SARAH LESPAGNOL, CRÉATRICE YSTÉRIKE

Photos, Eliz Dream

À l’image de sa créatrice, Ystérike est une marque de vêtements à l’univers onirique et fantasque.

Incontestablement féminin, délicieusement rétro, Ystérike est avant tout l’occasion, comme le revendique Sarah Lespagnol, "de ne pas se prendre au sérieux, le temps d’un vêtement !"

 
Paulette : Quelle est l’origine du nom de ta marque, Ystérike ?
Sarah : C’est lié au comportement que toute femme, et moi en particulier, peut avoir auprès des hommes ! Pour l’anecdote, j’ai créé ma première adresse email pour correspondre avec un amour de vacances. Le pseudo que j’avais choisi à l’époque était Ystérike. La revendication était déjà là.
 
Après ton diplôme de styliste-modéliste, et ton expérience au sein du bureau de style de La Redoute, tu as travaillé plusieurs mois aux côtés de la créatrice Valérie Barkowski en Inde. Ensuite, c’est l’Italie, puis retour en France. Tu as beaucoup baroudé avant de créer Ystérike. Un voyage initiatique ?
C’est un peu ça. Quand j’ai regardé le film "Mange, prie, aime", je me suis dit qu’ils avaient volé ma biographie ! Mon séjour en Inde m’a beaucoup marquée. Au-delà du choc culturel, ce pays donne l’impression que tout est réalisable, et par ailleurs, permet de relativiser pas mal de choses et de remettre les pieds sur terre. Ça m’a énormément apporté en termes de maturité pour créer Ystérike. En rentrant, j’ai senti que c’était le bon moment. J’étais psychologiquement prête à me lancer.
 

Ystérike a vu le jour en février 2010. Quatre mois plus tard, tu étais lauréate du Who’s Next Blog Contest, et aujourd’hui, la marque est implantée dans toute la France, à Bruxelles mais aussi au Liban et au Koweït. Petite marque est devenue grande ?
Le plus difficile n’est pas d’exister, mais de perdurer. Il faut toujours plaire, se renouveler, et ne pas s’enfermer dans une forme de sécurité conformiste. S’agissant de l’implantation de la marque, je suis en pourparlers avec de nouveaux points de vente à Londres et au Japon, et des e-shops à Moscou et New-York. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut négliger les points de vente existants. Il y a un gros travail de fidélisation.
 
Tu as fondé et géré la marque seule, de la création des collections à l’aspect administratif en passant par la communication. N’as-tu pas des petits coups de mou de temps en temps ?
Il y a la fatigue physique, le stress et la fatigue morale. J’ai parfois envie de baisser les bras. Mais je suis très bien entourée, j’ai des amis fidèles qui connaissent le poids d’Ystérike sur mes épaules, et qui m’aident à rebondir. Je devrais même dire qu’ils me défendent d’arrêter !
 

Quelles sont tes inspirations ?
Mes inspirations sont très majoritairement issues de la mode. Je regarde beaucoup de défilés. J’essaye de coller aux tendances, c’est peut-être une déformation professionnelle. En règle générale, je choisi un thème par collection, tel que les cols claudine, sur lequel j’amasse le maximum d’informations, avant de passer à la création. Je suis également sensible aux critiques, cela ne peut qu’améliorer les collections futures. A titre personnel, mes préférences vont vers Miu Miu, Prada ou Carven, mais le cordonnier est souvent le plus mal chaussé, je ne fais pas beaucoup de shopping, par manque de temps, sauf quand je sais que je vais faire un salon.
 
Tu as axé ta collection automne-hiver 2011-2012 sur le thème du pyjama-aristo. C’est original !
J’ai conçu ma collection en visitant la maison qui allait être le lieu du shooting ! En l’occurrence, la démarche créative est totalement inversée. Ce manoir représentait un univers fantasmagorique et ma collection s’est inspirée de cette atmosphère : un esprit boudoir : doux, chaleureux et cocooning. Pour les matières, j’ai privilégié les voiles et les velours. Question couleurs, c’est l’onirisme des taupe, lie de vin, ou bleu nuit.
 
Pour conclure, as-tu un petit conseil à livrer aux Paulette qui vont te lire ?
Accrochez-vous, n’oubliez pas vos rêves, c’est parfois plus compliqué que ce que l’on imaginait, mais au final, ça n’a pas de prix.
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