STOP OU ENCORE ?

L’année dernière, j’ai vécu une crise sans précédent, par laquelle beaucoup d’entre vous sont passées (enquête statistique réalisée sur un échantillon représentatif de trois amies).  Où passer les vacances d’été ?

Louer une maison avec ma bande de potes de toujours ?
>OUI MAIS ils ont pris ces jours-ci la fâcheuse manie de se reproduire et d’imposer la dictature de leurs rejetons (pas de cigarettes, ni de musique après 21h, fermer la barrière de la piscine, la porte à clé, fermer sa bouche pour ne pas réveiller Sacro-nain…).
 
Partir en tête à tête avec mon amoureux pour une destination exotique?
>OUI MAIS le mien déteste le soleil, a la phobie de l’avion et un séjour à Berck  m’enthousiasme moyennement.
 
Buller dans la maison de famille à Arcachon, où je n’aurais d’autre préoccupation que l’indice de ma crème solaire du jour ?
>OUI MAIS avaler les salades de ma mère équivaut à engloutir un Mac Do : ce goût familier fait envie, mais très vite, c’est l’indigestion.
 
Investir une station balnéaire avec une copine célib’, ambiance sea, sex & sun ?
>OUI MAIS depuis 1998 et ma rupture autour d’un feu de camp avec Rod le surfeur, mes oreilles vrillent dès la première note de No woman no cry.
 
Je caressais déjà la vision cauchemardesque d’un mois d’août enfermée dans mes 30m2, faute de mieux….
 
Et SOUDAIN une idée lumineuse m’est apparue : j’allais traverser l’Europe en autostop.  Lors d’une soirée arrosée, j’ai rencontré LA fille juste assez folle pour avoir envie de m’accompagner.
 

Sur un coup de tête, nous sommes parties à deux, rallier Paris à Istanbul en 28 jours. Nom de code : les P’tites Poucettes, clin d’œil au pouce bien sûr, notre carburant, mais surtout au célèbre personnage de Perrault, qui semait des cailloux pour retrouver son chemin. Nos galets à nous (cinquante en 2012), ont été dispersés sur les tableaux de bord de chauffeurs bosniaques, albanais ou grecs, symboles de la pierre que chacun d’eux a apportée à notre destination.
 
Deux filles, ça inspire confiance, alors nous avons partagé la route de personnes âgées, de couples, de paysans, de businessmen en mal d’aventure, de femmes seules, de conducteurs poids-lourds, de hippies en Combi jaune… Le stop c’est le mix socioculturel par excellence. C’est découvrir l’Europe de l’intérieur, s’enthousiasmer d’une aire d’autoroute plus verte que les autres, d’un poste frontière traversable à pieds, et rire, souvent, de notre masochisme à préférer ces plans galères à un transat en bord de mer.

 
Alors pourquoi se prendre la tête avec mes potes, ma mère, mon amoureux ou un clone de Kelly Slater ? En 2013, on remet ça. De Berlin à Odessa (en Ukraine).
 
Vous me direz, l’autostop c’est dépassé. So 70’s… Fut un temps (pas si lointain) où j’étais du même avis. Mais, à bien y réfléchir, cette pratique nous rajeunit : à la minute où tu sors ton sac-à-dos Queschua, ton tableau Velleda et tes Bensimon, tu perds dix ans ! Le stop permet aussi d’économiser : les shorts et les marcels Monoprix de rigueur sur autoroute ne plombent pas notre compte en banque (qui, de fait, sera apte à encaisser notre shopping de rentrée).

 
Pour les convaincues, nous nous croiserons donc sur une route moldave cet été. Et pour celles qui hésitent encore, on part en éclaireuses.

 
>Retrouvez les filles sur leur blog (lesptitespoucettes.com) et sur leur page Facebook (www.facebook.com/LesPtitesPoucettes) où même les moins téméraires pourront mettre un petit pouce en l’air. 
 
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