RENCONTRE AVEC HERMAN DÜNE

Photo par Estelle Hanania











Cinq ans après le succès de leur album Giant, trois après celui plus mitigé de Next Year In Zion, Herman Düne est de retour avec Strange Moosic.

Toujours la même recette : une voix un brin nasale, des mélodies accrocheuses, tantôt joyeuses tantôt mélancoliques que l’on reconnaîtrait entre mille. Et si c’était tout simplement cela la raison de la longévité d’Herman Düne, des chansons qui nous donnent toujours l’impression d’une certaine familiarité dès la première écoute ? Paulette a mené l’enquête pour tenter de percer le mystère.



















Paulette : Trois ans c’est long, surtout après une cadence assez soutenue entre vos précédents albums. Etait-ce une pause nécessaire après le départ d’André, l’un des membres du groupe ?
David : On a voulu prendre notre temps pour faire ce nouveau disque. On s’est dit qu’on le ferait seulement quand on en ressentirait vraiment le besoin. On ne voulait pas entrer dans la routine et faire un album par an.
 
Cet album semble plus naturel, plus dépouillé que les précédents, est-ce un retour à l’essentiel ?
David : Avec Herman Düne on ne fait pas de retour, on va toujours vers l’avant (rires) ! On a fait cet album sans penser aux précédents.
 
Il y a quelque chose dans votre voix et dans vos paroles de mélancolique, voire nostalgique. D’où tirez-vous cela ?
David : Ce qui est cool quand tu écris c’est qu’il n’y a pas de règles, à part les règles de l’écriture elle-même. Tu peux donc raconter ce que tu veux, rêver, inventer, te révéler sans te révéler… C’est un exercice artistique qui n’a pas de limite.
 
Ce qui est amusant chez vous c’est qu’à chaque fois on a l’impression de connaître vos chansons, telle une madeleine de Proust. Est-ce quelque chose que vous recherchez ?
David : Comme dit souvent Néman, on ne recherche pas à créer un renversement, c’est-à-dire quelque chose qui va forcément surprendre. La surprise c’est bien mais, ce qui est mieux, c’est de faire quelque chose que l’on peut écouter longtemps. Et pour moi, ce que l’on peut écouter longtemps, c’est une chanson bien écrite. 
Néman : On ne veut pas rendre nos chansons évidentes mais on ne cherche pas non plus à faire quelque chose de bizarre. D’où peut-être cette impression de déjà-entendu, de familiarité. 
 

Pour beaucoup, vous êtes les représentants de la folk hexagonale, comment le vivez-vous ? Où vous situez-vous sur la scène musicale française ?
David : Disons que notre intérêt n’a jamais été dans un seul pays donc ça nous est égal la réputation qu’on puisse avoir dans un pays en particulier. On a toujours aimé voyager, jouer dans autant d’endroits que l’on pouvait. Notre musique nous a conduits à travers l’Europe, et le monde maintenant, et on en est très heureux ! 
Néman : Dans les pays anglo-saxons ou en Amérique, il y a tellement d’autres groupes qui font la même chose que nous qu’au final on fait partie d’une grande masse. Je crois qu’on est davantage habitués à ça qu’à être représentatif de quelque chose.
 
Justement, que l’on vous catégorise en folk, cela vous convient ou pas ?
David : On s’y est habitué mais on n’aime pas trop que le champ de la description de notre musique soit réduit… Plus c’est large, plus on est contents ! "Musique" serait le meilleur terme et ensuite "rock’n’roll".
Néman : Oui, on n’est pas spécialement fiers d’être affiliés.
David : Et puis surtout, on fait ce qu’on veut ! Ce serait bête d’accepter des étiquettes en sachant qu’on peut changer d’avis ou d’instruments.


Il n’y a pas longtemps, vous avez collaboré avec la marque April 77, comment cela s’est-il fait ?
David : Au début, je recherchais des habits qui n’utilisaient pas de produit animaux car Néman et moi sommes végétariens. Un jour, je suis allé à un concert des Rolling Stones où Ronnie Wood, le guitariste, avait une veste qui ressemblait à un perfecto mais qui n’était pas en cuir… J’étais très curieux, je voulais savoir quelle marque avait fait ça. Il s’est trouvé que c’était une marque française, April 77, et voilà comment on en est arrivé à collaborer avec elle. Elle a un style qui nous plaît, un peu rock’n’roll et elle respecte les animaux.


Votre premier single s’intitule "Something I Don’t Know" et dans le clip qui l’illustre vous avez fait appel à l’acteur Jon Hamm, allias Don Draper dans Mad Men, pourquoi ?
David : On adore son jeu donc on lui a demandé et il a dit oui ! Jon Hamm a super bien joué, il était très sympa et nous a même encouragés. On est vraiment contents de ce clip, on le trouve très beau. 
 
Une dédicace à Paulette ?
David : D’habitude c’est Néman qui fait ça… (A Néman 🙂 Tu es en train de chercher ou tu attends que je m’y colle ?   
Néman : Entre le piment d’espelette et Paulette il y’a un phénomène rigolo, le piment d’EsPaulette !

HERMAN DÜNE :: STRANGE MOOSIC
Green United Music 

Myspace

Concerts :
24/08 : Les Sables d’Olonne
26/08 : Rock en Seine, Paris
15/09 : Nantes

 

 



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