POURQUOI « BALANCE TON FRÈRE » N’EST AUTRE QU’UNE PREUVE DU SEXISME ORDINAIRE

Peu après le scandale Moha La Squale et #Balancetonrappeur, Angèle et Léna Simonne, sœur et copine de Roméo Elvis -lui aussi accusé, ont été harcelées sur les réseaux sociaux. Et non, ce n’est pas normal. 

Ces derniers jours, sur tous les réseaux sociaux et sous les photos d’Angèle, on a beaucoup retrouvé le commentaire : « Balance ton frère ». Référence au titre d’Angèle « Balance ton quoi », ce commentaire pose beaucoup problème. Déjà, parce qu’il n’est pas à vocation de dénonciation, mais bien écrit pour décrédibiliser Angèle, ouvertement féministe. Comme si elle était responsable des actes de son frère. Pardon ?

Des faits

Pour rappel, la semaine dernière, peu après le scandale Moha La Squale, un hashtag a été créé pour dénoncer les actes sexistes et agressions sexuelles commises par des rappeurs. Sous #Balancetonrappeur, plusieurs ont été accusés, notamment Jok’air ou encore Roméo Elvis. La jeune femme qui avait accusé le rappeur belge a d’ailleurs précisé son histoire sur StreetPress le 11 septembreIl l’aurait en réalité suivie dans une cabine d’essayage et touchée sans son consentement. 

Mais malgré les accusations qui accablent Roméo Elvis, beaucoup d’internautes ont réagi à contre-sens. Au lieu d’aller éduquer le présupposé agresseur, ils sont allés harceler Angèle, sa sœur, et Léna Simonne, sa compagne. 

…au sexisme ordinaire 

Déjà, apprendre que son frère ou son copain a agressé une femme, c’est assez choquant. Mais l’apprendre depuis les réseaux sociaux, cela en rajoute une couche niveau charge mentale. Alors qu’il aurait fallu compatir avec Léna Simonne et Angèle, qui, rappelons-le, n’ont aucune responsabilité concernant les actes de Roméo Elvis. Oui, oui, même si elles sont toutes les deux des personnalités publiques engagées dans le féminisme. Elles n’ont pas mérité ces humiliations.

Pour rappel, une personne féministe n’a pas toujours de pouvoir sur les pensées et les actes de sa famille ou de ses amis, ni l’influence dont elles rêveraient. On appelle ça l’utopie. Si on peut tenter d’éduquer ceux qui nous entourent, on est parfois impuissant face à leurs actes. Et quant il est question d’irrespect, de violence ou pire, d’agression sexuelle, notre sentiment de défaite se voit encore plus amplifié. Et là, recevoir des menaces et des reproches n’a jamais été aussi difficile à gérer.

Faire la morale OK, éduquer OUI mais harceler, non. Jamais.

Article de Clémence Bouquerod 

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