Et si, ce dimanche, on chinait à l’ombre des arbres ? Les brocantes fleurissent aux quatre coins de l’Hexagone et pour devenir un.e vrai.e pro, voici nos conseils d’expertes…

Les souvenirs de famille font partie des objets les plus vendus en brocante à ciel ouvert.
Crédit : Aurélie Rodrigo

Une collection de vieux livres posée sur une étagère en bois vieilli par le temps, quelques pas plus loin, une boîte de photos de famille en noir et blanc, de l’autre côté de la vaisselle en argent du XVIIIe ou encore un appareil photo accordéon qui a connu la guerre de 14. Ce dimanche après-midi, sur les allées François Verdier, en plein cœur de Toulouse, les antiquaires se sont donné rendez-vous. Et si, cet été on chinait, au frais de l’ombre des arbres ?

Les rendez-vous de la sorte se multiplient aux quatre coins de l’Hexagone pour le plus grand bonheur des adeptes. Qu’on s’y promène par effet de mode, remise en question éco-responsable ou encore par amour de l’histoire, chacun.e y trouve son compte.

Tendances, souvenirs et mobilier vintage

Assis sur un fauteuil de cuir marron aux allures vintage, Eric épluche son magazine Antiquaires. Il exerce cette profession depuis plus de trente ans. Il a vu évoluer les comportements et le public des brocantes. « Depuis presque trois ans, les gens reviennent beaucoup vers les vieilles choses. Les tendances ne sont que répétition après tout, et le vintage séduit toujours énormément. On vend beaucoup d’appareils photos, de fauteuils, de tourne-disques, mais aussi tout ce qui est photos, carte postales ou encore vieux journaux« .

Certains sont là pour décorer leur intérieur, d’autres pour les souvenirs d’antan, quelques-uns par curiosité d’une histoire passée et éteinte. « Il y a inévitablement une question de mode, mais c’est aussi pour raison financière et éthique que j’achète beaucoup en brocante », explique Jeanne, qui hésite entre deux vieilles carafes sur le stand d’Eric. « Le temps où nous nous lassions des choses pour nous en débarrasser rapidement est révolu, les mentalités ont évolué et j’ai adhéré, moi aussi, à l’achat de seconde main« .

Les conseils d’expert

Alors quels sont les secrets pour être un.e bon.ne chineur.se ? Dans un éclat de rire, Eric demande si nous avons l’intention de lui piquer son activité… « Le secret avant tout, c’est de ne rien venir chercher. La magie des brocantes c’est de se promener un dimanche d’été à la fraîche parce que ce jour-là, nous n’avions rien d’autre de prévu, et peut-être qu’après on ira manger une glace. Puis, c’est souvent comme ça que l’on tombe sur la pièce parfaite. »

Mais, c’est quoi la pièce parfaite? « Il n’y a pas d’objets, de meubles ou d’accessoires à acheter ou, au contraire, à ne pas du tout acheter en brocante. Tout peut y être bon à prendre comme à jeter. Pour ce qui est de la vaisselle, des sacs à mains, ou des objets souvenirs, tout tient à la qualité et au coup de coeur. Pour ce qui est des meubles, je conseillerais de repérer en brocante à ciel ouvert, de fixer une option dessus mais de ne pas l’acheter sur le moment. Les antiquaires ont aussi des magasins fixes, c’est toujours une bonne chose de retourner voir la pièce en boutique. »

Selon l’antiquaire d’expérience, les miroirs ont toujours beaucoup séduit en brocante, et « ils véhiculent toujours bien plus d’histoire que les cartes postales ou les photos de famille« . Pourtant, le truc d’Eric, c’est les fauteuils. « Je n’ai jamais fait plus de miroir que ça malgré mon amour pour cet objet, il n’y aurait pas la même magie à les vendre qu’à les acheter ».

Article de Aurélie Rodrigo.