QUE SAVEZ-VOUS DE COSMICPOP ?

PAR ALEXANDRA DUMONT 

Découvrez les trois coups de coeur musique de Paulette !

© POLGARAPRODUCTIONS

Someone, Oh Rêverie !

Someone a l’étoffe d’une Lily Allen, mais refuse d’enfiler le costume de la pop star. Lorsque Tessa Rose Jackson compose ses premières chansons sous son nom propre, elle est incapable d’aller au bout. Trop intime, trop intense, elle est paralysée, de peur de concentrer tous les regards. L’Anglaise fait alors un pas de côté et s’efface derrière sa musique et son art, préservant son anonymat derrière le pseudonyme impersonnel de Someone. ORBIT est une visite virtuelle et immersive dans son univers en 3D. Le disque sort en même temps qu’une application, où chaque chanson se donne à voir à travers des formes qu’on peut manipuler. L’écoute n’est pas passive. Someone titille nos sens, nous invite à ralentir et provoque notre imagination. L’auditeur se rêve aventurier dans l’espace, touchant du doigt des constellations lointaines. Someone veut faire s’entrechoquer des planètes qui ne sont pas faites pour se rencontrer ; un peu comme les gens. L’analogie est touchante. 

Son nouvel EP ORBIT ([PIAS]) est déjà disponible. 

© JASMINE PASQUILL

Moon Duo, Space Oddity

Depuis 2012 et sept albums, le duo californien s’efforce de nous réconcilier avec l’Univers. Sur Occult Architecture vol.1et vol.2, Ripley Johnson et Sanae Yamada se baladaient entre les deux infinis. Avec le dernier, Stars Are the Light, ils achèvent leur quête céleste, en orbite. Ces deux voyageurs illuminés ouvrent des portes sur des mondes parallèles avec leur pop psyché sophistiquée qui fait bouger les corps. Les guitares de Johnson s’effacent derrière les synthés kitsch et scintillants de Yamada. Le couple nous invite dans une rave disco-funk d’inspiration 70’s, où l’on croise des terriens avec des antennes et des yeux globuleux qui ondulent jusqu’à l’aurore. La transe est un portail pour gagner l’Univers, toucher à l’infiniment grand, à la métaphysique, à l’abstrait, à la terre, à la chair. Le voyage vers les étoiles est à portée de corps et d’écoute. Sky is the limit.

Leur album Stars Are the Light (Sacred Bones Records/Differ-Ant) est déjà disponible.

© SARA SAEIDI

Lil Halima, pop angel

Lil Halima, née Lillian Halima Anderssen « au beau milieu d’une forêt », dit-elle, a grandi dans le grand nord de la Norvège. Les aurores boréales et les longues balades sur le mont Segla, sur l’île de Senja, ont transformé son quotidien en un rêve absolu. Au contact de la terre, elle a développé une synesthésie. L’artiste voit la musique en couleurs, et quand elle ne compose pas, elle peint : ses icônes, comme Tyler, The Creator, ou des autoportraits mystiques aux mille yeux. La Norvégienne, d’origine kenyane par son père, est sorcière et magicienne. Passionnée d’astrologie, elle écrit des horoscopes à ses heures perdues, et aime se faire tirer les cartes. Sa pop R’n’bisante est nourrie de ses heures sombres et ensoleillées. Brown Girl Diary, son troisième EP sorti en 2019, est le journal intime d’une femme forte qui se bat avec ses émotions et son identité métisse. Une réussite. 

Sa nouvelle mixtape Brown Girl Diary (Def Jam Recordings/Universal Music) est déjà disponible.

Article du numéro 46 « Dimensions »

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