne vais pas vous contredire, je suis bien en train de vriller. A cet instant même, d’ailleurs, je tape frénétiquement ces mots sur mon clavier en me disant qu’au moins, avec l’excuse de bosser, je peux trouver refuge solo l’espace de quelques heures. Un stratagème un peu honteux pour échapper à ma fille d’un an (en vrai quinze mois, mais je me fais shamer si je parle en mois) qui a une nouvelle lubie : me poursuivre avec son livre musical. Terrible, surtout que le pauvre bouquin a tellement été joué que la voix déraille façon Schwarzenegger dans Robocop. Et je défie quiconque de me dire que d’écouter dix Toc, toc, toc Monsieur Pouce, et trois Petit lapin plein de poils d’affilée ne donnent pas envie de tout plaquer pour traverser l’Atlantique en solitaire.

Bref. Les temps sont durs. Mais assez parlé de ma progéniture.

L’autre jour, en quête d’un truc à vous raconter, je suis tombée sur une interview de trois psys qui prônent l’autodérision comme remède drug-free à la morosité ambiante, et arme selfcare en puissance. Ça m’a parlé. Parce que j’estime qu’on en manque cruellement dans ce monde très sérieux (avec toutes les raisons de l’être, ne me méprenez-pas), et que rire de soi est une qualité à encenser, en plus d’un mécanisme libérateur. Si vous ne me croyez pas, regardez ces interviews d’Obama. Ou de Timothée Chalamet pour la Gen Z. Irrésistible ET salutaire. Puis écoutez les arguments des pros.

Autodérision bienveillante

Pour Adam Reynolds, thérapeute et prof en université, la raison pour laquelle on réussit moins à rigoler – et surtout pas de soi – en ce moment est clairement légitime et compréhensible. La faute à la façon dont la crise nous rend plus vulnérable, précise-t-il, et au fait qu’autodérision rime avec « baisser sa garde ». Pas évident ces derniers temps. Pourtant, appuie l’expert, il serait judicieux de s’y (re)mettre rapidement. « Lorsque nous pouvons – même l’espace d’une seconde – sortir de notre problématique et voir les choses différemment, nous arrivons à reprendre notre souffle, à reposer nos muscles mentaux », explique-t-il. « Et si nous pouvons rire à ce moment-là, voir le côté comique en nous, alors peut-être que nous serons à même de guérir un peu. » 

Autre spécialiste, autre point : Selon le Dr Willibald Ruch (expert suisse en humour de l’Université de Zurich, ce n’est pas rien), « une personne joviale semble plus résistante aux événements négatifs, et est plus à même de faire face aux adversités de la vie avec un sourire », assurait-il dans une interview pour NBC en 2017, soit trois ans avant que ses paroles prennent un tout nouveau sens. Traduction : se moquer (avec bienveillance) de ses propres travers, de ses maladresses, de ses habitudes foireuses, de son amour inconditionnel, non pas pour son enfant (j’rigole), mais pour Recherche appartement ou maison : que sont-ils devenus ?, aurait tendance à nous soulager de notre insatiable manie de ruminer. Et ce, pour mieux voir la vie – sinon en rose – un peu moins grise qu’elle ne l’est aujourd’hui. 

Si on réfléchit, c’est vrai qu’on se sent toujours mieux quand nos défauts déclenchent un rictus voire un gloussement personnel, plutôt qu’en broyant du noir et en s’auto-flagellant d’être comme on est, et de ressentir ce qu’on ressent. Seulement, plus facile à dire qu’à faire.

Crédit : HBO

Consciente que ce qui incarne un automatisme pour certain·e·s s’apparente à un exercice fastidieux pour d’autres, une collègue de Ruch, la chercheuse Jennifer Hoffman, énumère quelques conseils au New York Times. De quoi réussir à – qu’on se le dise – se foutre de sa propre gueule en beauté. Notamment, elle invite à identifier ce que l’on n’aime pas chez soi, puis à trouver des blagues qui le mette en lumière (et nous, en valeur). Exemples : son (mon) incapacité à danser en rythme, à faire deux choses à la fois, à ne pas chialer devant n’importe quel téléfilm bidon. Se railler permet aussi de reprendre une forme de contrôle sur ces traits qui nous déplaisent. Et donc, de dédramatiser.

Alors bien sûr, loin de moi l’idée de vous enjoindre au bonheur. Je suis la première à me plaindre et je pense que ça fait un bien fou. Il ne s’agit surtout pas de dire : soyez heureux·se, riez, fanfaronnez, comme s’il suffisait de le formuler pour que tout aille mieux. Nos émotions négatives sont aussi valides que les autres, et il n’est pas question (jamais, d’ailleurs) de les réfréner, ni de presser notre guérison. Loin de moi également l’idée d’encourager à l’auto-dépréciation néfaste qui, sous couvert d’humour, dissimule une critique permanente de nos propres failles sans aucune forme d’indulgence, et accroît plus encore notre fragilité. Ici, c’est tout l’inverse : rire pour relativiser avec tendresse, et accepter entièrement qui l’on est. « Acquérir la capacité de vous regarder et de regarder vos mésaventures d’une manière bienveillante, et d’en être amusé·e », insiste en ce sens la chercheuse.

Il y a donc de bonnes chances pour que miser sur ce mécanisme positif nous aide à relâcher la pression bouillonnante qui ne sommeille plus en nous, puisqu’elle est à deux doigts d’exploser. Et nous donne des clés pour réagir face à un quotidien bouleversé.

En tout cas, en cette ère parasitée par nombreux événements extérieurs, ça ne coûte rien d’essayer. 

Chronique de Pauline Machado

Ça fait des mois qu’on passe notre temps à cogiter sur des problèmes plus ou moins actuels, et importants. Ça nous stresse, mais pas de panique : c’est tout à fait normal, et ça se soigne.

23 heures, fond du lit. Depuis 45 minutes maintenant, on pense à la fois où on s’est tapé la honte en 3e en acrosport en réalisant une roue lamentable devant notre crush hilare. La veille, on passait en revue, au même moment et pendant à peu près aussi longtemps, les raisons (fictives) pour lesquelles on ne vaut pas un clou au boulot. Demain, ce sera sûrement au tour de l’embrouille avec notre meilleure pote qui date d’il y a dix ans de nous hanter, et dans quelques jours encore, notre sommeil d’être remplacé par une rétrospective pénible mais fidèle de toutes ces occasions où on aurait pu se taire au lieu de déblatérer un flot de conneries. 

A-t-on vraiment fait les bons choix de vie ? N’aurait-on pas dû persévérer dans une voie plutôt qu’une autre ? Pourquoi n’a-t-on pas dit à notre ex crevard qu’il était un crevard plutôt que de s’écraser pendant des mois ? A-t-on bien fait de céder au retour des Uggs ? Le reboot de Gossip Girl sera-t-il vraiment réussi ? Autant de questions aux réponses multiples mais rarement satisfaisantes qui font chauffer notre cerveau jusqu’à l’épuisement et – enfin – l’endormissement.

Crédit : UGC Distribution

En plus de nous priver d’une nuit réparatrice et d’influer clairement sur notre moral et notre estime de soi, ce mécanisme mental finit aussi par nous rendre dingue : on s’auto-flagelle d’avoir été bizarre, pas à la hauteur, chiante il y a deux siècles pendant dix minutes (sans que ces critiques de soi à soi ne soient vraiment fondées qu’on se le dise) et on s’auto-flagelle de s’auto-flageller quand on réalise qu’on va trop loin. Généralement prostrée dans un coin de lit ou de canapé qui n’a plus rien de bien réconfortant. Héhé. C’est la vie qu’on a choisi de mener. Ou pas, justement. 

Car si on a toujours eu un penchant self-conscious au point de décortiquer chaque situation pour s’assurer qu’on n’a pas été « trop » ou au contraire, « pas assez », le phénomène a pris une ampleur de taille depuis quelques mois. Un an, quasiment, ou la date du premier confinement. Avec notre inquiétude liée à la pandémie et au déroulement des semaines à venir s’est accrue celle de nos moindres faits et gestes, présents comme passés. Et notre cas n’est pas isolé. Rien qu’à voir le nombre de notes vocales WhatsApp qu’on reçoit de nos potes angoissé·e·s par des aspects divers de leurs vies – émotions légitimes faut-il le marteler, mais plus intenses qu’avant – on saisit l’ampleur des dégâts psychologiques d’une telle actualité. 

A en croire les expert·e·s dans le domaine de la santé mentale, si trop penser ou ruminer est un réflexe complètement normal pour l’époque, il existe heureusement des façons de l’atténuer. 

« Il est utile de s’inquiéter« 

Crédit : 20th Television

« Nous sommes tous dans une situation où nous devons nous inquiéter pour notre sécurité et celle des autres, ce qui fait que le niveau d’anxiété de chacun a augmenté », décrypte la psychologue Dre Becky Spelman auprès de Stylist. « L’inquiétude est une chose à laquelle nous avons recours pour résoudre les problèmes, il est donc utile de s’inquiéter quelques minutes pour traverser une situation difficile (comme traverser une route très fréquentée, par exemple). » Elle alerte cependant contre les dérives d’un réflexe poussé à l’extrême. « Nous pouvons appliquer à l’excès cette stratégie de résolution de problèmes et finir par trop nous inquiéter sans arriver à la solution dont nous avons besoin pour laisser partir l’inquiétude. » Tendu.

En gros : se faire du souci, c’est important, trop cogiter, c’est oppressant. Et surtout, ça n’entraine rien de bon. « Nous ressentons une émotion négative lorsque nous sommes anxieux, et cela signifie que nos pensées vont facilement vers la perspective du ‘verre à moitié vide' », poursuit la spécialiste. « Nous avons tendance à avoir une vision négative de tout ce qui nous vient à l’esprit ». Une sorte de tourbillon mental réjouissant (non) où règnent dépréciation perso et exigence démesurée. Et où, plutôt que de se dire qu’on s’est relevé·e bien des fois de situations cocasses, on se concentre sur nos échecs cuisants, nos moments gênants, nos réparties embarrassantes, quand on en a (ce qui n’est pas donné à tout le monde, et clairement pas à nous).

En bref, on a le cafard et on broie du noir plus que de raison. « Nous sommes à un point critique de la pandémie », comprendre à l’aube d’un troisième confinement. « Cela provoque essentiellement de la paranoïa dans nos esprits, alors que nous n’analyserions pas habituellement les choses de manière aussi inutile ». Et douloureuse. 

Les solutions : pleine conscience, écriture et distraction

Pour la spécialiste, il n’y a pas 36 000 moyens de se débarrasser de ce fléau chronophage, mais trois. On peut d’abord remplacer une pensée par une autre, forcément joyeuse, qui occupera un cerveau embué par trop d’anxiété. Un souvenir heureux du temps d’avant ou de maintenant, qui nous fait rire ou sourire à chaque fois. Une référence culturelle, un événement futur, voire même une projection complètement fantasmée d’une nuit au Memphis à danser sur France Gall et Johnny Hallyday. Tout ce qui détend nos sourcils froncés, on prend.

Ensuite, on pense pleine conscience. « Nous constatons souvent que la pleine conscience est le meilleur moyen de laisser nos soucis de côté », estime Dre Becky Spelman. « Nous prenons du recul sans nous juger, nous acceptons ce que nous ressentons et commençons à traiter nos pensées d’une manière différente ». Un exercice qui, au-delà du contexte sanitaire, s’avère salutaire.

Et puis, un concept nommé « l’arbre à souci ». Elle s’explique. Il s’agit d' »une technique qui vous aide à déterminer si votre souci est vraiment un souci. » Malin. « Si c’est le cas, vous pouvez déterminer quand et comment prendre des mesures pour y remédier, puis passer à autre chose. » Transformer ses préoccupations mentales en actions physiques concrètes, ou comment se décharger la tête. « S’il s’agit d’une inquiétude hypothétique », continue l’experte, « c’est-à-dire quelque chose qui peut ou non se produire dans le futur mais qui n’est pas imminent, alors vous pouvez vous donner la permission de la laisser filer parce que ce n’est pas une situation réelle ». En répondant notamment à une question : est-ce que je peux y faire quelque chose ou non ?

Nous, on ajoutera une dernière astuce testée et approuvée maintes fois/insomnies liées à un incident minime remontant à nos plus jeunes années : l’écriture. On ne parle pas de se lancer dans un roman ni dans la course au Pulitzer, mais de coucher sur le papier ce qui nous tracasse. Pour prendre du recul, formuler le problème, puis l’adresser d’une manière ou d’une autre. Puisqu’il est inscrit noir sur blanc dans le cahier Hello Kitty qu’on a reçu de notre Secret Santa, on a moins besoin de le visualiser, de le tourner dans tous les sens et de ressortir lessivée de cet audit foudroyant. Ça aide à digérer et à se débarrasser de cette (pas si) petite boule insistante qui pèse sur notre petit coeur.

Ce qui reste primordial, au-delà de tenter de s’apaiser, c’est enfin de ne pas culpabiliser de ressentir quoique ce soit. Doutes, peur, tristesse. De se rassurer en sachant que la nuit, tout semble toujours plus insurmontable qu’au matin. Et de se dire que tout ira sûrement (un peu) mieux demain.

Chronique de Pauline Machado

Plutôt que de couper sur l’alcool, on sèche nos larmes et on se distrait avec des activités feel-good. Pas question de réfréner nos émotions ni de culpabiliser, mais plutôt d’essayer d’aborder la période différemment, l’espace de quelques semaines.

Le bien nommé January Blues nous heurte de plein fouet, et le lundi le plus déprimant de l’année (le 18 janvier) a de bonnes chances d’enfoncer le clou en nous ramenant à quelques démoralisantes réalités. La première : impossible d’oublier tout ce bazar sanitaire en allant prendre un verre au bar du coin. On en a ras-le-bol de cette ambiance morose qui nous fout le moral à l’envers, et de ne pas vraiment avoir l’occasion d’extérioriser. On a l’impression, qui plus est, de passer notre temps à se plaindre alors que clairement, on a la forme et le logis. Et que nos proches aussi, jouissent de ces mêmes chances trop sous-estimées. 

Crédit : Metro-Goldwyn-Meyer

Au fil de nos pérégrinations sur Internet, et après une grosse trentaine de minutes de scroll sur tout ce qui touche aux animaux adorables à coiffures ridicules et pourtant si réconfortantes (notre péché mignon déjà confessé ici), on est tombée sur des mèmes qui traitaient du concept populaire de Dry January. Un défi made in Etats-Unis qui incite à ne pas boire une goutte d’alcool pendant le premier mois de l’année. Le but – au-delà de l’évident bonus pour sa santé : se purger après des fêtes souvent chargées et mesurer notre force d’auto-persuasion en tenant au moins une bonne résolution. 

Tout un programme qui ne nous a pas vraiment tentée. Notre consommation perso n’est pas tellement excessive en ce moment – la fermeture des lieux où se rassembler toute la nuit aidant – et surtout, le petit verre de vin du vendredi soir avec notre cher et tendre est un rituel auquel on tient. Ça, et engloutir le kilo (on exagère à peine) de reblochon/beaufort/brillat-savarin ramené de Haute-Savoie à Noël. Il y a des moments précieux comme ça qui méritent qu’on les répète inlassablement, et qu’on s’y accroche.

« Cry me a river »

Crédit : Warner Bros. Pictures

Ce qu’on aimerait arrêter de faire couler à flots en revanche, plutôt que l’alcool, ce sont nos larmes. Parce que bordel, qu’est-ce qu’on chiale. Pour tout et rien, mais principalement, on ne vous l’apprend pas, à cause de ce qui se trame depuis mars 2020. Un climat qui nous met le cœur au bord des yeux (comme Calogéro dans l’ascenseur) à chaque nouvelle un peu chargée en émotions – heureuse ou non. Les infos, les téléfilms de la 6, la fin de Soul la nouvelle pépite Pixar, la météo, la rupture de stock de mozza au Franprix, un avocat trop mûr. Ça va, ça vient, dit la chanson. Mais en réalité ça vient plus que ça va – et ça reste un moment.

Ça nous fait souvent du bien, on ne va pas le nier, de pleurer. Ça permet d’évacuer pour finalement être apaisée. De mieux se connaître et de s’aimer, aussi. « Pleurer et honorer ses propres besoins et sensibilités est une partie essentielle du self-care et de l’amour envers soi-même », détaille à ce sujet la psychiatre Dre Judith Orloff à CNN. Seulement, en ce début de 2021, qui on l’espère sera plus riche en événements extérieurs à nos foyers que sa prédécesseure, on est lasse de sangloter. On a le nez irrité à force de se moucher dans du sopalin parce que pénurie de kleenex et flemme d’affronter le froid. Et on veut retrouver l’apparence naturelle de notre visage. C’est-à-dire pas bouffie. 

Voir le verre à moitié plein

Ce mois-ci, on décide donc de prendre Dry January autrement. Pendant les quelques semaines qui nous restent avant février, on tente un pari d’un nouveau genre : celui de ne pas laisser s’échapper une goutte d’eau de notre doux regard ni de nos cernes creusés comme jamais (la faute au binge-watching du controversé Bridgerton). En se concentrant sur des trucs qui nous réjouissent, qui nous font rire, qui passent le temps différemment que ces distractions usées jusqu’à la corde ces douze derniers mois. En se focalisant sur des activités feel-good et des conversations qui mettent un baume essentiel à notre p’tit cœur bien secoué depuis un bail. En sortant prendre l’air, en cuisinant trois gâteaux par jour, en écoutant Taylor Swift époque Shake It Off

On ne parle pas de réfréner nos émotions, bien loin de là. Accueillir et exprimer ce qu’on ressent est l’un des meilleurs moyens de le gérer – pour ne pas dire encaisser – sainement. C’est essentiel. Et ce qui est tout aussi essentiel, c’est de ne jamais culpabiliser d’en éprouver le besoin. Voire le désir sans raison consciente. On envisage à la place un maximum d’en provoquer des sincèrement joyeuses, d’émotions. Et en tentant de voir (et pas forcément de boire) le verre à moitié plein dès que possible. 

Alors il est probable qu’on rencontre quelques accrocs en cours de route (le couvre-feu à 18 heures déclenche par exemple des réflexes lacrymaux aussi involontaires qu’incontrôlés). Mais en se tournant vers un positivisme et un optimisme dont on manque peut-être cruellement en ce moment, il se pourrait que notre vie change un peu. Et qu’on continue sur le même chemin toute l’année, sait-on jamais. En tout cas, on ne perd rien à essayer. 

Chronique de Pauline Machado

Ilaria Sgaravato de Moustier est professeure de yoga et coach de vie. Et elle propose de commencer 2021 avec une toute nouvelle énergie, grâce à son challenge Brain Pills. Interview. 

Maman de 32 ans, Ilaria Sgaravato de Moustier est professeure de yoga et coach de vie pour sa propre entreprise Happy Healthy IlaPlus jeune, elle ne se serait pas imaginée faire ça. « Je pars d’un univers assez standard. J’ai travaillé quatre ans dans le business de mode et le luxe. » Un jour pourtant, l’Italienne a décidé de tout quitter, « pour partir en Inde six mois avec un sac à dos. C’était mon rêve. Puis, j’ai eu besoin d’un moment de pause pour m’écouter et laisser parler ma tête. Je me suis isolée deux mois au somment d’une montagne avec des bouddhistes qui ne parlaient pas ma langue, et ça a déclenché en moi une expérience très forte et très positive. C’était très challenging et très dur, mais je suis revenue avec une nouvelle énergie, et c’est là que ma reconversion professionnelle a été évidente ». C’était il y a trois ans. Depuis – et après avoir vécu à New York, Shanghaï, et même au Brésil, elle vit en France. Cette année, elle propose pour la première fois son challenge Brain Pills en français. Et on en a profité pour lui poser quelques questions. 

Pouvez-vous présenter rapidement Happy Healthy Ila 

Grâce à une formation, j’ai appris à faire du développement personnel, de la neuroscience et du coaching. J’ai donc créé mon entreprise, qui s’appelle Happy Healthy Ila et se focalise sur le bien-être de la personne. Je l’accompagne sur le plan physique à travers le yoga, sur le plan mental à travers le coaching, et sur le plan énergétique à travers la méditation, l’ouverture des chakras et les pratiques holistiques. Et là, évidemment, je m’appuie sur d’autres professionnels du secteur. Je développe aussi énormément le côté expérience avec des retraites, pas seulement autour du yoga mais aussi autour de l’holistique.

En quoi consiste le challenge Brain Pills ?

Brain Pillsc’est trois semaines de préparation pour bien commencer 2021. On va axer sur trois piliers : le mental, le cœur et le ventre. Pourquoi ceux-ci ? Parce que selon moi et selon la communauté scientifique, sans l’un de ces piliers, on ne peut pas être à 100 % bien. Par exemple, même si on mange bien et qu’on fait du yoga, si on est quelqu’un de très pessimiste, cela ne peut pas fonctionner. L’objectif final, c’est de remettre la personne en équilibre émotionnel, mental et physique, pour commencer la nouvelle année avec une nouvelle lumière et une nouvelle énergie. Surtout que cette année, l’énergie a été un peu plus basse. Avec 2021, on a envie de voir le monde évoluer dans la bonne direction.

Ilaria Sgaravato de Moustier
Ilaria Sgaravato de Moustier – © Ilaria Sgaravato de Moustier

Comment se déroule ce challenge ? 

Chaque semaine est dédiée à un thème. La semaine n°1 au mental, la semaine n°2 au cœur et la semaine n°3 au ventre. Il y a trois rendez-vous hebdomadaires qui vont explorer plusieurs disciplines. Ce sont des rendez-vous live qui se passent sur Zoom tôt le matin, et si la personne ne peut pas, il y a la possibilité de voir un replay disponible pendant 48 heures. Mais le but du challenge, c’est de le suivre. Je trouvais que c’était dommage que ce type de contenu soit plus souvent disponible en anglais, alors cette année j’ai décidé de le faire aussi en français. Jusqu’au 25 décembre, il coûte 165 euros, pour faire un beau cadeau de Noël. Après cette date, il coûtera 195 euros.

Quelques conseils pour commencer bien l’année 2021 ? 

Se fixer des objectifs réalisables au quotidien. Ne pas se dire de bonne résolution trop frustrante, car même si on part avec plein de bonnes attentions, on ne peut pas forcément s’y tenir. Surtout, se les fixer au quotidien, parce que notre cerveau a besoin d’y aller par étapes. Chaque jour, faire le bilan et se demander comment on peut faire mieux. 

Des conseils en cas de mauvais mood ?

Si on vit un échec, il faut l’accepter, ne pas le considérer comme un échec. C’est un peu ce que je dis toujours : « il n’y a pas d’échec, ce sont des étapes vers la réussite ». Winston Churchill disait : « le succès, c’est d’aller d’échec en échec, sans perdre de l’enthousiasme ». Et je pense qu’il n’y a rien de plus vrai. La vie n’est pas parfaite, mais au lieu de le prendre mal il faut essayer de ne pas perdre le cap. Essayez d’avoir une mission claire dans votre tête, souvenez-vous en, et ne vous focalisez pas sur les petits détails. Sinon, pratiquer la méditation et la respiration en pleine conscience peut aider, pour vous faire sentir plus alignés.

Quand on perd nos good vibes, c’est qu’on s’est laissé prendre dans un vortex négatif, qu’on s’est un peu perdu. Trois minutes par jour suffisent pour se recentrer, observer ses émotions et son intérieur. Et puis évidemment, nourrissez-vous de bonnes choses. Pas pour maigrir mais pour avoir de l’énergie. Essayez de connaître les nourritures qui vous donnent de la joie, et celles qui vous rendent mal.

On espère que vous commencerez 2021 avec une nouvelle lumière !

Article de Clémence Bouquerod