PUGGY TIRE LA LANGUE

Photo, Khuong Nguyen


Vous voulez une histoire ? Ils sont trois, chacun d’une nationalité différente (anglaise, française et suédoise) et pourtant, ils se présentent comme un groupe belge, allez comprendre…

La raison ? C’est le pays dans lequel ils se sont rencontrés. Sinon, Puggy, c’est également un groupe pop aux textes soignés et aux mélodies accrocheuses, sans pour autant prises de tête, à l’instar des membres qui le composent.

 
Paulette : Quand je vous ai googelisés, je suis tombée sur un chien qui a la langue la plus longue du monde, c’est quoi cette histoire ?
Matthew : C’est un chien qui nous a vraiment tous marqués, on est des grands admirateurs, on s’est dit que vivre avec une langue aussi longue ça doit être hyper dur, il faut donc être solidaires. C’est aussi une représentation de la société dans laquelle on vit ces temps-ci donc Puggy, ça nous tenait à cœur (rire général) !
Ziggy : Même si on s’est "battus" avec la propriétaire du chien.
Matthew : On a voulu acheter "Puggy.com" qui appartient à la propriétaire du chien, au Texas. On lui a envoyé un mail en lui disant qu’on était un groupe de musique nommé Puggy et qu’on aimerait avoir cette adresse, ce à quoi elle nous a répondu, dans un mail assez gentil, que son chien c’était tout pour elle… Donc on a longtemps cherché un tueur à gages sur le Texas qui aurait pu s’occuper de ce chien, sans compter qu’avec une langue pareille, il va bien se prendre la langue dans un truc c’est sûr (rires) !
Vous avez fait les premières parties d’Incubus et des Smashing Pumpkins, ce n’est pas un peu décalé par rapport à votre style plutôt gentils garçons ?
Matthew : Souvent les gens qui écoutent du "grindcore", du "death métal" et autres sont les plus ouverts d’esprit. Aussi, on tabasse plus sur scène, on est trois, on aime se donner au maximum, faire péter la sono ce qui donne une dynamique beaucoup plus forte aux morceaux.
 
On vous décrit comme un groupe pop, ça veut dire quoi pour vous ?
Romain : Ça veut tout et rien dire. Pour nous, une chanson de Nirvana c’est une chanson pop, mais si ça pète dans tous les sens, tu peux quand même la décomposer et ça devient un truc que n’importe qui pourrait chanter. Chacun peut nous catégoriser comme il veut.
Matthew : Cela dépend également de ce que les gens écoutent, de ce qu’ils ont envie d’entendre. Il y a de la soul dans Puggy, des moments plus rock, il y a beaucoup de choses sur ce disque. Maintenant, on assume la musique que l’on fait, on en est très fiers, c’est aux journalistes de nous cataloguer.
Dans vos chansons, il y a un vrai travail des paroles, ce qui est finalement assez rare dans la pop anglaise…
Matthew : Je ne suis pas du tout d’accord. En pop, généralement, le texte est extrêmement travaillé pour être esthétiquement agréable même s’il existe de la bonne et de la mauvaise pop… Ça me fait toujours rire les gens qui disent "c’est de la pop, c’est trop facile". Trouver des accords "bateau", écrire quelque chose de simple, c’est facile. Écrire quelque chose de simple, super efficace et très très beau, ça l’est déjà moins. Les Beatles ont écrit des morceaux avec trois accords, avec des paroles très simples, voire naïves. Dans la soul aussi, tu retrouves beaucoup de morceaux où il n’y a que des "je t’aime, je t’aime, je t’aime" et pourtant, ça parle aux gens. Quand on parle de pop, on peut aussi parler de tout ce qui est music hall d’antan des standards de jazz. Il y a une chose qu’on s’est dite très tôt, autant en live que sur notre disque, on ne veut pas se foutre de la gueule des gens. Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons car si tu choisis la voie de la facilité, tu te plantes. On essaie vraiment de faire quelque chose dans lequel on croit et donc les textes doivent également suivre.
 
C’est un manager anglais qui vous a découvert en Belgique et qui vous a d’abord programmé en Angleterre, ça fait quoi d’être d’abord connu à l’extérieur de son pays ?
Romain : Pour nous, c’était plus compliqué qu’autre chose parce qu’on ne trouvait rien en Belgique et quand on a eu l’opportunité de partir avec Serge (Sabahi, ndlr.), qui avait des contacts en Angleterre, on n’a pas vraiment eu le choix. Sur place, on a dû faire tout ce qu’on pouvait pour "survivre", la vie est chère en Angleterre.
Matthew : Donc c’était de la pizza-mayo pendant 3 mois, un grenier pas chauffé, on payait notre loyer en bière… On faisait tous les concerts crapuleux que tu peux imaginer, gratuits.
Romain : À un moment, on a failli signer avec un label américain. Finalement, on a dû rentrer en Belgique pour se ravitailler. Et quand on est revenus, les gens avaient entendu parler de nous et on a trouvé un petit label indépendant qui n’avait jamais fait de CD de sa vie et on a sorti notre premier album.
Et passer d’un label indépendant à une major (Mercury/Universal), ça fait quoi ?
Matthew : À une machine de guerre? (rires) Ça fait beaucoup de bien, on est vraiment avec des pros maintenant. 
Romain : On est chez Casablancas, un label créé pour nous. À l’origine, c’est un label de développement, ils n’ont pas les mêmes standards que Mercury mais ils ont les moyens de Mercury.
Matthew : C’est le meilleur des deux mondes. Et en plus, ça veut dire que les gros labels se disent qu’ils ont besoin de groupes pour le futur, d’investir dans le développement sinon dans dix ans on aura toujours Pagny, Calogero et toute la clique. Ils se disent qu’ils vont développer, dès leur début, des petits groupes, pour que sur ces 20 groupes il y en ait peut-être deux qui payent pour le reste. C’est devenu une nécessité, car la réalité c’est que les gens n’achètent plus de disques.
Romain : Ces maisons de disques pensent "indépendant", ça veut dire internet, blogs, démos. Tout notre album a d’abord été pré-enregistré sur un PC et quand ils nous ont dit "oui, là il y a quelque chose", c’est à ce moment-là qu’ils ont sorti l’argent et ont demandé quel studio on voulait, etc. Mais on a eu qu’une semaine pour enregistrer tout l’album. Donc c’est un indépendant-major.
Le titre de votre album, Something You Might Like, est-il une marque d’un certain flegme britannique ?
Matthew : C’était le titre d’un morceau qui parle de la première rencontre avec une civilisation extraterrestre puis tout part en vrille et ça finit très mal. En fait, c’est un copain qui trouvait que ça pourrait faire un super titre pour l’album, parce qu’il y a un côté auto-dérisoire qu’on affectionne tout particulièrement. Et surtout il y a le "might" propre à l’anglais, où tu t’excuses 80 fois quand tu parles, donc en réalité ça veut dire "quelque chose que vous pourriez éventuellement peut-être aimer".
C’est Mark Plati (David Bowie, The Cure, Alain Bashung, ndlr.) qui a mixé votre album, comment ça s’est fait ?
Matthew : Quand on a signé chez Casablancas, on leur a dit qu’il nous fallait un bon studio et un bon mixeur. On a demandé l’ICP à Bruxelles parce que c’est un excellent studio qui bosse pas mal avec Mark Plati. Nous, on y croyait pas, c’était intouchable pour nous. Finalement Mark a aimé les morceaux, il a commencé par "Something You Might Like" et il a dit "EPIIIIC !" On lui a donné les "guides lines" mais il n’a rien respecté (rires). À chaque fois, il nous envoyait pas mal de remixes pour qu’on voit, c’est vraiment un mec sympa qui voulait faire quelque chose qui pourrait nous plaire.
Vous avez joué au Bataclan il y a quelques jours, quels sont vos projets pour la suite ?
Ziggy : On va continuer à tourner et surtout on va jouer à l’Ancienne Belgique, on a vraiment hâte, il est déjà "sold out".
Matthew : C’est la salle où on est tous allés voir des concerts, c’est notre salle préférée en Belgique, c’est l’équivalent de votre Bataclan. Quand notre tourneur nous l’a annoncé, on en revenait pas ! On traite souvent notre tourneur de fou mais finalement il a raison.
 
Une dédicace pour Paulette ?
Matthew : Les costards à "éPaulettes", ça vous va très bien.
 
 
Nouveau clip, When You Know

 

 

PUGGY :: Something You Might Like
Casablanca/Mercury

CONCERTS

17/11 – Liège 
24/11 – Bruxelles
 
SITE

puggy.fr

  

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