Bonne nouvelle pour toutes les Argentines qui se battent depuis 36 ans pour la légalisation de l’avortement.

36 ans. 36 ans, c’est le nombre d’années de lutte qu’il aura fallu pour que l’avortement soit légalisé. La première marche a eu lieu le 7 mars 1984. Et c’est finalement le 30 décembre 2020 que cette bonne nouvelle a été déclarée. L’avortement a été légalisé. Une victoire pour toutes les femmes.

L'avortement est légalisé sur Instagram
L’avortement est légalisé sur Instagram – © Instagram Flor Guzzetti (@gflor)

Un grand pas pour le droit des femmes

Jusqu’à présent, l’avortement n’était légal qu’en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Une vrai négation des droits premiers de la femme. En conséquence, entre 370 000 et 520 000 avortements clandestins étaient pratiqués chaque année. De plus, selon Le Monde38 000 femmes par an étaient hospitalisées pour soigner des complications suite à ces avortements clandestins. 

Une annonce inattendue

Aujourd’hui, les femmes pourront interrompre leur grossesse gratuitement jusqu’à 14 semaines. Une vraie victoire dans un pays catholique. Et pourtant, elle n’était pas unanime. 39 voix contre 28 et 12 heures de débat ont été nécessaires. Deux ans plus tôt, en 2018, la loi avait déjà été rejetée une première fois, à 7 voix près. L’annonce du Sénat a donc été particulièrement inattendue – même si largement espérée par toutes les femmes, qui marchaient depuis 36 ans pour faire valoir leurs droits. 

En tout cas, chez Paulette, on est plus qu’heureux·ses de cette avancée. Et on se demande même comment ce droit si fondamental a pris autant de temps a être accepté. On est sur·es que vous aussi. 

Article de Clémence Bouquerod 

Chaque semaine, vous retrouverez ici les 3 focus phares de la semaine, issus de Paulette Talks, notre compte Instagram engagé, inclusif et féministe ! 

Eh oui, une semaine est (déjà) passée ! Il est maintenant temps de faire le point sur les nouvelles Paulette Talks de la semaine. Ensemble, on s’informe sur les décisions prises concernant le délai d’avortement en France. On continue de remonter le feed et on remercie notre personnel soignant, par tous les moyens possible – en essayant, notamment, de leur enlever un peu du poids qui pèse lourdement sur leurs épaules. Puis, on revient sur cette notion capitale qu’est le consentement, et on évince les stéréotypes associés au viol. Bonne lecture !

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Une fois n’est pas coutume, le gouvernement polonais a de nouveau tenté de durcir la loi contre l’avortement. En effet, ce jeudi 16 avril, une proposition de loi concernant l’interdiction stricte d’avorter en cas de graves malformations du foetus devait être votée. Les parlementaires ont finalement décidé de la renvoyer en commission.

Illustration de Giselle Matz

Une loi souvent mise en péril 

Après une tentative d’éviction totale de l’avortement en 2016, puis une remise en cause de la loi en 2018, le PiS, parti ultraconservateur à la tête du gouvernement polonais, a tenté une nouvelle percée. 

« Changer les choses avec des bouquets de roses » et profiter d’une pandémie pour faire passer des lois ? Ce n’est pas réellement le refrain qui se dessinait, et pourtant.

En Pologne, l’avortement est applicable légalement, sous trois conditions : en cas de probabilité de handicap ou de maladie incurable du fœtus, si la vie ou la santé de la femme enceinte est menacée, et si la grossesse est le fruit d’un viol ou d’un inceste. Cette première condition, est le motif donné pour plus de 95% des avortements légaux en Pologne. Interdire cette possibilité, entacherait donc gravement le droit à l’avortement dans ce pays. Et, c’est justement ce pan de la loi qui a une fois de plus été remis en question. 

Quels sont les arguments avancés par les parties prenantes ? « Je suis fermement opposé à l’avortement eugénique et je crois que tuer des enfants handicapés est tout simplement un meurtre. Si une loi sur ce sujet devait arriver sur mon bureau, je la promulguerais très certainement. », assure le président Andrzej Duda, dans un entretien au magazine catholique Niedziela.

Un confinement propice au remaniement législatif 

La période de confinement étant apparemment source d’inspiration, un second projet de loi « arrêtons la pédophilie », qui criminalise l’éducation sexuelle, a été traité et renvoyé lui aussi en commission. Ce dernier, assimilé à « l’homosexualité et à la pédophilie », attaque de plein fouet la communauté LGBTI et menace la protection de tout un chacun.

« Tenter de passer ces lois dangereusement régressives à n’importe quel moment serait une honte, mais d’en précipiter l’examen sous couvert de la crise liée au Covid-19 est impensable », a réagi la directrice d’Amnesty International Pologne, Draginja Nadazdin, dans un communiqué du 14 avril.

Illustration Anjali Mehta

Évidemment, à Varsovie, comme ailleurs, les rassemblements de plus de deux personnes sont interdits dans le centre. Cependant, piétons, cyclistes, et conducteurs n’ont pas hésité à braver le confinement pour manifester. D’autres ont choisi de brandir des pancartes du haut de leur balcon : « Mon vagin, c’est mon affaire »,« Bas les pattes de mon corps ». Du côté de la sphère virtuelle, des manifestations ont été lancées sous le hashtag #ProtestAtHome et une pétition en ligne s’opposant au projet de loi a recueilli plus de 700 000 signatures.

Ces dernières semaines, de nombreux droits humains et sociaux, comme celui à l’avortement ont été mis à rude épreuve. Si en France, les femmes sont soucieuses des conditions s’offrant à elles, aux États-Unis, certains États ont tout bonnement tenté de supprimer ce droit. Partout dans le monde, chaque personne se doit de disposer de son propre corps. Et aujourd’hui, la Pologne, l’un des pays ayant une des politiques les plus restrictives sur l’avortement, ne semble pas avoir dit son dernier mot. 

Article de Marie Le Seac’h