RENCONTRE : NEON INDIAN

 

Appartenant au courant chillwave, Alan Palomo (23 ans) n’en est pas à son premier coup d’essai en matière de musique électro-pop nostalgique. Après avoir fait les premières parties de Massive Attack, Phoenix ou encore Chromeo
, Alan sort Era Extraña, le deuxième album de son groupe Neon Indian, enregistré à Helsinki.
 
Le nom "Neon Indian" a été inventé par une ex-petite amie de Palomo, qui fut aussi le sujet de sa chanson Should Have Taken Acid With You. Inspiré d’une histoire d’amour, l’album se divise en 3 parties Heart: Attack, Heart: Decay, et Heart: Release.
 
Paulette : Quels sont les albums qui t’ont poussé à faire de la musique ?
Alan Palomo : Un de mes albums favoris est celui de The Avalanches, Since I Left You. Et celui de Todd Rundgren A wizard, a true star. J’ai commencé à faire de la musique à la fin du lycée, avec le vieux Casio Rapman d’un cousin. Et je m’y suis vraiment mis à la fin de mon premier semestre à la fac.
 
Pourquoi ce nom d’album, Era Extraña ?
 J’aimais l’idée que le nom extraña signifie deux choses différentes. À la fois "étranger" et "bizarre". Et "Era" qui veut dire "ère" ou "était". Je pense notamment à tout ce que les gens, dans les années 80, ont pris comme références pour parler du futur, qui désormais, se passe maintenant. Ils s’attendaient à voir des trucs dingues, hyper futuristes, créés de toutes pièces. C’est un peu ce que j’ai essayé de retranscrire dans l’album. De faire un collage  bizarre. C’est aussi de cette manière que j’écris la musique. Associer des choses différentes dans une même chanson.
 

 
Être seul t’aide à créer ?
Oui définitivement. Mais je pense avoir donné un sens un peu trop romantique à la notion de solitude. Je me souviens de nombreuses interviews après le premier album où je parlais de ce que je faisais seul. Et je me suis dit que pour le deuxième album, il valait mieux que j’évite la solitude. Parce que tu te rends compte à la fin de la journée que ça craint d’être tout seul dans ton appart. C’est une autre expérience.
 
Ton meilleur concert ?
Je crois que c’était au Market Hotel à New-York. C’était juste la nuit la plus chaude et grotesque de toute ma vie. Toutes les trois chansons quelqu’un piétinait un câble et faisait tout sauter. Et pourtant le public, tout en sueur, n’arrêtait pas de bouger, de se pousser. C’était quelque chose de très étrange et frénétique. C’était même différent de toutes les expériences de festivals. Et le deuxième meilleur concert c’était au OFF Festival en Pologne. J’étais très surpris que les gens connaissent nos chansons et soient autant à fond.
 
 
Parle-nous de ta collaboration avec Miami Horror?
Notre collaboration est continue. Ben (Plant) est un ami. On a pas mal traîné entre potes et on s’est dit que ça pouvait être bien de faire un truc ensemble.  J’ai collaboré à trois chansons de son album, Illumination. Du coup, je suis allé chez lui, en Australie, et pendant un mois j’ai vécu avec sa famille. Chaque matin, je voyais une vingtaine de kangourous allongés au soleil prendre la pose dans le style Grèce Antique. C’était vraiment bien. Je n’avais jamais voyagé hors de l’Amérique avant, je suis toujours resté aux Etats-Unis ou au Mexique, mon pays natal. J’aime l’idée que certains états d’esprit, appartenant à des lieux, puissent te prendre et te faire ressentir des trucs qui se sont passés. Je pense notamment à San Francisco, où tu as l’impression de vivre dans les 70’s ou dans un film de John Cassavetes.
                                                                                                            
Tu as créé un synthé analogique, as-tu déjà rencontré des gens qui utilisent le synthé analogique que tu as créé ?
Oui il arrive que des gens dans le public viennent me voir après les concerts pour me dire qu’ils l’ont ! Mais la meilleure façon de le savoir est d’aller sur Youtube pour voir le nombre de vidéos postées par des gens qui l’ont ! C’est vraiment un simple faiseur de bruit.
 
Outre, tes nombreuses collaborations artistiques, tu as fait une vidéo commerciale pour ton synthétiseur justement. C’est un truc auquel on ne s’attendait pas vraiment. Aimes-tu surprendre les gens ?
Oui j’adore ça. J’ai l’impression que l’univers des journalistes spécialisés est vraiment bizarre. C’est comme si tu représentais une maison en peinture et qu’un journaliste te disait "J’adore ce que tu fais. Ce chat est terrible." Et ainsi de suite, tout le monde vient te voir en te disant "Que ce chat est mignon !" alors que tu as peint une maison entière ! Donc oui, dans un sens, avec cette publicité c’est comme si j’avais peint un blaireau ou une girafe. À la base, j’aime surprendre les gens avec mon travail, mais j’aime d’abord me surprendre moi-même.
 
 

 
Aimes-tu les vidéos de chats (tu as un laser cat pour thème Twitter ) ?
Je crois que mon batteur est plus fan de chats que moi. Mon colocataire a un chat et malheureusement c’est le chat le plus méchant, malheureux, bipolaire, que j’ai rencontré. Avant que je parte en tournée, la dernière chose qu’il a faite a été de faire caca sur mon lit. Donc, je crois que je n’aime pas trop les chats, celui-là en particulier.
  
3 chansons que tu écoutes en ce moment ?
M83 – Klaus I Love You
 
Une dédicace à  Paulette ?
Paulette, on espère te faire taper du pied, lever le poing et danser au rythme de cette bulle ésotérique et psychédélique.
 
 
 
NEON INDIAN :: ERA EXTRANA
Fader
 
Disponible depuis le 10 octobre 2011
 
 
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