QUAND ROME RENCONTRE UN ÉTERNEL INSTATISFAIT

Capitale italienne, Rome reste pour nombre de réalisateurs la belle insaisissable. Souvent effeuillée, cette ville aux milles facettes, devenue une véritable source d’inspiration, se dévoile sans jamais tomber le masque. D’une beauté rare, elle fait chavirer les cœurs avec l’élégance d’une grande dame. Une dame venue naturellement s’interposer comme protagoniste principal d’un cinéma populaire et talentueux.  

Riche plateau de tournage à ciel ouvert, Rome offre la possibilité d’une extravagance patrimoniale. Il n’y a qu’à faire un pas sur ses pavés pour en saisir l’ampleur, le nez en l’air chaque coin de rue réserve son lot de merveilles. Du Colysée au Foro Romano, de sa place du Capitole au Panthéon ou à la fontaine de Trévi, la ville regorge de vestiges, de nombreuses places, de galeries et de musées. Surprenante certes, Rome affiche également une ambiance inouïe au sein de chacun de ses quartiers. Du pain béni pour les cinéastes, peu souvent insensibles au charme de cette mine d’or culturelle.


 

La stimulante a ainsi vu naître et courir dans ses jupes des chefs d’œuvre du cinéma d’auteur. Des réalisateurs et des films devenus cultes pour toute une génération de spectateurs. Entre le péplum, le néo-réalisme et la comédie à l’italienne, Rome a toujours été à la fois spectatrice et actrice d’un cinéma de genres et d’hommes. Des toutes premières fictions venant ainsi inaugurer une certaine veine historique de son cinéma comme La presa di Roma (La Prise de Rome, en 1905) de Filoteo Alberini, à sa période fasciste qui influença avant sa chute la création des studios de Cinecittà en 1937, Rome a toujours été présente au centre de l’histoire et de l’industrie cinématographique italienne.


 

Une présence venue apporter économie et visibilité à cette cité du cinéma, qui a, en parallèle fait face à son attrait majeur, son inépuisable source d’inspiration pour les créatifs. De Roberto Rossellini avec Roma, città aperta (Rome, ville ouverte, en 1945), à Frederico Fellini avec La dolce vita (La Douceur de vivre, en 1960) ou Roma (en 1972), la ville est venue souligner de nombreux noms. Des noms dont on garde au final tous des images et des sonorités en tête, une multitude de talents venus s’essayer à façonner à leur manière la pierre brute de l’emblématique capitale. Tels que Vittorio De Sica avec Ladri di Biciclette (Le voleur de bicyclette, en 1948), Pier Paolo Pasolini (Mamma Roma, en 1962), Luchino Visconti avec Le guépard (Il Gattopardo, en 1963), Marco Ferreri avec L’Udienza (1971), Nanni Moretti avec Caro Diario (Journal intime, en 1993) et tant d’autres (Bellocchio, Antonioni…).

C’est donc sans étonnement que Woody Allen, grand amoureux des femmes et du cinéma italien, vient se pencher à son tour sur le sujet. Aujourd’hui en pleine crise et avec une jeune génération de cinéastes peu convaincante, Rome et le cinéma italien n’aurait pu espérer meilleur porte drapeau. Avec un titre de carte postale, To Rome With Love annonce la couleur et intervient juste après le plus grand succès commercial de l’auteur, Midnight in Paris (Minuit à Paris, en 2011). Ce qui laisse présager de bonnes retombées pour cette nouvelle capitale européenne à passer sous la mise en lumière de l’artiste presque octogénaire. Le plus new-yorkais et hyperactif des réalisateurs vient ainsi dresser avec fantaisie son pêle-mêle d’histoires et de destins entrecroisés sous fond d’hommages et d’amusement. Une chose est sûre, entre Woody Allen, le charmeur et Rome, la séductrice, ce nouveau film promet de faire des étincelles.

 
>Retrouvez Emilie sur son blog
To Rome With Love, de Woody Allen

Avec Penélope Cruz, Roberto Benigni,
Jesse Eisenberg, Ellen Page, Alec Baldwin
et Woody Allen

En salle le mercredi 4 juillet 2012
Voir la bande annonce

 
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