SI UN OBJET DEVAIT VOUS REPRÉSENTER ?

  Justine, 1m58, brune (au naturel), yeux marron : une bouteille de sable.

Une bouteille pleine de sable. Elle se balade depuis des années sur une de mes étagères, dans ma chambre. En fait ce n’est pas n’importe quel sable, c’est celui de la plage du cap de l’Homy, dans les Landes.
 
C’est là que je passe tous mes étés, dans ma maison de vacances. Ce sable c’est un peu mon passé mais aussi ce que je voudrais devenir. J’ai toujours plus regardé en arrière que devant moi. Pourtant, je sais que si cette bouteille de sable symbolise tous les moments heureux que j’ai déjà vécus, elle représente bien plus encore ceux que je voudrai encore vivre l’été prochain, dans mon futur plus lointain. Cette bouteille m’aide à passer le cap d’une année d’études souvent difficile, elle me rappelle que j’ai quelques bouffées d’air frais avant de replonger. Je pourrais écrire un roman à partir de cette bouteille ; je crois que c’est comme ça que j’ai su qu’elle me représentait.

À l’ère de la surconsommation et de l’industrialisation, nous accumulons de plus en plus d’objets chez nous, et, bien souvent, dans nos placards. Il paraît donc normal de se demander si on peut se recentrer sur un seul d’entre eux. Parmi cette masse d’objets accumulés depuis l’enfance, il y en a forcément un qui nous symbolise plus que d’autres. Parfois, on pense même à se le faire tatouer sur le corps ; cet objet fait donc partie intégrante de nous. Pourquoi un objet, chose à priori factice et futile, représenterait jusqu’à notre être le plus singulier ?

En fin de compte, je crois que nous ne choisissons pas l’objet qui nous représente. C’est plus une évidence qui s’impose à nous quand on y réfléchit. On se pose la question et soudain notre regard se tourne vers ce carnet posé sur notre bureau, cette lampe qui nous accompagne depuis l’enfance, ce collier que l’on n’ôte jamais. Finalement, cet objet ne nous représente pas parce que nous le décidons, mais parce que nous le constatons. D’ailleurs, je pense qu’il nous aide sans le savoir. Si je devais définir cet objet, le mien et tous les objets en général qui nous représentent, je dirais que ce sont comme des auxiliaires discrets, parce qu’ils sont là chaque jour pour nous sans que nous y pensions réellement.

Alors, posez-vous la question : lequel des nombreux objets qui m’entourent est le bon ?

PS : je ne sais pas si certaines ont lu Inventaires de Minyana… Une pièce de théâtre qui m’a inspirée pour cette chronique. Conseil de lecture, chères Paulette !

Retrouvez Justine sur http://coffee-seed.blogspot.com

 
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