PRISE DE TÊTE : FIX ME

Auto-portrait intimiste d’un réalisateur qui souffre de migraines chroniques et entreprend de filmer son analyse, Fix me embrasse la problématique palestinienne, à sa manière drôle et corrosive.
 
Raed a mal au crâne et ses céphalées le minent à tel point qu’il est incapable de se concentrer sur son travail. Plutôt que de continuer à se prendre la tête, il décide de la confier aux bons soins d’un thérapeute. Le verdict est sans appel : Raed est malade de la situation en Palestine. Se sentant otage dans son propre pays, le réalisateur n’aura de cesse de dire à son entourage familial et à son psy, qu’il n’aime pas être "mis dans une case". Un refus de catégorisation à prendre au sens littéral car, au fur et à mesure qu’on avance dans le film – en même temps que dans le processus analytique -, on découvre que le réalisateur a été emprisonné un an dans les geôles israéliennes, en raison de son activisme.
À cette expérience carcérale traumatisante répond l’incroyable liberté de ton du réalisateur qui n’hésite pas à dénoncer la politique d’occupation d’Israël. Il y a les échanges savoureux avec la sœur et la mère de Raed, sceptiques quant à la démarche de documenter "un mal de tête". Mais aussi, les discussions plus graves avec le neveu, lui-même militant, ou un ami électricien, atteint d’un cancer et qui a réchappé miraculeusement d’un lynchage à mort par les autorités israéliennes.
Cet élargissement du dispositif autocentré de l’analyse à l’entourage proche donne à ce qui aurait pu être un In Treatment palestinien, une envergure et une respiration bienvenues. D’une expérience vécue sur le mode individuel, Raed Andoni l’étend au collectif. Les témoignages se mêlent au sien pour stigmatiser une souffrance au quotidien.

La force de ce premier long métrage réside dans sa volonté affichée de résister à l’oppression, sans auto-apitoiement, mais avec humour et dignité. 
 
 

FIX ME :: Raed Andoni

avec Raed Andoni, Nasri Qumsia, Fathi Flefel

Date de sortie : 17 novembre


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