Aux oubliettes les normes de genre et les a priori sur l’upcycling ! Le label unisexe ALTER, fondé en 2018 par la jeune créatrice de mode monégasque Pauline Ducruet, dépoussière le vestiaire féminin et masculin avec des vêtements aussi luxueux et désirables qu’éco-responsables et durables. Un tour de force qu’elle a présenté au Palais de Tokyo, en février dernier lors de la fashion week de Paris. Rencontre avec une designer qui a des convictions.

ALTER collection SS20

PK pour Paulette : Ton label ALTER semble se nourrir de la rencontre entre les « extrêmes » – masculin et féminin, rigidité et fluidité, matière luxe et upcycling. Pourquoi cette passion pour le mélange des genres ?

Pauline Ducruet, fondatrice : J’ai toujours aimé les contrastes dans mon style personnel, surtout dans les matières, en associant le côté luxueux de la soie et l’aspect beaucoup plus street et brut du denim. Je pense que cela vient aussi, en partie, du fait d’avoir grandi à Monaco et d’avoir ensuite déménagé à Paris, puis à New York. Le contraste est fort entre le côté très luxueux et lumineux du Rocher qui clashe avec d’autres grandes villes, plus brutes.

PK : Adolescente, tu pratiquais la gymnastique, le plongeon et l’art du cirque, comment passe-t-on de sportive à créatrice de mode, et qu’as-tu conservé de tes amours passées ?

P : Je pense que le fil conducteur est la performance et le travail en amont d’un concours, d’un spectacle ou d’un défilé. Ça signifie préparer pendant de long mois le moment où l’on va présenter le fruit de sa créativité et de son travail. L’esthétique et la création ont finalement toujours fait partie de ma vie. 

Pauline Ducruet, fondatrice d’ALTER

PK : Alors que nous traversons une crise globale sans précédent qui pousse l’industrie de la mode à évoluer encore plus vite, quelle est selon toi la marche à suivre pour une mode éco-responsable et durable ?

P : Pour moi, l’éco-responsabilité devrait faire partie intégrante de chaque marque, grande comme petite. C’est notre devoir en tant qu’industrie ultra polluante de faire en sorte que les choses bougent. Une meilleure traçabilité des tissus est pour moi indispensable, ainsi qu’un ralentissement du rythme des collections, qui ne sert ni aux créateur•trice•s, ni aux client·e·s. 

PK : Quels sont les projets à venir pour Alter, et comment peut-on soutenir ta marque ?

P : Les choses se sont un peu ralenties ces derniers temps. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose, car, comme je le disais, je travaille sur une nouvelle collection en accord avec des valeurs d’éco-responsabilité et de durabilité. Pour ce qui est des collections disponibles actuellement, vous trouverez la collection Printemps/Été 2020 en ligne sur notre site alter-designs.com. Pour la collection d’hiver que j’ai présentée en février au Palais de Tokyo à Paris, nous allons prendre le temps de la produire pour l’année qui arrive. 

En attendant vous pouvez aussi nous suivre sur notre compte Instagram @alterdesigns_ !

Propos recueillis par PK Douglas