REPORT : L’OMNIVORE FESTIVAL

 
Ça se bouscule aux portes de la Maison de la Municipalité à Paris. Journalistes et visiteurs jouent des coudes pour participer au festival Omnivore, qui a eu lieu du 8 au 10 mars. D’autant plus que cette année, le festival fête ses 10 ans d’existence. Devenu incontournable, il réunit chaque année des centaines d’épicuriens dans le monde entier. Montréal, Shangai, Istanbul, New York, Londres, Rio et Paris bien sûr, la liste des villes qui accueillent l’évènement s’agrandit de plus en plus.
 
Si cette manifestation gourmande est connue pour s’adresser aux professionnels, c’est parce que de nombreux espaces leur sont réservés. Mais tout l’intérêt de ce festival se trouve notamment dans les Master Class où les chefs cuisinent sur scène, devant un public averti. On les retrouve aussi sur les différentes scènes (salés, sucrés, street food, artisans et cocktails). Les visiteurs ont par exemple pu observer Jordan Feilders du food truck Cantine California préparer des mini burgers sur la scène Street Food et les plus téméraires ont même réussi à en déguster quelques uns. C’était également l’occasion pour May Chow, chef du restaurant Little Bao à Hong Kong et créatrice des célèbres bao burgers, de venir à Paris. Cette Paulette pétillante a notamment pu présenter ses ailes de poulets frits très épicés ou encore les deux versions d’un plat traditionnel chinois : un ragoût d’agneau. Elle en a également présenté une version revisitée, plus moderne : un tartare d’agneau accompagné de chips de tofu fermenté. Le tout présenté par Sebastien Demorand. Mais si, vous savez, le membre du jury de Master Chef, qui ne quitte jamais ses lunettes et son foulard !
 

 
Le festival Omnivore était donc l’occasion pour nous de poser quelques questions à May Chow, cette petite boule d’énergie venue de Hong Kong. Elle a ouvert son restaurant Little Bao il y a un an et demi.
 
 
Paulette : À quoi ressemblent tes journées ?
May Chow : Je suis chef mais je suis aussi entrepreneur. Mes journées de travail sont assez incroyables, c’est du h24. À Hong Kong, je peux répondre à un mail à 3h du matin. Je dois m’assurer que les clients sont satisfaits, je travaille aussi en cuisine et si tout le monde est occupé, alors c’est moi qui lave la vaisselle ! Quand tu es chef et que tu ouvres ton propre restau, l’implication en tant que gérant devient beaucoup plus importante.
 
Pourquoi avoir ouvert ton propre restaurant ?
Quand je cuisinais pour d’autres personnes, je cuisinais leurs plats. Avec Little Bao, je voulais vraiment un espace où je pouvais être moi-même. Dans mon restau, tout le monde a un rôle à jouer. Par exemple, je ne porte pas de veste de chef. Et mon équipe ne m’appelle pas “chef May” mais juste “May”. Je n’applique pas les codes de la hiérarchie dans ma cuisine, je voulais partager un état d’esprit moderne à la chinoise.
 
“Avec Little Bao, je voulais vraiment un espace où je pouvais être moi-même.”
 
Que peut-on manger à Little Bao ?
Je suis née au Canada, j’ai grandi à Hong Kong et vécu aux États-Unis. Je voulais vraiment me servir de toutes ces expériences et les mettre dans ma cuisine. Si vous venez à Little Bao, vous pouvez goûter des plats aux influences chinoises et aux techniques occidentales et vice versa.
 
C’est ta première fois au festival Omnivore. Qu’en penses-tu ?
C’est incroyable ! Ça m’inspire beaucoup parce qu’on peut rencontrer différents chefs de restaurants du monde entier. On découvre aussi les producteurs de légumes, fromages, charcuteries et de vins. Les organisateurs ont compris que chacun est capable d’apporter quelque chose de différent et c’est très intéressant. À Paris, on peut vraiment sentir que bien manger est très important.
 
Qu’est ce qui est différent à Hong Kong ?
Hong Kong est un endroit unique où on peut vraiment cuisiner ce qu’on veut et les gens aiment ça. La scène culinaire y est incroyable ! C’est aussi une ville qui est au centre de la Chine et de l’Asie. On peut vraiment y trouver le meilleur de la cuisine chinoise, cantonaise, shanghaïennes…
 
“À Paris, on peut vraiment sentir que bien manger est très important.”
 
Beaucoup de plats comportent de la truffe à Hong Kong. Comment expliques-tu cet engouement pour ce précieux ingrédient ?
La truffe apporte de la valeur à un plat. À Hong Kong, on en utilise beaucoup parce que nous n’avons pas de produits locaux d’exception comme la truffe ou le foie gras. Les chinois aiment ce parfum, le goût amer est l’un des éléments clé dans la cuisine chinoise. La truffe apporte un goût “wahou” dans notre cuisine.
 
Tes projets ?
Little Bao est mon premier restaurant mais on a le projet d’en ouvrir un plus grand à Hong Kong. J’adorerais avoir un autre restaurant ailleurs, à Los Angeles, Sydney, ou Melbourne…
 
 
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