RENCONTRE AVEC METRONOMY

Photos, Phil Sharp

Sephora a rencontré Joseph Mount du groupe Metronomy juste avant leur concert à Bordeaux, le 22 mai dernier.
 
Le dernier opus de Metronomy, The English Riviera, tire son inspiration du Devon, région natale de son leader Joseph Mount et évocation de souvenirs d’une adolescence passée sur la plage, entre amis.

Cet album à la beauté subtile, plus aéré que les précédents Nights Out et l’instrumental Pip Paine, sans doute en raison de la nouvelle composition du groupe (Anna Prior à la batterie et Gbenga Adelekan à la basse), se place entre joie et mélancolie, simplicité et spleen. Le talentueux Joseph Mount y utilise encore les bases de sa musique dancefloor, désormais teintée de groove et de funk ; la voix d’Anna Prior apportant une teinte résolument plus pop et teenage.

Le premier titre ouvrant The English Riviera nous entraîne dans un espace hors du temps, fait de pop épurée et de synthés rétro futuristes 8-bit ; le kitsch étant manié avec tact. Cet album est définitivement composé pour danser comme pour rêver et il est certain que Corinne sera le tube de l’été avec ses chœurs répétés "She just wants to dance all the time".


Paulette : Que faisiez-vous avant Metronomy ?
Joseph Mount : J’étais étudiant à l’Université mais j’ai vite arrêté car ça coûtait trop cher. Oscar travaillait dans la restauration, Gbenga était étudiant et Anna a toujours fait de la batterie dans d’autres groupes.
 
Quand as-tu commencé la musique et pourquoi ?
J’ai appris la batterie vers l’âge de dix ans. J’ai rejoint des groupes à partir de mes quinze ans, fin collège, jusqu’à la fin du lycée. On faisait plus des reprises que de vraies compo. C’était du genre Radiohead, ou d’autres groupes anglo-saxons. Faire de la musique est ce que j’aime le plus au monde.
 
As-tu pensé arrêter Metronomy après la crise qu’a traversée le groupe en 2008 ?
Pas vraiment. On avait une tournée prévue aux États-Unis et en Australie, ça aurait été compliqué si ça n’avait pas marché mais on a géré les coups durs.
 
Comment s’est passé le recrutement des deux nouveaux membres ?
C’était simple. Je connais Anna depuis pas mal d’années. Je l’ai toujours considérée comme une super batteuse. Il était impossible que je ne la recrute pas. Et puis Gbenga était un ami d’ami. On ne se connaissait pas très bien mais le courant est passé vite entre nous quatre. On a été très chanceux. Il a fallu qu’on se mette au diapason en deux mois à peine.


 
Ton troisième album a été enregistré dans un vrai studio. Pourquoi un tel changement ?
Le changement a été graduel. Depuis Nights Out, le home studio ne me plaisait plus vraiment. Je ne voulais plus faire d’autres enregistrements chez moi. J’ai adoré enregistrer en studio, essayer de nouvelles choses… On se teste. Je n’avais pas envie de faire du lo-fi (low fidelity, en opposition à high fidelity, hi-fi ndlr.). C’est plus chaud et plus sympa.
 
Pourquoi avoir choisi d’éditer l’album en vinyle ?
C’est une combinaison de plusieurs choses. Ce qui est triste c’est l’incitation au téléchargement illégal. Les gens n’ont plus envie d’acheter d’albums physiques. C’est tellement simple de choper les chansons en format mp3 sur le net… Gratos. Nous, avec le label, on a voulu redonner aux gens le goût de l’œuvre en physique. C’est-à-dire qu’on a pressé notre vinyle, on a glissé dans la pochette les paroles, un poster… Et on y a ajouté le CD, plus facile pour récupérer les pistes mp3, et plus pratique à transporter avec soi.
 
D’ailleurs, qui a réalisé cette pochette ?
C’est le défunt John Gorham. Sa veuve nous a autorisés à emprunter un visuel qu’il avait réalisé dans les années 80 pour la pochette. L’album vinyle contient un poster 30×30 cm du même visuel.
 
Qu’aimerais-tu dire aux fans déçus par ce nouvel album ?
Ça dépend, si ce sont des fans de Nights Out, alors qu’ils attendent le prochain album, peut-être l’aimeront-ils ! Moi, j’avais besoin de changer de registre. Parce que c’est toujours décevant de refaire un truc déjà entendu. L’important c’est d’innover.
   
Comment vous préparez-vous avant un concert ? Alcool, drogues, relaxation ?
(Rires) Les trois ! Non, on n’est pas tellement un groupe de drogués. On n’a pas non plus de routine. On essaie de se préparer comme on peut, sans trop de stress…

À ce jour, quel a été le meilleur concert de Metronomy selon toi ?
Il y en a eu énormément. Pour cette tournée en Europe, c’est la première fois que toutes nos dates sont complètes en si peu de temps. C’est incroyable. En général, les concerts que l’on fait sont géniaux grâce au public, à Paris par exemple on a vraiment fait des concerts dingues.
 
Qui est la Corinne qui donne son titre à une chanson de l’album ?
Elle n’est personne, en fait. J’adore les chansons qui ont en titre des prénoms féminins. C’est bien un prénom français ? Je ne sais pas s’il y a beaucoup de Corinne en France…

Ta petite amie est parisienne ?
Oui (dit-il en français).

 


METRONOMY :: THE ENGLISH RIVIERA
Because Music

Disponible depuis le 11 avril

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Retrouvez Metronomy sur scène :
5 juillet – Festival Days Off à la Cité de la musique, Paris

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