RECETTE FRATERNELLE

Ma sœur et moi sommes comme l’iceberg et le Titanic. L’un(e) sans l’autre l’histoire n’a pas lieu d’exister mais ensemble, ça fait des dégâts.


Binômes à la vie comme sur le dance-floor, inséparables mais ennemies par moment, amoureuses de la relation que l’on entretient mais dépitées des conséquences de cette fusion lorsque ça va trop loin.

Ma frangine et moi sommes autant différentes que jumelles de cœur. Elle est aussi cartésienne que je suis rêveuse et irrationnelle, elle est comme Saint Thomas et ne croit que ce qu’elle voit, moi je crois tout (surtout ce que je ne vois pas), elle est autant méfiante que je suis naïve. Nous  sommes diamétralement opposées mais à chacun de nos sommets, on parvient toujours à se retrouver.
Il ne se passe pas 24 heures sans que l’on ne s’appelle, se textote, se tweete, se voit, s’engueule, s’insulte, se réconcilie. Nos différences nous rapprochent et nous sommes les reines du paradoxe  mais on se complète et Laurel&Hardy, Stone&Charden ou même Tango&Cash n’ont qu’à bien se tenir !
 
Une complicité sans borne, des fous rires quotidiens, quelques conversations houleuses, un amour sans faille et beaucoup de patience voilà la recette d’une relation fraternelle réussie.
Bien sûr, on se chamaille, on s’asticote, on se tire les cheveux, on se pique nos fringues et on se fout la te-hon sur les réseaux sociaux par le biais de photos de nous mômes, à poil dans la douche, ou en mode "ado" (acné, appareil dentaire, blouson DDP et Buffalo aux pieds) mais la base de cette relation si fusionnelle et puissante est la communication. Crever l’abcès quand c’est tendu du bulbe, il n’y a que ça de vrai aussi infecte soit l’expression.
 
Puis, il y a quelque chose que l’on a en commun c’est la joie de vivre et l’humour. Oui, on rit de tout, tout le temps et sans répit et tant pis si ça ne plait pas à tout le monde. Humour glauque bonjour, âmes sensibles s’abstenir. En gros, on aime ou on déteste les sœurs tatouées mais une chose est sûre, on sait qui elles sont.
 
Nos mecs s’adaptent à la situation. Ils doivent faire leur place au sein de ce couple "fraternel" inébranlable. Tu prends ma sœur, tu me prends moi et vice-versa. Quand t’en prends une, t’en prends deux, réfléchis bien, ce n’est pas de tout repos.
 
Deux meufs à 2000 tous les jours, aussi drôles que râleuses, éternelles insatisfaites, toujours de nouveaux projets sportifs – pour la cartésienne – artistiques – pour l’autre qui s’envolent aussi vite qu’ils ne sont apparus, toujours désireuses de tester le nouveau bar hype du centre-ville, le méga salon vintage ou le dernier hammam du coin.
 
Il faut nous suivre, nous comprendre, nous supporter car à deux nous sommes un peu invincibles mais cette force que je puise chaque jour dans l’amour que me porte ma sœur, cette complicité à faire pâlir les jumelles Olsen, cette fierté que j’ai à parler d’elle à Gégé mon prof de body-pump ou Lola la vendeuse du joli coffee-shop rue Joseph Vernet me pousse tous les jours à entretenir cette histoire unique, à l’améliorer, à la chérir car comme dirait un célèbre écrivain québécois "L’amour fraternel est le plus durable. Il ressemble à la pierre précieuse qui résiste aux plus durs métaux et dont la valeur s’accroit avec les années" et s’il n’y a qu’un seul endroit où je me sente vraiment chez moi, c’est encore au chaud de son cœur.
 
>Retrouvez Elodie sur le blog http://chroniquesdunetatouee.blogspot.fr/


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