En 2019, on la citait parmi nos 5 découvertes musicales du moment. Grâce à sa sensualité désabusée, nous promettions à nos lecteur·rice·s d’être rapidement hypnotisé·e·s par ses mots. Deux ans après, elle sort "SÉROTONINE", un album aussi touchant qu’hypnotique. La promesse est plus que tenue.

© JOANNA
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C’est avec sensualité et simplicité que Joanna nous a ouvert les portes de son appartement parisien. Pas de chichi, en tailleur sur son canapé avec sa longue chevelure rousse et ses yeux pleins de mystère, elle a répondu à nos questions avec sincérité. Échange avec une jeune artiste engagée, passionnée et bouillonnante d’idées.

Lorsque l’on parcourt tes musiques, tes clips, tes visuels et ton propre regard, on se retrouve plongé·e dans un véritable univers parallèle. On a l’impression que tu t’es créée un monde de poésie et d’amour, plein de désir et de sensualité pour développer ton art, est-ce que tu le ressens comme ça ?

En fait, quand j’ai fini le lycée, je n’avais pas du tout encore cette notion de féminisme, de sexisme. Je n’avais pas les mots. Mais à un moment donné je me suis remise en question, après plusieurs relations amicales ou amoureuse plutôt toxiques. J’ai regardé derrière moi et je me suis demandé : Pourquoi toute ma vie, je traîne avec des mecs et je suis juste la meuf d’untel ? Pourquoi quand je parle, personne ne m’écoute ? 

Je me disais que ça n’était pas normal, mais finalement je m’en voulais à moi-même. En pensant que c’était probablement ma personnalité qui faisait que je me faisais marcher dessus, que je n’avais peut-être pas d’avis, pas de force ? J’étais juste là. Pourtant, j’avais plein de passions, plein d’envies. J’avais laissé ma curiosité de côté. Alors, j’ai commencé à comprendre le sexisme, à me remémorer des situations où l’on m’avait vraiment prise pour une conne. Un jour ma mère me parle du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir. Je le découvre en parallèle de l’écoute de podcasts (La Poudre, Les couilles sur la Table…). Là, c’était la révélation. 

J’ai commencé à comprendre que toute ma vie, je n’avais pas été moi. Et puis j’ai eu la haine et je me suis mise à beaucoup réfléchir. En fait, ça m’a inspirée. Au-delà de ça, j’ai malheureusement vécu une agression sexuelle. Je me faisais aussi énormément emmerder dans la rue, entre mes 15 et 18 ans. Mais c’était lié au fait que j’avais peur, ça se lisait sur mon visage.

Aujourd’hui je n’ai plus peur, je m’en fiche et je me fais nettement moins aborder. J’ai rencontré plusieurs beatmakers et toute ma team de Rennes (Colombine, KCV, Skuna Boi). Et puis un jour, un producteur de Colombine m’envoie une prod’ et en une soirée, j’ai fait le son. C’était la première fois que j’écrivais en français. Avant je n’assumais pas trop, je me cachais derrière l’anglais. Pendant l’écriture, j’avais plein d’images en tête. Du coup par la suite, j’ai fait en sorte de mettre en place le clip avec mon copain de l’époque et c’est comme ça que Séduction et mon personnage artistique, sont nés.

Tu nommes ton premier album SÉROTONINE. Cette dernière est impliquée dans la régulation de nos comportements, de nos angoisses, du stress, de la prise de décision. Est-ce que cet album résulte de tes failles, de tes questionnements ?

Oui. Tous les titres liés à la peur, la jalousie, la frustration, la lassitude, ce sont des étapes qui ont vraiment marqué quatre ans de ma vie. Je suis resté dans une relation remplie que de ça. En en sortant, j’ai décortiqué ces émotions. Pourquoi ça se passait ainsi, pourquoi je ne disais rien? Faire ces morceaux m’a aidée à comprendre. Le vrai problème c’était la communication, inexistante. J’ai réalisé qu’on ne comprenait rien à l’amour, personne. On fait tous des relations cycliques : passion, enfer, séparation et ainsi de suite. Surtout les jeunes, on fait tous un peu ça, sans se connaître soi-même d’abord. 

Notre société est faite pour nous mettre à côté de nos pompes. On ne sait pas aimer, mais on veut être aimé. C’est trop triste ce que je dis, mais ça veut quand même dire que l’on peut apprendre et comprendre ! Mais on n’a pas les clés et ce n’est pas de notre faute, finalement. Cet album m’a donné de l’espoir ! Le titre final, « renaissance » exprime tout de même qu’après chaque cycle, normalement, on grandit

On l’a vu sur tes réseaux, tu as récemment envoyé une lettre à tes proches, que raconte t’elle ?

Dans cette lettre, je m’adresse à l’amour en général. Je la tutoie et je lui dis que je pense à lui tout le temps, mais qu’elle est aussi un poison. En même temps, je dis à l’amour qu’il est méchant avec moi, mais que je ne peux pas m’en passer. J’espère que les gens feront des liens entre les phrases dans la lettre et les paroles de l’album. C’est un peu une sorte d’objet que tu ne déchiffres pas tout de suite et qui prend son sens après.

La rencontre, la séduction, l’envahissement, que racontes-tu, chansons après chansons dans SÉROTONINE ?

C’est comme si tu étais un voyeur qui était spectateur d’une relation. En écoutant l’album, tu observes le point de vue d’une personne, au sein d’une relation amoureuse. On est un peu dans ma tête, on prend les lunettes du point de vue « Joanna » et on voit comment se passe la relation. J’espère que tout le monde, peu importe le genre, le milieu social, pourra réussir à s’y identifier. J’espère que ça va marcher !

À travers chacun de tes textes, on ressent une tension, un désir sexuel très fort, subtil et en même temps très net. Ton rapport au corps, au désir charnel, tu l’exposes sans détour. Pourquoi ce choix sur l’ensemble de l’album ?

Ça fait partie de moi, de ma manière de voir la vie. Depuis que je suis petite, la sensualité me passionne. C’est quelque chose qui m’a toujours touchée, j’adore ! Je n’ai jamais été pudique avec mes amis. Sans complexe avec ça, pour moi ce n’est pas tabou. 

C’est un peu une manière de dire que je ne comprends pas pourquoi tout le monde rend ça tabou, alors qu’on a tous les mêmes corps. On a tous plus ou moins une sexualité, des pensées sexuelles, on est tous pareils !

Dans ton art, tu vacilles entre sensualité délicate et violence. Notamment dans Démons ou Maladie d’amour, contrairement à Sur ton corps. Lorsque l’on dit qu’entre l’amour et la haine il n’y a qu’un pas, tu en penses quoi ?

Entre l’amour et la haine, il y a l’ego. Tu marches dessus et tu arrives à la haine. La haine, c’est juste du seum ! Je pense que si tu as aimé quelqu’un et que tout à coup, tu te mets à le détester, c’est que tu ne l’as pas vraiment aimé. Mais c’est peut-être une maturité et du recul à prendre. Quand on est jeune et que l’on réagit à chaud, c’est logique de passer du love à la haine. Mais réellement, la haine, c’est simplement de la jalousie, de l’égo et surtout un problème avec soi-même. Le contraste entre la douceur et la violence, c’est une manière de toucher plus de monde. Si c’est trop doux, ça touche que les meufs et ce n’est pas le but. Si c’est trop haineux, c’est juste gratos. Le mélange des deux, ainsi qu’avec ma voix – assez douce – et des accords pop, ça reflète une dualité que l’on a tous en nous je pense.

Tu as fait le choix de collaborer avec Leolulu pour ton clip Sur Ton corps. C’est super novateur de s’associer avec eux pour filmer des ébats sexuels. D’ailleurs vous êtes soutenus par le Syndicat du Travail sexuel pour ce clip. Pourquoi était-ce important pour toi de mettre en avant le sexe, sans filtre ?

Parce que : arrêtez de faire genre ! (rires) Tout le monde va sur des sites pornos. Je me souviens que quand j’étais ado, un de mes potes m’avait demandé si je me touchais. Et j’avais nié en ayant honte. Ce moment m’a vraiment marquée, je me suis demandé pourquoi j’avais honte. Pourquoi on en a tous honte ? On s’en fiche, c’est la nature et c’est la vie. Et puis en plus, en tant que femmes, heureusement que l’on se touche, que l’on se fait plaisir. Ça me paraît logique de parler de sexe ouvertement puisque ça fait partie intégrante de la vie de beaucoup de jeunes. Avoir des relations amoureuses, sexuelles, découvrir son corps ou le corps des autres, tout ça fait partie de nos vies. Je ne vois pas le problème.

J’ai collaboré avec eux parce qu’ils avaient utilisé une de mes chansons en 2018 lors d’une de leurs vidéos. Grâce à eux, j’ai eu un nouveau public, de nouvelles personnes qui me découvraient via Pornhub. C’était drôle. Et puis, dans la chanson, le texte est un peu maquillé, poétique. Mais si je change quelques mots, les paroles restent quand même très crues. Je voulais donc l’illustrer dans un clip frontal.

Travailler sur un clip avec un couple d’acteurs pornographiques amateurs, ça doit être une expérience artistique vraiment intéressante et différente. Ça nous intrigue : c’était comment de travailler avec Leolulu?

C’est un couple amoureux, très amoureux. C’est impressionnant, ils s’aiment tellement. Ils dégagent quelque chose en étant simple. Ils sont trop gentils, trop « love ». L’ambiance du tournage était super apaisante, sans problème. Pour eux, c’était une des premières fois qu’ils étaient filmés par d’autres personnes. Il fallait briser la glace un peu gênante, mais c’était vraiment marrant. Entre chaque scène, ils se faisaient quand même des bisous et des câlins. J’ai rarement été touchée par l’amour d’autres personnes. Ils m’ont vraiment transcendée.

Au début du clip, tu dis que les travailleur·euses du sexe sont souvent victimes d’agression dans le cadre de leur métier. Ce clip, c’est aussi une manière de montrer ton soutien à cette cause ?

Absolument. Premièrement, j’étais très inquiète de diffuser sur Pornhub. Ils ont été accusés d’avoir laissé publié des vidéos de pédopornographie. C’est une réalité qui est horrible. Mais la presse s’est jetée sur la plateforme en souhaitant complètement abattre cette industrie. Je pense que c’est de l’hypocrisie. Facebook, YouTube, Instagram, c’est un problème, mais tous les jours on les utilise. 

Aujourd’hui, Pornhub c’est la seule plateforme qui existe et qui rapporte de l’argent, c’est ce que Leolulu nous disaient. C’est aussi un espace sur lequel il y a des gens biens qui soutiennent les travailleur·euses du sexe. 

Donc, je me suis dit que j’allais infiltrer l’air de rien un problème au sein de cette industrie. Il n’y a rien de féministe sur les plateformes mainstream, ce n’est pas accessible. C’est décourageant, cette industrie a clairement des défauts et mérite d’être repensée. Mais finalement, j’ai sauté le pas en publiant sur Pornhub, sur la chaîne de Leolulu. Je soutiens les travailleur·euses du sexe, je soutiens le sexe.

Et comme je ne souhaitais pas prendre la parole sans savoir, alors on a contacté le STRASS. Je voulais les soutenir parce qu’ils sont dans mon clip et aussi parce que je ne pense pas que les personnes qui vont sur Pornhub connaissent la réalité d’un acteur porno, ou de prostituées. J’ai eu l’occasion de suivre une formation avec la secrétaire générale du STRASS et ça m’a ouvert les yeux.

C’est pour ça que je trouve ça hypocrite de faire comme si le sexe était réservé à l’intime. Les gens qui nous dirigent eux-mêmes se payent des escortes. Ces même gens, font des lois contre le travail des prostituées. En France, des lois pénalisent les clients, mais la profession est autorisée. Les tarifs baissent, la sécurité est remise en question. Ça n’a pas de sens. Je trouve ça horrible. Mettre un message d’amour sensuel sur Pornhub c’est contradictoire, mais c’est ce que je voulais.

 

© JOANNA
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Dans ton titre Maman, tu chantes "Nous les dames, on subit et puis on fane". Tu fais référence au poids de la société sur la femme, au temps qui passe ?

À la date de péremption des femmes, surtout. Dans le sens où, on nous apprend à subir. J’entends par là : se marier, faire des gosses et se retrouver seule à s’en occuper. Et une fois que l’on a subi, on n’est plus désirable. Il y a aussi le fait d’accepter trop de choses et que ça rende folle, névrosée. Ma grand-mère, par exemple, ce fut son cas. Aujourd’hui, elle a une vision bizarre du monde et est devenue plutôt malheureuse.

On subit le patriarcat pour finalement, devenir quoi ? Des vieilles meufs « jamais contentes » ou « mal baisées » ?  Quand je dis ça, évidemment, ce n’est pas vrai. Mais c’est l’image qui est souvent renvoyée. Alors qu’en fait, on n’est pas là pour ça. Oui, on a la capacité d’enfanter certes, mais on n’est pas des machines à gosses. On est aussi là pour profiter de la vie, faire ce que l’on aime.

Démons, c’est le titre en featuring avec le prodige du rap français : Laylow. Pour toi, que représente ce feat?

Au collège, j’étais super fan de lui. En fait, l’histoire est vraiment improbable. J’étais à Pigalle, à la sortie d’un concert de Oboy, je crois. Un mec m’a accostée et c’était Laylow. Il m’a complimenté sur mon son Oasis et je l’ai remercié. Après plusieurs autres chansons, notamment Pétasse qu’il avait aussi bien appréciée, je me suis lancée et je lui ai proposé un feat. Il a accepté et un mois après on enregistrait en studio.

Laylow, c’est un des seuls rappeurs que je connaisse – personnellement, en tout cas – qui assume ses faiblesses. Sans pour autant y ajouter le prisme de la virilité. Il assume être con, pleurer, souffrir et je trouve ça lourd. Le gros problème du mythe autour de la virilité, c’est de ne pas pleurer. Mais en ne pleurant pas, on devient insensible, sans empathie. « Non, non ne pleure pas, tu es un homme », c’est le vrai cancer de la société ! Si tu veux pleurer, pleure. J’aime cette sensibilité chez Laylow. 

Et ce clip, mais quel clip ! D’ailleurs les retours sous la vidéo sont super positifs, on peut lire dans les commentaires : "Ce n’est rien de plus qu’un régal", "exceptionnel, quelle masterclass", "on est en 2070", "Le travail esthétique est incroyable. Y'a un aspect hyper crade et sensuel en même temps. L'alchimie entre Joanna et Laylow rend le son unique." Que penses-tu de ce clip ?

J’avais peur de faire quelque chose de cliché. Genre moi, dans une « place de femme » et lui, dans sa « place d’homme ». Du coup, j’ai directement expliqué que je ne voulais pas être définie comme la potiche.

J’étais très exigeante parce que je ne pouvais pas faire cette erreur. Même si, finalement, dans le clip je suis un personnage qui utilise son pouvoir sexuel sur des hommes pour leur prendre leur argent. Ça fait quand même sens.

J’avais peur que Laylow ne soit pas trop emballé par mes idées. Mais tout s’est bien déroulé. Je voulais vraiment que ce soit une claque, en plus du fait que ce soit un feat avec Laylow. J’avais envie que ce soit une tornade qui mette tout le monde d’accord. 

En regardant le making-of, on a eu des frissons. Notamment cette scène où vous vous criez dessus avec la comédienne. On te sent réellement bouleversée, presque choquée après l’avoir tournée. Tu as ressenti quoi, toi, à ce moment-là ?

D’habitude, je suis derrière la caméra et il n’y a rien qui me chamboule. Là, je devais incarner un personnage qui est l’inverse de moi. Je ne me mets jamais en colère dans la vie. 

Tout le long de cette séquence, j’étais en crise d’angoisse. Moi, je savais qu’il ne fallait pas que j’en sorte, car ça nourrissait mon personnage. Entre les prises, quand on changeait de lumière, je restais dans mon stress. Mais c’était trop bien, j’ai repoussé mes limites. J’ai réalisé que je pouvais m’énerver autant que ça. D’ailleurs, plusieurs fois dans les mois qui ont suivi, je suis sorti de mes gonds. Ça a débloqué la compétence colère chez Joanna ! (rires).

C’était fou, très touchant et je suis fière de ma performance et de toute l’équipe.

La musique te transporte, ça te transcende même comme dans des instants avec Démons. Et sur scène, qu’est-ce que tu ressens ?

Ça fait tellement longtemps ! Pour un artiste, ne pas performer pendant un an et demi, c’est compliqué. On n’avance pas. Je me demande : est-ce que mon corps réussit encore à performer ? Est-ce que j’ai toujours de l’endurance ? 

Mais sinon, sur scène, je me sens tellement aimée. Je commence par dire ça parce que, me sentir aimée, par rapport à mes chansons et à ce que je dis, je trouve ça ouf comme sentiment. Et le fait de braver son trac et de s’exposer à des milliers d’yeux, ça me fait être en pilote automatique. Je ne me rappelle plus de ce qui se passe sur scène une fois que j’en sors. Je suis toujours en mode contrôle dans ma vie et la scène, c’est le seul endroit où je perds le contrôle, tout en le gardant, car je sais ce que je fais. Parfois, j’ai l’impression d’être sur scène depuis une minute, tellement j’étais dans l’instant présent. C’est un feeling que je n’ai jamais autrement, sauf en soirée quand je danse, ou alors quand je fais du son. 

Je pense que de manière générale, on n’est pas assez dans l’instant présent. Sauf peut-être en amour, ou quand on fait l’amour. Et c’est ça la vie ! La scène ça me fait du bien. 

Ma première scène, c’était au festival Maintenant au théâtre du vieux Saint-Étienne. C’était fou, dans ma ville, avec beaucoup de soutien et mes potes, ça m’a portée.

© JOANNA
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Peux-tu nous parler des collaborations artistiques que tu as eu justement pour ce fanzine ?

Dans un premier temps, je voulais juste faire des collaborations avec des fans. Finalement, après m’être énormément renseignée, j’ai choisi de faire un shooting en faisant une photo par titre avec Emilie Pria, qui est devenue l’une de mes meilleures amies. C’est d’ailleurs, une des premières féministes que j’ai rencontrée.

Dans ce fanzine, le lead de l’histoire c’est de retracer chaque chanson, en y ajoutant des poèmes écrits par Lola, ma manageuse (également poète). Des amis à moi ont aussi écrit dedans. Je suis entourée de beaucoup d’artistes. Charles de Vilorin et Nicolas Dax ont fait des illustrations super quali’. J’ai inséré plusieurs créations de fans qui m’avaient vraiment touchée. C’était un vrai défi que je m’étais mis et j’ai adoré le faire ! J’ai eu envie d’abandonner parfois, parce que c’était énormément de travail, pendant plus d’un an. Mais j’en suis finalement super fière. Il sera à vendre avec mon album !

© Joanna
© Joanna

Dans ce fanzine on trouve un petit guide de la révolte amoureuse et romantique. Est-ce que ce n’est pas justement toute l’essence de cet album SÉROTONINE ? La révolte amoureuse et romantique.

Exactement. Pour moi, c’est une autre interprétation de l’amour. C’est vraiment le résumé de mon album. Et en discutant là, je me rends compte que j’ai réussi à créer quelque chose de logique, et j’en suis vraiment contente (rires).

 

Ton univers valse entre romantisme et poésie, tes textes sont puissants, entier et touchants. Dans le titre qui conclut l’album, Courir après, on a l’impression que tu nous parles et que tu nous expliques ce que tu veux, ce que tu ressens, ce vers quoi tu t’envoles. C’est quoi, l’histoire de ce morceau ?

Je l’ai co-composé avec mon coloc actuel. Ce morceau, je ne l’ai pas lâché. Je pense que j’avais besoin d’avoir le reste de l’album pour l’écrire. Je voulais absolument que ce soit le dernier morceau. C’est un son dans lequel je lâche mes valises, je me décharge de tout ce qui me pèse. J’ai volontairement laissé une fin ouverte, pour dire que peut-être, cette histoire mènera à un autre projet. 



Merci Joanna de nous avoir accordé du temps pour discuter. La team Paulette te souhaite beaucoup de force pour la suite de tes projets !

L’album sort vendredi 7 mai. Chez Paulette, on a un petit penchant pour Maladie d’amour. Et vous, vous nous direz laquelle fait chavirer votre coeur?

Un article de Margot Hinry

Un univers bien à elle, une prestance spectaculaire, mais surtout une voix unique qui nous transporte loin. Sarah Rebecca a le don de nous subjuguer peu importe le registre de musique qu’elle choisit, du gospel à la pop en passant par la folk, tout lui réussit. La preuve : son album éponyme sort ce vendredi, le 19 juin !

L’enfant prodige qui a cru en ses rêves

À l’âge de 5 ans, dans son Mississippi natal, Sarah Rebecca annonce à ses parents que le chant et la musique composeront désormais sa vie. Précoce, la petite fille ne s’est pas trompée, puisque depuis ce jour, la musique ne l’a jamais quittée. Elle commence à l’église au sein d’une chorale gospel, guidée par sa grand-mère, puis s’oriente vers le grunge lorsqu’elle fonde son premier groupe à 13 ans, sous l’influence de groupes comme Nirvana. 

C’est le fait de grandir dans le sud des États-Unis via une éducation très sévère et dévouée aux hommes qui fera d’elle une fervente opposante au patriarcat et une féministe active. Plus tard, elle découvre la folk, avant de poser ses valises à Paris où elle se tournera vers la pop. Elle y enregistrera ses plus gros titres, comme Flash ou encore Diamond Veins

À travers son parcours éclectique, la chanteuse nous donne donc une belle leçon de vie : croire en soi, oser, se diversifier, et ne jamais abandonner.

La consécration : l’album

Sarah Rebecca dévoilera son premier album vendredi 19 juin, chez Alter K. Un disque où se mêlent plusieurs influences pop qui se rejoignent autour d’un mantra : se battre pour devenir « la femme dont elle avait besoin lorsqu’elle était enfant ». 

Si on devait le résumer ? Une voix puissante qui s’envole dans les aigus – bouleversant – et quinze titres qui célèbrent cette aventure qu’est la vie. 

Call Me, un petit bijou

Pour l’occasion, sortira même jour le clip de Call Me. Une chanson au refrain entêtant et aux paroles pleines de sens qui résonnent en nous longtemps après son écoute. 

Le clip, à la scénographie époustouflante, est réalisé par la jeune parisienne Rosalie Charrier, si talentueuse. Le choix des couleurs et l’histoire s’accordent parfaitement à la voix doucereuse de la chanteuse, ainsi que le jeu des acteur.rice.s. Au casting, on y retrouve d’ailleurs Marguerite Thiam (dans le clip Neo Surf de Romain Gavras), Corentin Fila (dans Quand on a 17 ans d’André Téchiné et la série Mortel sur Netflix) et Maxence Danet-Fauvel (dans Skam France). Un plaisir pour les yeux, et les oreilles !

Album Sarah Rebecca, sortie le 19 juin

Article d’Ana Michelot