Depuis quelques jours, la parole se libère autour du harcèlement sexuel, des agressions et du viol à Science Po. Et ce, encore une fois sous un hashtag, nommé cette fois-ci #SciencePorcs.

Récemment et dans la lignée de #MeToo, #BalanceTonPorc, ou encore #MeTooInceste, le hashtag #SciencePorcs a été créé. Le but ? Dénoncer et libérer la parole des victimes de harcèlement et d’agressions sexuelles dans les instituts d’études politiques. Paris, Toulouse, Aix, Bordeaux, Strasbourg, … aucun campus n’est épargné.  

Bordeaux, lieu d'origine des témoignages

Tout a commencé après la publication d’une enquête publiée par Libération, sortie le 4 février 2021. Dans cette enquête, dix étudiant·e·s du campus Science Po Bordeaux sont mis·es en avant, agressé·e·s, violé·e·s ou harcelé·e·s durant leur cursus. Ensuite, ce sont Anna Toumazoff, ancienne élève et militante des réseaux, et Juliette, élève ayant témoigné sur Loopsider, qui ont lancé #SciencePorcs le 9 février. Depuis, les témoignages affluent, suivant la vague du dernier hashtag #MeTooInceste. Et étrangement, les deux résonnent largement avec l’affaire Duhamel, ancien président de la Fondation des sciences politiques, accusé de pédophilie et d’inceste sur son beau-fils.

Le cercle vicieux de l’impunité

Comme le révèle l’enquête de Libération, le gros problème, c’est la prise en charge de ces délits par l’administration – et surtout l’impunité des faits. « J’ai été violée et l’administration a répondu par de la violence supplémentaire » témoigne Brune chez Libération. Selon Anna Toumazoff, « les écoles Sciences Po couvrent les violeurs, font taire les victimes, et apprennent à tous les autres la loi du silence. »

Comme dans de nombreuses affaires de harcèlement, agression ou viol, beaucoup de victimes n’osent pas porter plainte. Et c’est un gros souci pour l’administration. « À chaque fois que l’on a été saisi d’un cas – mais il faut que nous soyons saisis, les cas qui ne sont pas portés à notre connaissance restent évidemment sous le radar – ce cas est systématiquement traité », affirme Rostane Mehdi, directeur de Science Po Aix, à France 3. « Il n’y a pas de culture de l’impunité », appuie-t-il. Dans la réalité, c’est un réel cercle vicieux. « Le problème c’est qu’elles n’osent jamais aller plus loin car il y a une sorte de dynamique malsaine qui les culpabilise. On leur dit qu’elles ne sont pas fun, qu’il y a pire ailleurs, qu’elles vont gâcher l’esprit festif de ces soirées », déclare Anna Toumazoff.

Vers de nouvelles mesures ?

Le côté positif de ces témoignages, c’est que les choses bougent. Elisabeth Moreno, Ministre déléguée auprès du Premier Ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, et Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement supérieur, se sont réuni·e·s avec les directeurs·rices d’IEP, pour « apporter des réponses concrètes ».

Côté droit, la police et la justice ont été saisis. Une enquête préliminaire a été ouverte pour viol à Toulouse, deux autres ont été ouvertes pour agressions sexuelles à Grenoble et un signalement a été fait à Strasbourg. Science Po, de son côté, rappelle que des lignes d’écoutes sont déjà mises en place. De plus, Frédéric Mion, directeur général, a démissionné le 9 février – mais plus particulièrement parce qu’il était soupçonné d’avoir caché les agissements d’Olivier Duhamel.

Dans tous les cas, la parole se libère de plus en plus, et c’est forcément positif. Et on finira par acquiescer les propos d’Alexandre Kouchner, ancien élève et prof d’IEP : « ce que l’on voit aujourd’hui, c’est que notre société exerce une vraie violence sexuelle et sexiste. Et c’est de ça dont il faut bien prendre conscience. »

Article de Clémence Bouquerod

Être victime d’agression sexuelle ou de viol est l’une des épreuves les plus dures d’une vie. Cinq femmes nous racontent comment elles ont réussi à s’en remettre.

Je sais, cela peut paraître dur à croire. Mais on peut se remettre d’une agression sexuelle ou d’un viol. Promis. Vous n’avez aucune obligation, mais si vous préférez ne pas vous qualifier de victime, c’est tout à votre honneur. Et que vous ayez envie de pleurer, crier, porter plainte, ne pas porter plainte, rire, sourire, sortir, ou rester sous votre couette, c’est ok aussi. On avance step by step. Une chose est sûre : il ne faut pas perdre espoir. Et pour y arriver, voici cinq témoignages de victimes qui vont bien aujourd’hui. Pour vous, pour toutes celles qui souffrent, et les autres. 

Anna* – 21 ans – Étudiante

Anna a vécu des agressions sexuelles répétées de la part du copain de sa mère lorsqu’elle était au collège. En plus de tout ça, elle a été victime de chantage de sa part et il avait sur elle une forte emprise émotionnelle. Un an après les premières agressions, un jour où il l’a vraiment effrayée, elle a décidé d’en parler à sa mère. Parce qu’elle était manipulée, celle-ci ne l’a pas crue. 

Anna raconte qu’elle est passée par plusieurs stades. D’abord, la peur, la honte. Peur de l’impact que ça aurait sur sa famille, sur la relation de sa mère avec cet homme. Puis, la volonté de dire la vérité a été plus forte. Par la suite, elle a décidé de porter plainte. « Moi, je ne me voyais pas aller de l’avant s’il n’y avait pas quelqu’un qui reconnaissait que ce qui s’était passé n’était pas bien », explique-t-elle. Après de longues heures à raconter, re-raconter, à aller voir la même psychologue que son agresseur, et grâce à une avocate « qui s’est battue« , elle a gagné. Un an de sursis, fiché comme pédophile, et finalement 3 000 euros d’amende après appel. Pas grand-chose, mais pour Anna, c’était déjà une victoire. « Je ne voulais pas le laisser gagner. Le procès, ça a été mon truc personnel, ma vengeance personnelle. Je me suis reconstruite avec cette force-là, je m’interdisais de vivre comme ça à 14 ans.  De tomber en dépression, de me bloquer par rapport au sexe. Je m’en suis sortie, à ce moment-là, grâce à mes amis, qui me faisaient me sentir bien, et à mon premier copain.« 

Aujourd’hui, elle explique qu’elle a réussi à se construire quand même. « Toute cette histoire, je m’en suis libérée maintenant. Ce qui reste en fond, c’est le problème avec ma mère, qui continuait de le voir ». Mais malgré les problèmes familiaux que cette histoire aura créés, « aujourd’hui, [elle] en fait une force. » Son secret ? Les médecines douces. Ne voulant pas raconter son histoire à des inconnus, elle a particulièrement aimé l’hypnose – qui lui a permis de se reconstruire elle-même, le reiku et le shiatsu. Et même s’il peut y avoir des jours sans, elle conseille : « il faut vouloir aller mieux, et si tu ne t’en sens pas capable, il ne faut pas baisser les bras mais faire les efforts à ton échelle, petit à petit. Il faut se donner le temps, mais rester motivé·e et ne pas perdre espoir. Ce n’est pas toi le problème, c’est eux qui sont malades. Le plus important, c’est de prendre du temps pour toi, de rester avec les gens qui te font du bien.« 

Image d'illustration de la médecine douce, qui a sauve Anna et Laura
Image d’illustration de la médecine douce, qui a sauvé Anna et Laura – © JD Mason

Laura* – 25 ans – Journaliste

Agressée dans une petite rue par un groupe d’hommes, Laura n’a pas compris tout de suite ce qui était en train de lui arriver. Elle a été sauvée par un groupe de jeunes qui passaient par là. Même s’ils ne l’ont pas vue, leurs rires ont fait fuir ses agresseurs. Et si elle ne saura jamais quelle était l’intention finale de ces hommes, elle ne vit « plus dans le monde de Bisounours dans lequel [elle vivait].« 

Par la suite, elle s’est sentie très seule. Et ce n’est qu’après avoir développé des troubles alimentaires, anxieux et du sommeil qu’elle s’est décidée à en parler à ses meilleurs amis. Meilleurs amis qui lui ont sauvé la vie, en allant la voir, en la soutenant, et en prenant rendez-vous pour elle chez un psychologue. La première étape vers la guérison, pour Laura, fut la parole. Et c’est ainsi qu’elle a fini par expliquer la situation à sa mère, qui l’a prise au sérieux et l’a tout de suite soutenue. S’en est suivie la recherche d’une psychologue spécialisée, et l’achat par son père d’une bombe lacrymo, pour assurer sa protection. 

N’ayant pas su réagir durant son agression – à cause de ce qu’on appelle l’effet de sidération, elle s’en est longtemps voulu. Mais aujourd’hui, elle « commence à s’apaiser ». Pendant longtemps, pourtant, il était compliqué pour elle de reprendre une vie normale. Laura explique : « j’ai essayé de trouver un petit boulot, mais il était impossible pour moi de prendre le métro. Je me suis renfermée sur moi-même. Sortir la nuit et rencontrer des hommes – peut-être malintentionnés, c’était impossible. Je ne m’en sentais pas capable. » Aujourd’hui, elle a rencontré un homme respectueux. Au départ, elle voulait juste « reprendre possession de [son] corps, mais finalement ça a matché ». Ce qui l’a aidée ? Accepter d’y aller petit à petit, d’avoir des bas, et d’avoir parfois peur des hommes – même si elle insiste, « ils ne sont pas tous dans le même panier ». Et pour dormir, elle conseille la médecine douce et les calmants à base de plantes, « pour ne pas tomber dans l’engrenage des antidépresseurs ». 

Image d'illustration d'entraide, qui a sauvé toutes ces femmes
Image d’illustration d’entraide, qui a sauvé toutes ces femmes – © Sincerely Media

Aurélie – 20 ans – Étudiante 

Aurélie a vécu trois agressions sexuelles au cours de sa vie. Un viol, de la part d’un camarade de classe plus âgé lorsqu’elle avait 14 ans, et une agression de la part d’un ami de ses parents, en vacances, peu après. Environ quatre ans après ces deux événements traumatisants, elle a mis les mots sur ce qu’elle avait vécu. Et c’est après avoir commencé son travail de reconstruction qu’elle a été victime de nouveaux attouchements, encore une fois par un adulte, ami de ses parents, qui l’hébergeait alors qu’elle était seule dans un pays étranger. 

« [Les deux premiers] ont ruiné mon innocence. Je ne connaissais rien au sexe, j’étais une enfant. A l’école, l’histoire avec mon camarade m’a valu une réputation de pute. J’étais dans le déni total, alors j’ai voulu assumer. Après, j’ai fait n’importe quoi avec les garçons, pour dominer et me sentir responsable de mon corps », confie-t-elle. Parce que lorsqu’elle a essayé d’en parler, cela ne s’est pas toujours bien passé. Ni avec ses amis, ni avec sa mère – qui ne l’ont pas crue. « Ce qui m’a aidée à me reconstruire, c’est mon papa. Il m’a dit qu’il était désolé, qu’il aurait aimé être là pour moi plus tôt. Il m’a conseillé de parler à un psychiatre. Ça aussi, ça m’a beaucoup aidée. » Et c’est là qu’elle est partie seule à l’étranger. Alors, elle a rechuté. Elle a dû changer de logement plusieurs fois, n’a pas osé le dire à son père. « J’allais mieux à cette période. Alors, je me suis demandé ce que j’avais fait pour mériter ça. Je me suis dit qu’au bout de 3 fois, c’était de ma faute. J’ai commencé à culpabiliser.« 

Ce qui l’a sauvée ? Une belle rencontre. Sa nouvelle hébergeuse. « Cette dame était très spirituelle. Elle m’a expliqué qu’il nous arrivait des choses horribles pour avoir un futur plus beau. Que si la vie était plate, on ne pourrait pas être heureux, car il faut connaitre le plus bas pour être au plus haut. Du jour au lendemain, je me suis sentie bien et heureuse pour la première fois. Je ne peux pas me projeter trop loin, à dire comment j’irai demain. Parce que si je m’imagine aller mal, j’irai mal et si je dis que j’irai bien et que ce n’est pas le cas, je serais déçue. Mais je peux parler d’aujourd’hui et de quelques jours en arrière. Et je dirais que ça va. » Son conseil ? « Il faut se laisser le temps, s’autoriser les rechutes, et essayer de voir du beau, même dans le plus terrible.« 

Léa – 20 ans – hôtesse de l’air 

Léa a été victime d’attouchements sexuels de la part d’un adulte lorsqu’elle attendait une amie, dans un bar et en pleine journée. Elle avait 13 ans. Plus tard, elle a aussi été victime de viols pendant plusieurs années, commis par son copain de l’époque. Cela a duré 4 ans, pendant lesquels il ne prenait pas en compte son « non« . La première fois, elle avait seulement 16 ans.

« J’avais l’impression que c’était de ma faute, que je n’étais pas assez bien, que j’avais un problème. Parce que c’était mon copain, je croyais que c’était normal. Et quand je me suis rendu compte que c’était lui le souci, je n’ai pas réussi à le quitter car c’était une des seules personnes qui étaient proches de moi. J’étais totalement isolée. Depuis toujours, il m’interdisait de voir mes amis et ma famille. » Heureusement pour elle, le confinement – sans lui – lui a permis de faire un travail sur elle-même. À la fin de celui-ci, elle a réussi à quitter cet homme – et à enfin mettre un terme à cette relation toxique. « Je me suis rendu compte peu après l’avoir quitté que j’étais tellement mieux sans lui. J’arrivais à refaire des projets sur le long terme, alors que j’en était incapable lorsque j’étais avec lui.« 

Par peur qu’on la traite de menteuse ou qu’ils s’en veuillent, elle n’a pas tout dit à ses parents. Ils savent juste qu’elle a vécu un viol. Très compréhensifs, ils l’ont motivée à aller voir une psychologue qui a l’habitude de s’occuper de violences sexuelles. Depuis, Léa se qualifie avant tout de « survivante ». Et même s’il y a des hauts et des bas, le fait d’en avoir parlé l’a énormément aidée. « En fait, on se rend compte qu’on n’est pas tout·e seul·e. Qu’autour de nous, on a des gens compréhensifs. J’ai appris à écouter mes besoins, à ne plus me laisser marcher dessus et à ne plus tout donner aux autres. J’ai repris la place que j’étais censée prendre. Je n’ose pas utiliser le mot force, parce que c’est horrible de dire qu’après avoir vécu ça, on arrive à en faire une force, mais je pense que c’est le cas. Ce qui est sûr, c’est que je tolère de moins en moins les témoignages que je lis sur les réseaux. Et j’ai envie de participer à ce militantisme, même si pour l’instant c’est de manière anonyme.« 

Image d'illustration du militantisme féministe, qui a sauvé Léa et Aurore
Image d’illustration du militantisme féministe, qui a sauvé Léa et Aurore – © Delia Giandeini

Aurore – 29 ans – Chargée de projets 

Après avoir été attouchée par des enfants de son âge lorsqu’elle avait 8 ans, Aurore a vécu deux viols en soirée, alors qu’elle était alcoolisée. L’un par un inconnu, où tout le monde savait ce qu’il se passait mais personne n’est venue l’aider, et l’autre par un ami proche qui a profité de son état. 

Il y a 5 ans, lors de la vague #MeToo, elle comprend enfin. « C’est une grosse prise de conscience qui m’est tombée sur la gueule. Je pense qu’au fond de moi je le savais, mais je ne me l’étais même pas avoué à moi-même. Ça a été hyper dur ; j’ai fait une dépression, j’ai commencé à faire des crises d’angoisse. Mais ça a été la première étape pour commencer à guérir. » Après en avoir parlé à son compagnon de l’époque et à une psy, elle a été poussée pour en parler à ses parents. « Ça a été une libération incroyable. J’avais vraiment peur qu’ils s’inquiètent pour moi, mais j’ai vraiment senti qu’un poids s’enlevait de mes épaules. Ça nous fait du bien d’en parler, d’extérioriser. Pas de banaliser la chose, surtout pas. Mais ça fait partie de la vie, et en parler plus ouvertement – même à des gens en soirée – m’a aidée.« 

Son sauveur, ça a été le militantisme. « Pendant des années, je me suis empêchée de militer car je pensais qu’entendre les histoires de toutes ces femmes me ferait trop de mal. Mais en fait, c’est un moyen d’expression qui me convient bien. Je pense que je suis là aujourd’hui pour accompagner les femmes qui ont vécu des choses similaires, les soutenir, marcher main dans la main avec elles. Je suis passée de la détresse à la colère, mais au moins, je me sens moins impuissante. Aujourd’hui, je suis plutôt en colère contre le patriarcat, c’est une révolte plus générale. » Et point positif, ces étapes lui ont aussi permis de reprendre possession de son corps : « c’était dur pour moi d’avoir une sexualité épanouie. J’avais pris presque 60 kilos, pour me créer une sorte de carapace. Mais ma psy et mon militantisme m’ont permis de reprendre ma place, et ça m’a apporté beaucoup de confiance en moi, d’amour et de respect pour mon corps que je n’avais pas avant. La chose à retenir, c’est qu’il n’y a pas de bon rôle de victime. T’as tous les droits : celui de te sentir morte à l’intérieur, d’avoir des coups durs, mais t’as le droit aussi de vivre pleinement ta vie, de faire la fête et d’avoir une sexualité complètement décomplexée. Je trouve que c’est important de parler, mais il ne faut pas se mettre de pression. Il faut faire confiance au processus de guérison. Et le jour où tu te sens prête à en parler à d’autres victimes et que tu te sens capable d’aider, ça procure un sentiment un peu spécial. C’est des moments forts, c’est se trouver une communauté de sœurs ou d’adelphes, et ça permet de savoir qu’on n’est pas seul·e·s.« 

Si vous êtes victime ou connaissez quelqu’un qui a besoin (et envie) d’aide, il existe des solutions. Pour les connaître, et en profiter pour parler à quelqu’un de manière gratuite et anonyme, vous pouvez appeler ces numéros : 

  • 0 800 05 95 95 – Viols Femmes Informations, que vous pouvez appeler pour toutes violences sexuelles pour du soutien, de l’aide, ou tout simplement une écoute. 
  • 3919 – Violences Femmes Infos, pour toutes violences, les victimes et même leur entourage, pour du soutien, de l’aide, ou de l’écoute. 

Dans tous les cas, prenez soin de vous, et prenez votre temps. Vous n’avez aucune obligation. Et on est tou·te·s derrière vous. 

* Les prénoms et les âges ont été modifiés pour des raisons d’anonymat.  

Article de Clémence Bouquerod 

L’insécurité règne dans les rues désertes depuis le confinement. C’est ce que révèlent de nombreuses femmes inquiètes par l’augmentation du harcèlement de rue. Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes partage ce sentiment. 

Avec le confinement, les femmes témoignent de l'augmentation du harcèlement de rue dans les espaces désertés. Crédits : ©Edwin Andrade.
Avec le confinement, les femmes témoignent de l’augmentation du harcèlement de rue dans les espaces désertés. Crédits : ©Edwin Andrade.

Alors que les dangers dans l’espace public étaient déjà importants pour les femmes, le confinement n’a fait que les renforcer. La peur de s’y retrouver seule « autant le jour que la nuit » et d’être victime de harcèlement s’explique par une faible fréquentation de ces lieux.

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Une escalade de témoignages 

Depuis le 17 mars, les rues sont désertes, les magasins fermés et les transports peu remplis. Au départ, ça semblait plutôt positif, mais le confinement n’aide pas beaucoup les femmes à prendre leur place dans ces espaces. Les témoignages des victimes de harcèlement de rue se multiplient.

https://www.instagram.com/p/B_XJKCMlAZL/

L’AFP en a recueilli quelques-uns comme celui de Laurène Martin, une infirmière de 28 ans. « Le deuxième jour de confinement, des mecs m’ont sauté dessus dans le métro pour me piquer mon téléphone. J’ai crié, ils sont partis et le seul autre passager de la rame, un homme, est venu se coller à moi et m’a demandé si j’avais un mari… ». Non, vous ne rêvez pas. Non, le coronavirus n’aura pas mis un terme au harcèlement de rue. Laurène Martin ajoute que la situation « est clairement pire » qu’avant. « Il y a moins de personnes à agresser, moins de témoins, et les groupes d’hommes qui restent dehors sont ceux qui ne respectent absolument pas le confinement ».

https://www.facebook.com/payetonconfinement/posts/134016548237128

Que risque-t-on au déconfinement ? 

Marlène Schiappa a tenu à rappeler que le harcèlement de rue restait « évidemment interdit pendant le confinement », rapporte l’Agende France Presse. La secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes s’inquiète d’ »une vague de violences sexuelles au déconfinement », pointant du doigt « le sentiment d’impunité des agresseurs conjugué au phénomène de décompensation ». Pour garantir la sécurité des femmes après le 11 mai, Marlène Schiappa a convoqué un groupe de réflexion composé d’experts tels que des avocats et neuro-scientifiques. Ils sont chargés de rendre un rapport sur les mesures à prendre pour protéger les victimes. 

En attendant, il existe plusieurs dispositifs pour alerter en cas d’agression physique ou verbale. 

  • Victime ou témoin, vous pouvez contacter le 17 pour Police Secours, ou le 112, Numéro d’urgence européen. Pour les sourds et malentendants, envoyez un SMS au 114
  • Téléchargez l’application Handsaway afin de donner l’alerte suite à une agression ou harcèlement sexiste. Victime ou témoin, cette application permet de géolocaliser les victimes. 
  • Faites vos trajets avec un compagnon de route grâce à l’application Mon Chaperon. L’objectif est d’aider à renforcer le sentiment de sécurité, d’encourager la solidarité et d’éviter tous types d’agressions de jour comme de nuit. 
https://www.instagram.com/p/BotTQainAIm/

Restons vigilants face au harcèlement de rue. Gardons les yeux ouverts et venons en aide aux victimes !

Article de Nina Hossein