RENCONTRE AVEC EMA, STREET ARTIST

Photos, Florence Blanchard
 
Elle passe sans transition du mur à la toile. La street artist Ema (Florence Blanchard à l’état civil) n’a pas choisi l’un ou l’autre : elle fait les deux. Cette précoce du graffiti (premiers états de service à l’âge de 14 ans) s’est émancipée, au fil des années, de la bombe.

Aujourd’hui, elle fait de la toile et continue à orner les murs de ses dropmen, personnages en forme de goutte inspirés de l’univers rockabilly. La Galerie Rue de Beauce présente du 02 avril au 10 mai ses derniers travaux. Rencontre.

 

Paulette : Tu es l’une des pionnières du graffiti féminin français. En plus d’être pionnière, tu étais précoce. Comment as-tu découvert le graf ?
Ema : J’avais 14 ans. À l’époque, je dessinais beaucoup. J’ai été interpellée par les dessins d’un garçon de ma classe qui faisait du graffiti. J’ai voulu faire la même chose. Je me suis documentée, entraînée sur papier, et je me suis lancée à la bombe sur les murs d’un canal qui était recouvert de graffitis.  
 


Comment s’est passé le passage du graffiti au street art ?
À New York [où elle a vécu 10 ans ndlr] j’ai rencontré beaucoup d’artistes, ce qui m’a poussé à explorer d’autres horizons. J’ai fait de la breakdance, du montage, et de la recherche. La rue est certes un élément essentiel de ma pratique actuelle mais elle n’en est qu’une facette. Je passe beaucoup de temps, dans mon atelier, à travailler sur des installations ou sur toile et papier.
 
Parle-nous des travaux que tu as choisi de montrer dans cette expo…
Il s’agit principalement d’encres sur papier et de sérigraphies. J’y présente une installation, une série originale de Dropmen qui ont été collés dans la rue l’année dernière. Mes encres sont composées d’éléments figuratifs évoluant dans un décor abstrait graphique. Chacune raconte une histoire plus ou moins inspirée de mes expériences personnelles. De nombreuses influences se mêlent : hip hop, art déco et science-fiction.
 

À quoi fait référence "Ephemera", le titre de l’expo ?
En Anglais, "ephemera" se traduit par "littérature éphémère" et correspond aux visuels imprimés pour ne pas durer comme les affiches, les flyers de concert et de cinéma. J’ai voulu évoquer cette culture notamment la période psychédélique, dont les visuels ont souvent été réutilisés aux débuts du graffiti et dans la BD des années 70. "Ephemera" est aussi un clin d’œil au temps qui passe. Ma pratique de l’art est directement liée à l’expérience et à la documentation de cette expérience. 
 
Photo, Noki

> Infos pratiques
Galerie Rue de Beauce, 3 rue de Beauce, 75 003 Paris.
Du 2 avril au 10 mai sur RDV.
Contact : 06 20 17 00 34.
 
 
Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *