SARAH HERBAIN, COFONDATRICE DE HELLOWORLD : « SANS POCHES, PAS DE LIBERTÉ »

Helloworld est une marque de vêtements éco-féministe. Sa particularité ? Dans chaque pièce (jusqu’au chouchou) se cache une poche. Si vous vous habillez avec des vêtements dits « féminins », vous comprendrez en quoi c’est une révolution. Interview.

Sarah Herbain a 26 ans. Après une école de commerce et avoir travaillé pendant plusieurs années dans une agence de publicité – où elle a d’ailleurs rencontré ses deux associées actuelles, Heloïse, passionnée par le vêtement et la couture et Layla, directrice artistique, illustratrice et photographe –, elle décide d’agir. Son but ? « Révolutionner le vêtement », à la fois dans sa coupe mais aussi dans sa perception. Parce qu’elle considère, aujourd’hui plus que jamais, que la mode est très politique : « En 2021, le vêtement ne peut plus être juste beau, il se doit d’être bon, porteur d’espoir et de révolution. » Une sacrée ambition, réussie aujourd’hui grâce à la création d’Hello World, qui propose (entre autres) des poches pour tous·tes. Elle nous raconte.

Heloïse
Heloïse - © Hello World
Sarah
Sarah - © Hello World
Layla
Layla - © Hello World

Bonjour Sarah ! Tu as co-créé la marque de vêtements « Hello World ». Peux-tu nous dire ce qui la différencie des autres marques ?

Pour mener concrètement cette révolution du vêtement, on a choisi de s’attaquer à un problème méconnu de l’industrie, mais qui nous tenait particulièrement à cœur : les poches. À première vue anecdotiques, les poches sont pourtant au cœur de l’inégalité du vêtement et de différents enjeux de société. Elles ont été – en occident – refusées aux femmes depuis la Révolution Industrielle. Christian Dior résume très bien cet état d’esprit avec sa célèbre phrase, « les hommes ont des poches pour ranger des choses, les femmes pour la décoration. » À ce jour, il n’y a peu ou pas de poches dans les habits de femmes : elles sont en moyenne 48% plus petites que celles des hommes, 6,5% plus étroites, voire carrément inexistantes. Et ça, ça nous a révolté. Beaucoup. Alors on a décidé d’agir et de créer la marque qui remettrait les poches au cœur des vêtements dits « féminins. » Parce que sans poches, pas de liberté. C’est comme ça qu’Hello World est née.

 

Si les poches sont au cœur d’Hello World, elles ne sont que la première étape d’un combat bien plus grand. Le message qu’on a envie de faire passer aux autres marques c’est : « Imitez-nous, copiez-nous. On ne vous en voudra pas. 😉 » Le jour où on aura été assez imitées, et donc que le problème de poches aura été résolu, on partira en vacances (bien méritées). Ensuite, on s’attaquera à un nouveau combat. Can’t wait !

On lit que votre marque est éco-féministe. Qu’entendez-vous par là ? Tu nous expliques ?

Il faut bien se rappeler que l’éco-féminisme n’est pas un buzzword ou une tendance du moment, mais bien un mouvement né dans les années 1970 autour d’une grande conviction : il existe des liens indissociables entre crise écologique et patriarcat. C’est pourquoi on ne pouvait pas envisager une seule seconde de créer une marque juste écolo ou juste féministe. Alors, on agit à notre niveau, en privilégiant des productions raisonnées en France, le plus souvent en précommande, avec des produits upcyclés (quand c’est possible) ou alors conçus à partir de matières recyclées. Nos maitres-mots sont : liberté, durabilité & adelphité !

Mais il y a un autre mot ultra important pour nous, c’est le collectif. Une révolution, ça ne se mène jamais seul·e, alors on essaye de fédérer un maximum de personnes bienveillantes autour de nous. On travaille avec nos modèles, stylistes, makeup artistes ou modéliste comme on travaillerait avec nos sœurs.

 

Comment s’est passé le lancement sur KissKissBankBank le 1er septembre ? Et la création de la marque ?

Après un an de nuits blanches et de travail acharné, le 1er septembre dernier a débuté officiellement notre campagne de précommande sur KisskissBankBank. L’occasion pour nous de lancer nos deux premiers produits : la veste Pokka, 7 poches pour un quotidien libéré & une veste aussi douce au toucher que pour la planète, mais aussi le chouchou Bao, avec une poche secrète – qui nous sauve la mise tout en restant discrète.

Mannequin qui porte la Veste Pokka
Veste Pokka - © Hello World
Mannequin qui porte la Veste Pokka
Veste Pokka - © Hello World
Mannequin qui porte la Veste Pokka
Veste Pokka - © Hello World
Mannequin qui porte la Veste Pokka
Veste Pokka - © Hello World
Mannequin de dos qui porte le Chouchou Bao dans ses cheveux
Chouchou Bao - © Hello World
Mannequin de dos qui porte le Chouchou Bao dans ses cheveux
Chouchou Bao - © Hello World
Chouchou Bao
Chouchou Bao - © Hello World

Le résultat de la campagne a surpassé toutes nos espérances ! Avec 111% de notre objectif atteint, on est trop heureuses de pouvoir lancer notre première production, et surtout de pouvoir commencer à créer nos futures pièces qui viendront, on l’espère, vous booster en liberté et en puissance. On me souffle dans l’oreillette que notre prochaine création devrait permettre à tous·tes de faire – enfin – la fête, les mains et l’esprit libre…

 

Vous avez aussi créé un podcast, « Les mains dans les poches ». Pourquoi ?

Parce que notre révolution du vêtement ne passe pas que par la production mais aussi par le savoir, nous avons lancé, au début de l’été, le podcast Les Mains dans les Poches. 10 épisodes ultra courts qui déshabillent le vêtement pour prouver une chose : le vêtement n’a pas de genre, seulement une histoire. On y raconte le terrible complot historique derrière l’absence de poches dans les vêtements féminins bien sûr, mais aussi pourquoi les hommes ne portent plus de talons ou encore l’histoire sulfureuse et pleine de testostérone du crop-top…

À écouter d’urgence ! Merci, Sarah.

 

Pour les suivre, les soutenir ou en savoir plus, ça se passe sur leur compte Instagram et leur e-shop. À savoir qu’elles ont récemment rejoint l’incubateur mode et couture « Association Jean-Luc François », où elles créent auprès de l’ex-bras-droit d’Yves-Saint-Laurent chaque jour… Prometteur, non ?

 

Article de Clémence Bouquerod

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