SUMMER, LE FILM DE VOTRE ETE

Summer, c’est l’histoire d’une jeune fille de 17 ans qui passe son été auprès de ses parents, en Lituanie. Elle est grande, mince, fragile. Sur cette période très particulière, l’adolescence, l’excellente réalisatrice Alanté Kavaïté nous embarque dans une aventure au bord d’un lac, d’un avion et d’une vie faite d’un amour féminin, le temps des vacances.

 
C’est très beau, doux, bien mis en scène – un prix gagné au très couru festival de cinéma Sundance – et mis en musique par la moitié du groupe Air, JB Dunckel. Sans doute le premier film gay lituanien, Summer est surtout est une magnifique leçon de cinéma et donne envie de comprendre les questionnements liés à l’adolescence, l’amour naissant, la vie qui commence parfois sans nous. Un très beau long-métrage à découvrir en salle dès ce mercredi 29 juillet 2015.
 
Quelques mots de la réalisatrice, Alanté Kavaïté sur son film Summer :
 
Paulette : Comment est née l’idée, le scénario du film ?
J’ai travaillé avec des adolescents pour des ateliers de cinéma et j’ai éprouvé un grand plaisir à les filmer. Leur capacité à recevoir et à exprimer les choses, avec une intensité qu’on n’a plus à l’âge adulte, m’a vraiment inspirée. Cette expérience m’a conduite à repenser à ma propre adolescence en Lituanie. Cette période a été difficile pour moi comme pour beaucoup, mais aujourd’hui, je n’en retiens que les belles choses. Il y a peu de films lumineux sur l’adolescence et j’ai voulu, tout en abordant certains traits assez durs, faire quelque chose de léger et de pop. J’ai surtout voulu tourner le film que j’aurais voulu voir à 17 ans.

 
En quoi est-il une belle représentation de la féminité, de l’adolescence ?
Pour moi, il n’y a pas une féminité, mais plusieurs. Comme mes deux héroïnes que tout oppose. Et quant à adolescence, le film la traite avec la sensibilité liée à cette période de la vie. L’exaltation des joies et des peines, des peurs mais aussi des élans de courage font partie de ce voyage sensoriel et nous met du point de vue de ces adolescentes. Le plaisir, l’intensité des moments de cet été-là, pas comme un autre, résonnent au-delà des 88 minutes que dure le film.

Qu’est-ce qu’il raconte sur la sexualité féminine ?
J’ai écrit l’histoire de Summer avec, comme guide, cette idée qu’il suffit parfois d’une rencontre et d’un regard bienveillant pour que les choses deviennent plus simples, pour qu’on se sente plus libre. C’est aussi valable pour la sexualité, qu’elle soit féminine ou masculine. Un regard peut nous transformer. Pour mon héroïne Sangaïlé, j’ai eu envie que ce regard-là vienne d’une autre jeune fille. Il était important pour moi de montrer cette relation amoureuse sans la dramatiser. J’espère que ce monde où l’homosexualité sera complétement intégrée dans les fims et donc ne sera plus “un sujet”, est proche.  

Et sur l’amitié, entre deux filles, le temps d’un été ?
Je joue avec la symétrie, avec le fait que l’autre est un miroir inversé, il devient ainsi le révélateur de ses défauts et de ses contradictions. J’ai imaginé Austé, le deuxième personnage, comme le contraire de Sangaïlé. Et c’est parce qu’elle est à l’opposé d’elle qu’Austé peut la surprendre, la bousculer et lui donner l’impulsion d’agir. Austé a la capacité de toujours prendre le meilleur dans tout. Elle apporte un vrai souffle de liberté à Sangaïlé, le personnage principal, et, par le biais de son regard bienveillant, de son sourire contagieux, de ses costumes et de la musique des années 60 qu’elle déterre, elle rajoute un vrai filtre solaire au film. Je pense que tout le monde voudrait avoir connu une Austé dans sa vie. Austé dédramatise beaucoup de choses et avec elle, tout paraît simple et accessible.

Un mot sur la mise en scène, la photographie du film. C’est beau, très soigné.
Le film est très sensoriel : le vertige, la chair de poule, la découverte du corps de l’autre… Il joue beaucoup plus sur les émotions que sur la narration. Les émotions, c’est ce que concentre le plus l’adolescence : on est encore des enfants et pourtant déjà des adultes. Il y a notamment la découverte de la sexualité, beaucoup de premières fois, mais pas encore la capacité d’analyser. J’ai écrit le film avec les décors, avec des parti-pris radicaux de mise en scène, plus que par le biais des dialogues. C’est un film qui a également plusieurs défis techniques, notamment les séquences avec les avions de voltige qui mettent la tête à l’envers.

Qu’est-ce que l’on voit de votre pays, la Lituanie ?
Les couchers du soleil y durent plus longtemps qu’en France, car c’est situé très au Nord. On en profite ainsi que des lacs, des forêts et de ses espaces sauvages où l’on peut se promener nu sans être vu. C’est un pays qui a un rapport particulier, presqu’obsessionnel, à l’aviation. Durant mes étés, j’assistais comme tous à de nombreuses fêtes aériennes.Cet élément du vécu lituanien tout à fait courant m’est apparu comme une métaphore juste pour Sangaïlé. La voltige aérienne, ce sport extrême, exige une vraie maîtrise de soi et c’est justement ce qui semble manquer à l’adolescente.

Un mot aux Paulette avant qu’elles aillent voir le film ?
Attention, le visionnage de Summer peut être poursuivi par l’achat compulsif d’une jupe à pois (c’est arrivé à une spectatrice au festival de Sundance) ou bien par quelques changements de style vestimentaire (c’est arrivé à plusieurs spectatrices), que ça soit dans le style plus girly d’Austé ou bien plus je m’en foutiste de Sangaïlé… Un gain de liberté et une envie d’embrasser sont également possibles.
 
 
JEU CONCOURS
 
Paulette vous offre la possibilité de gagner 10 vinyles du film (avec la musique de JB Dunckel de AIR) et 5 x 2 places pour aller voir Summer.
Il vous suffit de répondre à cette question en commentaire, un tirage au sort désignera les gagnant(e)s : De quel autre célèbre film sur des jeunes filles, adolescentes, sorti en 1999, AIR a composé la musique ?
 
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