RENCONTRE AVEC MIKE MILLS

Mike Mills photographié par Laetitia Lopez pour Paulette

 






Dans Beginners, Ewan McGregor et Mélanie Laurent tombent amoureux, à Los Angeles. En parallèle de cette histoire de cœur, une histoire de vie, celle d’Oliver et de sa famille. 
Du mouvement gay à la mort, à l’amour et à la vie, il n’y a qu’un pas. Nous avons rencontré le réalisateur du film, Mike Mills, véritable artiste et reconnu mondialement pour ses clips musicaux, ses dessins de génie et son véritable regard sur le monde qui nous entoure, derrière sa caméra. 
 
Paulette : Qui êtes-vous Mike Mills ? 
Mike Mills : Qui suis-je ? Bonne question, je ne suis pas Oliver, le personnage principal de mon film, non. Mais il y a une part de moi en lui c’est sûr. En fait, je suis la dernière personne à savoir qui je suis. On passe notre temps à essayer d’être celui ou celle que l’on désire être mais souvent, ce sont les personnes qui nous entourent qui sont les mieux placées pour répondre à cette question. Dans le film, Oliver tente d’expliquer à son chien d’où il vient mais ça ne dit pas ce qu’il est, ce qu’il aime, ce qu’il adore… J’adore cette question au final, je me la pose souvent, mais je n’ai jamais la réponse parfaite. 
 
Dans Beginners, vous donnez un des rôles principaux à un chien… Il est formidable, très expressif avec ses grands yeux. Comment s’est déroulé le casting de cet acteur à poils courts ? 
De nombreux chiens sont venus chez moi. Durant plusieurs jours, je les ai vus "jouer". J’ai finalement retenu Cosmo, c’est le nom du chien du film. Il avait une coach française, Mathilde. Une femme merveilleuse avec laquelle l’animal était totalement naturel, simple. Cosmo est un chien adorable, c’est presque une personne. Il vous regarde droit dans les yeux, il saute sur vos genoux, il aime être beau lorsqu’on le filme… Ce côté généreux et véritable donne beaucoup de sens au film. 


Est-ce votre premier voyage à Paris ? Qu’est-ce que vous pensez de cette ville ? 

Non pas du tout ! J’ai plein d’amis français et je viens ici depuis très longtemps. J’ai réalisé plusieurs vidéo clips pour le groupe Air, qui sont des amis. Paris est une belle ville évidemment, surtout lorsque vous êtes Américain. Les Américains sont des grands fans de Paris… Je vis à Los Angeles et pour mes amis parisiens, c’est une ville incroyable parce que c’est l’opposé de Paris. Pas d’histoire, pas de nouveautés, un peu étrange, pas très jolie, mais ils se sentent extrêmement libres là-bas. Pour moi, c’est l’inverse ici, "Ah, est-ce que Rimbaud a marché ici ? Et là ?", "Est-ce que de grands hommes sont venus ici ?". C’est très excitant. Et j’adore Beaubourg plus que tout… Quel touriste je fais ! 
 
Qu’est-ce qui appartient à votre passé et qu’est-ce qui a été inventé ? 
C’est une drôle de combinaison entre une biographie, fiction et pas mal de rêves. Mes parents se sont mariés en 1955, ils sont restés ensemble 44 ans, mon père est finalement parti de la maison puis il est mort. C’était difficile de me souvenir de la vie de mon père, mais lorsque vous travaillez sur vos souvenirs, vous devez vous concentrer sur le passé. Mais les souvenirs s’effacent, se modifient, ils deviennent même parfois erronés. Ils sont curieux, bizarres, comme des rêves. C’est un peu de la nourriture émotionnelle. Pour en faire un film, tout est devenu fiction… Ce qui est plaisant, c’est de raconter une histoire à partir de ses souvenirs, comment étaient les gens à cette époque, qu’est-ce que c’était que d’être heureux en 1955… 
 
Beginners parle d’amour, de la vie, de la mort, du mouvement gay mais aussi de pas mal d’autres thèmes… Quel était le début de votre scénario ? 
Définitivement mon père ! Et les conversations que j’avais eues avec lui lorsqu’il était en vie. Des conversations surtout centrées sur l’amour et les relations entre les hommes, les femmes, mes propres amours, le vrai, le faux, l’amour véritable… Mon père homosexuel et moi-même avions des arguments très forts. Mon père hétérosexuel et moi-même étions polis l’un envers l’autre. Toutes ces conversations et d’un coup, c’était fini. C’était le début du scénario, de l’histoire… 


Ewan McGregor était votre choix de départ pour incarner Oliver ? 

Je ne pense pas de cette manière lorsque j’écris. Je ne suis pas un réalisateur puissant, directif, qui peut dire "je veux" lui ou elle. Je ne peux pas dire qu’Ewan McGregor était mon premier choix. Quand son nom m’a été proposé par l’agence de casting, je n’y croyais pas. Et puis il a lu le script… l’aimé et a voulu me rencontrer ! Là tu te dis : "C’est formidable mais on n’aura pas assez d’argent, il ne sera pas disponible pour le tournage…" Finalement, tu le rencontres et c’est quelqu’un d’adorable, de simple, de génial. Et pompom, il veut faire le film, peu importe l’argent. J’ai envie de croire aux miracles. 
 
Pendant le tournage, quelle était l’ambiance, la relation entre les acteurs et vous-même ?
C’était top ! Vous savez, j’aime réaliser, j’aime être le capitaine du bateau, j’adore les acteurs car la vie est bien plus excitante à leurs côtés, j’aime ce côté famille. Je suis, comme on pourrait le dire en anglais, "pig and shit". Ils étaient véritablement fabuleux. Ewan était comme mon meilleur ami, il a fait un boulot remarquable. On était tous en admiration devant Christopher – qui joue le père gay de 75 ans. On a commencé par filmer la partie dans la maison, l’histoire de Christopher, par ordre chronologique, de l’hôpital jusqu’à sa mort.

Après, on a pris une semaine d’arrêt, c’était le moment où j’ai rencontré Mélanie (Laurent), elle était une boule d’énergie, c’était incroyable de la rencontrer après ces scènes tristes. On a filmé la partie où ils se rencontrent à une soirée déguisée jusqu’à la scène de fin dans le lit, toujours par ordre chronologique. Ils ont beaucoup improvisé, ils se disaient "Tiens, tu peux faire ça et moi ça !". C’était drôle.


Quelles ont été vos inspirations pour le film ?

Pas mal de choses, un peu Woody Allen. J’ai écrit ce scénario il y a trois ou quatre ans, c’était une période de crise. Tout ce que j’aime est dans le film. Les livres de Kundera mais aussi l’excellente émission radio This American life, grande influence. J’aime aussi Sophie Calle, Christian Boltanski, ce type d’art m’a beaucoup influencé. Les films hongrois aussi, Fellini. J’aime Renais, Godard, Truffaut, l’histoire… 
 
Vous avez travaillé pour le groupe Air. Quels autres groupes français aimez-vous ? 
J’adore Aznavour, c’est un homme intéressant et il y a une connexion dans le film avec Charlie, un homme assez similaire, silencieux, calme. Bien sûr, je suis fan des Daft Punk. Après, je n’aime pas des groupes en particulier mais un ensemble, Serge Gainsbourg me plaît aussi bien sûr… 
 
Un mot à nos Paulette ? 
J’adore ce nom Paulette ! Je connaissais une Paulette et mon père s’appelait Paul ! C’est génial. Quelle bonne idée d’appeler un magazine comme ça !
 
 
BEGINNERS :: MIKE MILLS
 
Avec Ewan McGregor et Mélanie Laurent
 
Sortie le 15 juin

Voir la bande-annonce

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"Avec quel groupe electro français Mike Mills a-t-il collaboré ?"

Les 2 premières bonnes réponses dans les commentaires remportent 
2 livres Drawing from the film Beginners de Mike Mills (éditions Damiani) !






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