Lorsqu’on parle de militantisme, de lutte contre le sexisme, contre le racisme, contre la LGBTphobie, contre le validisme, etc., on voit des personnes dressées en première ligne. Souvent, ce sont les premier.e.s concerné.e.s par la lutte. Puis il y a ces soutiens, des allié.e.s de tous les jours. Aujourd’hui, parce que nous avons souvent l’habitude d’employer ce terme d’ « allié.e.s », on s’est dit qu’il était important de revenir dessus et sur tout ce qu’il implique.

Illustration Kris Noelle

Qu’est-ce qu’un.e allié.e ?

Au cours de nos différentes émissions Clique Paulette, notamment celle sur le racisme et la déconstruction du privilège blanc, ou encore celle sur « l’orientation sexuelle, c’est quoi ? », nous entrons dans de réelles discussions sur l’ « être allié.e ». Nous demandons à nos invités de s’exprimer sur le sujet, par rapport à leur histoire. Et finalement, se faire un rappel de cette notion, au sens large, ne nous semblait pas si incongru que ça.

Alors, qu’est-ce qu’un.e allié.e ? Une personne alliée appartient à un groupe qui a des privilèges particuliers et se tient aux côtés des personnes opprimées, qui eux, ne bénéficient pas de ces privilèges. Elle se positionne fermement contre toutes les formes de violences et ajoute ainsi sa petite pierre à l’édifice pour atteindre, un jour, une justice sociale.

Cette prise de position nécessite parfois quelques conseils. On souhaite agir, mais on ne sait pas comment. On voudrait prendre position, mais on craint des retombées. Et finalement, on perd l’objectif de vue. Alors, pour ces petites voix, qui n’en pensent pas moins, mais qui n’osent pas agir, il n’est pas trop tard. Sachez que votre soutien aura toujours du poids.

« Maintenir ce vivre ensemble et le protéger »

Frank, qui se cache derrière le profil Instagram @decolonisonsnous, nous a partagé quelques conseils pour être de bon.ne.s allié.e.s, notamment dans la lutte contre le racisme. Lui qui, à travers son compte, cherche à éveiller et à stimuler l’empathie des internautes (selon ses dires) autour de la question de l’héritage post-colonial et de l’antiracisme, nous apporte un regard précieux.

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« Les conseils que je pourrais donner aux allié.e.s, c’est de faire comprendre la notion systémique du privilège blanc et du racisme qui en découle. Ça permet aux gens de ne pas se braquer, de comprendre qu’il n’y a pas de responsabilité individuelle impliquée et de peut-être s’ouvrir à une grille de lecture qu’ils n’avaient pas – à savoir celle de voir les liens de causalité entre ce passé impérialiste et colonialiste ET les injustices qu’on rencontre aujourd’hui liées à la question raciale. Le but de tout ça étant de maintenir ce vivre ensemble et de le protéger.

La deuxième chose, c’est d’être activitemement et constamment antiraciste, que ce soit dans les faits, dans les paroles, dans les débats, dans la sensibilisation de l’entourage, tout le temps, d’avoir préparé ce travail, cette gymnastique qui fait qu’on a tout le temps la répartie, les références et le bon mot pour sensibiliser autour de soi. Au pire, on crée une ouverture dans l’esprit de la personne ; au mieux, cette personne nous rejoint. »

Alors, vous aussi, n’hésitez pas à être une épaule sur laquelle peut s’appuyer une personne discriminée – par son genre, sa race sociale, son orientation sexuelle ou amoureuse, sa classe sociale, sa situation de handicap, etc. Nous ne pouvons pas être « ensemble » face aux discriminations subies, mais une chose est sûre, nous pouvons marcher les un.e.s à côté des autres et s’épauler.

Article de Juliette Minel