REPORTAGE AU CINÉ COURT ANIMÉ DE ROANNE


Située à une heure et demie de Lyon en voiture et autant de Clermont-Ferrand, Roanne recevait la semaine dernière le Ciné Court Animé, festival international de court métrage d’animation.


Pour la 4ème année, la ville ligérienne, autrefois connue pour son restaurant étoilé et sa brioche aux pralines, accueillait le temps de quelques jours des centaines de courts métrages venus des quatre coins du monde. Paulette est partie à la découverte.

 

>Vendredi soir, devant le petit cinéma le Renoir

La foule se presse à l’entrée. "On vient tous pour la même chose ?" me questionne un couple de quarantenaires visiblement peu habitué aux foules qui empiètent sur la rue devant le cinéma Art & Essai. Devant moi, je retrouve un groupe de quatre jeunes croisés l’après-midi sur la ligne de TER Lyon-Roanne. " On est venus pour le week-end " m’expliquent-ils, "Ce sont des amis roannais nous ont parlé de ce festival, on est là par curiosité et aussi parce qu’on aime les petits événements comme celui-ci, il y a une vraie proximité".
 
Rencontrant un succès grandissant, les visiteurs venaient déjà l’année dernière de 18 départements différents. Loic Portier, porteur du projet, directeur et programmateur du festival commente la progression : "Par rapport à l’année dernière, on a doublé le nombre de visiteurs sur la séance du vendredi soir". "Mais il faut cependant rester modeste" poursuit-il lors du discours d’inauguration, "on est encore loin de la taille des autres festivals de la région."

 

>Un pari audacieux

Entre le festival d’Animation d’Annecy, le festival international de Court Métrage de Clermont Ferrand, et les 60 autres festivals de cinéma de la région Rhône-Alpes, le festival Ciné Court Animé bénéficie du dynamisme régional en matière de cinéma d’animation. Il lui reste maintenant à trouver sa place et son public. La stratégie déployée ? D’abord, la spécialisation. Les films présentés occupent en effet tous le segment restreint du cinéma d’animation combiné au format court : un pari audacieux et une première dans la pléiade de festivals de cinéma de la région.
 
Contrairement à l’idée que l’on pourrait s’en faire, le Ciné Court Animé ne vise pas principalement un public enfant. Les séances à destination des enfants se sont ainsi concentrées la semaine, pendant le temps scolaire, alors que les projections des soirées et du week-end ciblaient un public adulte et adolescent. J’entends dans les rangs: "Eh oh, Jerem’ t’as pas oublié ton cerveau ce soir, hein, parce que t’as vu, c’est Télérama qui sponsorise… C’est pas n’importe qui !"

 

>Des grands noms du cinéma d’animation

Pendant les discours officiels, on apprend qu’au total, au cours de cette semaine de festival, ce sont plus de 140 films qui sont présentés, tous rigoureusement sélectionnés par Loic Portier. Pour juger et décerner les prix, cette année, quatre grands noms du cinéma d’animation sont présents : Andy Symanowski, spécialiste du film d’animation en pâte à modeler, membres de l’équipe de "Chicken Run" et "Wallace et Gromit", Simon Jacobs, équipier de Tim Burton sur les tournages de "Noces Funèbres" et de "Frankenweenie", Luis Bricenos, réalisateur du remarqué "Adieu Général" et Guillermo Garcia Carsi, dont la série "Pocoyo" a reçu le prix de la meilleure série télévisée au Festival d’Annecy.
 
La séance commence et les courts métrages nous ouvrent les portes d’univers drôles, curieux, poétiques. Toutes les 10 minutes en moyenne, la donne change. Les personnages, l’histoire, la langue, les techniques plasticiennes, tout est à redécouvrir.
 
Les séances comme celle du vendredi soir s’enchainent ensuite pendant tout le week-end. Paulette sort quand même ses lunettes à lumière du jour pour entrecouper ses journées de ballades dans la ville afin de découvrir les autres animations : une expo de marionnettes, une expo sur le lien entre le travail d’illustrateurs et l’animation, la Caravane Ensorcelée qui déambule dans la ville et projette des films dans son habitacle…
 
La programmation a aussi intégré la présentation d’autres formes d’arts visuels. Une performance de VJing/mapping (une première en ville) a permis de mettre en lumière le lien entre la musique et la création 3D mardi soir dans la prometteuse salle du Grand Marais.
 

Les avantages de ce genre de festival sont nombreux. Déjà, en quelques jours, on peut  pratiquement couvrir l’intégralité de la programmation et la découverte des animations. Ensuite, le pass festival ne coute que 30€, un prix peu élevé, en comparaison à d’autres festivals qui ont lieu, eux aussi, sur plusieurs jours. Enfin, un vrai lien se crée en effet entre les festivaliers. Je regardais aussi amusée que surprise les visiteurs discuter en toute simplicité avec les réalisateurs membres du jury à la terrasse du café du coin de la rue.
 
Dimanche soir, après la remise des prix, je quitte cette ville accueillante, la tête encore un peu dans les nuages, convaincue qu’on m’y reverra !

 

>Les coups de coeur du Ciné Court Animé de Paulette :
– The pub (Joseph Pierce, Angleterre, 2012)

 

– The maker (Christopher Kezelos, Australie, Etats-Unis, 2011) 

 
 

– Au poil (Hélène Friren, France, 2012)

– How to cope with death (Ignacio Ferreras, Angleterre, 2003)

 
 

– Fresh Guacamole (PES, Etats-Unis, 2012)



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