QUITTONS LE BUREAU AVEC WEEKEND AFFAIR !


Photos d’Elise Pype

WEEKEND AFFAIR, c’est l’histoire de deux passionnés, Cyril Debarge et Louis Aguilar, à Lille. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils déchirent tout avec une musique envoûtante et drainante…  
 
Paulette : Comment s’est formé votre groupe WEEKEND AFFAIR ?
Cyril : On s’est rencontrés à Lille. On s’est croisé un certain nombre de fois et un jour, Louis est parti aux États-Unis. C’était le début de la fonction chat sur Facebook. Je vois ‘Louis Aguilar connecté’ et à ce moment là m’a écrit : "Eh dis donc, vachement bien ce que tu fais en électronique". Et moi j’ai répondu : "J’en profite pour te dire que c’est vachement bien ce que tu fais toi aussi avec ta guitare". C’est ça, la première fois. Je ne me trompe pas Louis ?
Louis : C’est exactement ça !
Cyril : Louis est resté aux États-Unis pendant un an.
Louis : Oui, un an, j’ai trouvé une bourse pour aller à la fac là-bas. C’était plus un prétexte pour partir, j’étais dans le Missouri, en pleine campagne.
Cyril : Et quand il est rentré, on a commencé à boire quelques bières. De mon côté, je produis beaucoup de choses. Un jour, j’avais pas mal de morceaux qui manquaient de bons textes, d’une bonne voix, d’un bon flow. Je me suis dit à ce moment-là, tiens ça va peut-être intéresser Louis. Ça s’est fait après une paire de bière, un peu alcoolisés. J’ai envoyé des sons à Louis, il a fait sa sélection, il m’a dit ses préférences et très rapidement, il a envoyé des paroles, des harmonies et ça a fonctionné instantanément. C’était spontané.
Louis : Soit c’est spontané, soit ça n’arrive pas. Sur un morceau, si ça vient tant mieux, sinon on passe tout de suite à autre chose.

 
Louis, qu’est-ce que tu connaissais de Cyril avant de commencer à bosser avec lui ? On le connaît, chez Paulette, comme membre du groupe We Are Enfant Terrible…  
Louis : C’est un personnage assez connu sur Lille tu sais ! Tous les pokers guitares… C’est comme ça que je t’ai connu Cyril, il faisait du Air Guitare. Il a même été champion Nord-Pas-de-Calais !
Cyril : Oui, j’ai d’ailleurs gagné une Gibson !
Louis : On allait toujours dans le même café, on se croisait souvent. Quand je suis revenu des États-Unis, j’ai travaillé dans ce café. Du coup, on se croisait encore plus. Et un soir, je faisais un concert là-bas, pour une association. Cyril était là, je l’ai forcé à jouer de la batterie, il n’y avait pas de batteur, tout le monde en chercher un… Du coup, je l’ai balancé, "Regardez, il y a LUI !". Il m’a fait beaucoup rire.
Cyril : Il a commencé à chanter et je me suis rappelé Ô combien il avait une belle voix…
 
Quand as-tu commencé à chanter Louis ?
Louis : J’ai commencé à chanter au lycée. Au début, c’était du n’importe quoi, j’enregistrais des trucs à l’arrache, plus dans une veine anti folk. Ça a finalement pris un peu d’ampleur, j’ai évolué. À la fin du lycée, je me suis rendu compte que je n’avais pas vraiment de chemin scolaire qui me plaisait plus que ça, les concerts me prenaient de plus en plus de temps. Du coup, j’ai décidé de ne faire à peu près que ça…
 
Et toi Cyril, quand as-tu commencé à toucher des synthés ?
Cyril : Je ne me suis jamais dit que la musique, c’était pour moi. Mon père m’a inscrit au solfège, j’avais 5 ans. C’est une sorte d’intégriste – le mot est peut-être trop fort – mais il est passionné par la musique. Il voulait en plus de l’éducation classique, scolaire, semer la graine de la musique en nous. Je me souviens m’être inscrit au concours de guitare à l’école de musique, on m’avait renvoyé ma feuille en me disant : Désolé, il n’y a pas de guitare. J’ai dit : "Très bien, je vais faire de la batterie". On m’a répondu qu’il n’y avait pas de batterie non plus mais des percussions. Je me suis donc mis aux timbales, aux xylophones, vibraphones… J’ai quand même eu une sensibilité à la mélodie, à l’harmonisation. J’ai fait ça jusqu’à mes 18 ans, longtemps quoi. Et mon père me disait toujours que la musique devait toujours rester une passion. Je me suis toujours dit que la musique, c’est plus sympa si c’est elle qui te choisit et pas le contraire. Parfois, tu vois des gens qui se lancent dans la musique mais qui n’arrivent pas à s’en sortir, ils en viennent à détester leur passion. Je pense à plein de gens, ils ont un talent incroyable, ils viennent du conservatoire de jazz, ils assurent grave et ils ont pris cette voix difficile. Ils finissent dans des écoles, profs, ils sont tristes. Et quand je me suis rappelé de mes profs de solfège, je me suis dit que ces gens-là, pas tous bien sûr, mais ils sont déçus de la vie. Alors je me suis positionné différemment, je ne voulais pas être déçu aussi. J’ai commencé à faire des Lille-Berlin, Berlin-Lille… Lille-Moscou, Moscou-Lille… J’étais heureux !
 

Qui dit bureau, dit "Je passe ma semaine en attendant le week-end"


Vous êtes tous les deux passionnés, la musique vous a choisi plus que le contraire… Vous nous racontez l’aventure WEEKEND AFFAIR ?
Louis : On est parti sur un thème pour le groupe : le bureau. On s’est dit, qu’est-ce qui correspond à ce thème ? Qu’est-ce qui nous correspond le plus ? On ne voulait pas faire The Office non plus. Le groupe, c’est finalement deux personnes qui ont un autre groupe à côté, une sorte de side project. C’est une relation extraconjugale entre deux collègues. Qui dit bureau, dit "Je passe ma semaine en attendant le week-end". En gros, on passait la semaine dans nos groupes respectifs pour mieux se retrouver le week-end…
 
Vous fonctionnez comme un couple ?
Louis : Disons qu’on vit une très forte relation. 
Cyril : Artistiquement, on vit un véritable amour. On peut dire ça. Peut-être qu’un jour, dans une beuverie incroyable…
Louis : On couchera ensemble !
Cyril : Ça va arriver un de ces quatre.
Louis : À Vegas !
Cyril : Je nous le souhaite, surtout à Vegas !
 
Sans transition, comment avez-vous travaillé votre communication, vos visuels ?
Cyril : On est dans une démarche où l’on fait beaucoup de choses par nous-mêmes, on aime bien mettre les mains à tous les étages. Ça serait malheureux si quelqu’un devait décider pour nous, ça arrive parfois. On s’investit vachement. On avait trouvé le nom du groupe, WEEKEND AFFAIR. Dans la chambre d’amis de la maison des parents de Louis, il y a ce papier peint, les palmiers, celui de la pochette. On s’est dit, allez hop, chemise blanche, pantalon noir, on se prend en photos. On a mis le flash à fond, avec une télécommande et hop, soixante photos. Mais seulement une photo racontait quelque chose, la préparation avant un concert, une sorte de flou.

 
C’est important pour vous d’avoir un style, d’être bien habillé sur scène ou dans la vie quotidienne ?
Cyril : Au-delà de la musique, j’aime bien rêver en voyant un concert. J’aime bien me dire, « Ah, ces mecs-là ils sont soit fous, soit class, soit crades… ». J’aime bien que la personnalité des gens qui font de la musique ressorte dans leurs attitudes, leur présentation physique… On a un costard, pantalon noir, gilet gris, chemise blanche pour le côté bureau. Ensuite, on a des attitudes sur scène que l’on a depuis toujours. Je suis un peu fou, épileptique. Louis, il est plus calme, un peu crooner. On est complémentaires !
Louis : C’était notre défi au début, Cyril est à la base derrière une batterie, moi à la base je suis derrière une guitare. Du coup, on n’a plus la même perception aujourd’hui, que faire de nos bras par exemple ? Les petits costumes nous aident.
Cyril : On s’est mis artistiquement en danger avec des instruments qui ne sont pas les nôtres au départ. Ça nous a fait du bien, ça élargit ta palette de création, c’est cool.
 
Qu’est-ce qui vous motive au quotidien ? Quel est votre crédo ?
Louis : Je pense qu’il faut faire les trucs en vrai. Je fais ça pour mon plaisir mais je ne prendrais pas autant de plaisir si je le faisais à moitié. Je fais tout à fond. J’aime bien raconter des histoires. C’est mon côté folk qui fait ça.
Cyril : J’aime bien explorer, quelque soit le sujet, la photo, la musique. J’aime aller aux extrémités de certains univers. Faire des choses plutôt difficiles d’accès ou au contraire, viser le populaire. J’aime la différence, aller plus loin que ses propres références. Ça marche dans tous les domaines, pareil pour la vidéo. Mon crédo, c’est de m’aventurer.

Si Franck Sinatra chantait des chansons paillardes, ça me ferait rire.
 
Quelles sont vos influences pour composer, écrire, jouer ?
Cyril : Je suis influencé par tout ce qui me saisit. Ça peut être un procédé technique, des fringues bien coupés, ou par exemple ma belle paire de chaussures (ndlr : des converses à poils de panthères). Le mélange des couleurs, des motifs. En cinéma, j’adore Michel Gondry. Les sujets traités sont sérieux mais avec distance dans la réalisation, les astuces.
Louis : J’aime bien avoir l’air sérieux, être très propre sur moi sans pour autant l’être. Par exemple, Adam Green, il chante comme un crooner, il a de belles mélodies mais les paroles, c’est du n’importe quoi du début à la fin ! J’aime les mélanges. C’est comme si Franck Sinatra chantait des chansons paillardes, ça me ferait rire. Les vrais personnages, les storytellers m’influencent, me passionnent, ceux qui racontent des histoires par des films, des textes, des chansons.

 
En toute honnête, est-ce que ce n’est pas de la folie aujourd’hui de sortir un album ?
Louis : C’est vrai que c’est compliqué mais il y a de nouvelles solutions. Maintenant, on est dans un système où tu dois tout savoir faire, c’est plus enrichissant mais ça demande plus de compétences. Tu ne sors plus d’albums aujourd’hui pour espérer le vendre à 3 millions d’exemplaires. 
Cyril : Il faut repenser l’économie de la musique. Pour WEEKEND AFFAIR par exemple, notre musique on l’a propose sur Youtube, sur Dailymotion, sur des plateformes d’écoute, Deezer, Spotify, et ça, ça ne génère pas du tout d’argent. Quand on fait notre budget, ce n’est pas dedans. Donc si tu n’as pas d’argent, il ne faut pas en dépenser trop. C’est là où certains se cassent les dents. On fait tout à la maison, les disques, les photos, pas de dépenses mais ça reste de qualité car on s’investit totalement tous les deux, on dépense notre énergie.
Louis : Il y a 20 ou 30 ans, c’était possible d’attendre quelque chose de l’industrie, de percer comme on dit… Aujourd’hui, il vaut mieux construire dans son coin, petit à petit, jusqu’à être propulser plus loin.
 
C’est quoi l’avenir de WEEKEND AFFAIR ? Vos prochaines dates ?
Cyril : On va faire des concerts, on économise et on va sortir un beau vinyle. Face A, le premier EP et Face B, le second. Si vous n’aimez pas le premier, n’achetez pas le deuxième ! Rires.
 
Un petit mot aux Paulette ?
Cyril : Le petit mot de fin, les Paulette, c’est le FUN BUN. J’aimerais bien en avoir un…
Louis : Moi aussi…
Cyril : Je l’ai découvert chez Paulette, vous aviez fait un tutoriel sur Paulette, une sorte de palmier donut…
Louis et Cyril : On lance un appel aux filles, on aimerait vraiment vous voir à nos concerts avec cette coiffure !
Louis : On vous prend en photo les Paulette, avec cette coiffure ! Promis. On va créer un compte Instagram. Et sur Lille, n’hésitez pas à venir aussi nous voir avec cette coiffure et à nous en parler !
 
WEEKEND AFFAIR :: SWEET FACE
 

 
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