PORTFOLIO : MURAT YILDIRIM, POÉSIE SUSPENDUE

Découvrir l’univers graphique de Murat Yildirim, c’est comme ouvrir une pochette-surprise : on y trouve des textures, des objets et des formes inédites, mais surtout une ambiance singulière et poétique.

Il s'agit d'une des oeuvres de la collection "Stairs", qui donne l'impression d'être pris au piège de l'illusion et du paradoxe. On y voit des escaliers s'entremêler dans tous les sens, sur une pelouse rose pale.
Il s'agit d'une des oeuvres de la collection "Stairs", qui donne l'impression d'être pris au piège de l'illusion et du paradoxe. On y voit des escaliers s'entremêler dans tous les sens, sur une pelouse rose pale.

« Si je pouvais remonter le temps, je rêverais de travailler avec Rembrandt, mais comme c’est impossible, je continue de parler tout seul en travaillant. »

Directeur artistique et illustrateur digital originaire d’Istanbul, cet artiste se dévoile en toute simplicité, laissant transparaître une maîtrise totale de son médium et un intérêt prononcé pour la lumière. En effet, si les créations de Murat Yildirim voyagent autant sur la toile, c’est qu’il sait manier à la perfection les jeux de matières et rendre ses compositions uniques et déstabilisantes de réalité. S’inspirant de la nature et de ses changements, c’est la saison hivernale qui lui plaît le plus : « Je suis fasciné par les réactions naturelles produites par cette saison si particulière, et je travaille d’ailleurs beaucoup mieux en hiver. J’aime aussi m’inspirer d’atmosphères musicales ou d’ambiances visuelles précises. »

Nothingness est une série de peintures numériques 3D qui dépeignent des scénarios oniriques, explorant l'inattendu.
Nothingness est une série de peintures numériques 3D qui dépeignent des scénarios oniriques, explorant l'inattendu.

Murat Yildirim aime travailler dans un calme absolu, pour pouvoir se concentrer et se représenter mentalement ses premières scènes imaginaires : « Je commence par créer un monde visuel dans ma tête et j’imagine que je m’y promène, comme pour mieux m’imprégner de l’espace. Puis je passe au dessin, sur papier d’abord, et une fois mon univers assez complet, je travaille à l’ordinateur. » Ses œuvres en 3D donnent ensuite vie à des mondes originaux et surréalistes, à mi-chemin entre poésie et illusion. Jeux de gravité, animaux ou éléments naturels (nuages, plaines, océans), tous les ingrédients de ces compositions hantent d’abord son imagination avant de se transformer en tableaux digitaux ultraréalistes.

Oeuvre qui reprend La Joconde de De Vinci, mais avec des abstractions poilues rendent les pièces avec un nouveau style velu, leur donnant un air nouveau sans prendre leur essence et permettant aux spectateurs de reconnaître les peintures.
Oeuvre qui reprend La Joconde de De Vinci, mais avec des abstractions poilues rendent les pièces avec un nouveau style velu, leur donnant un air nouveau sans prendre leur essence et permettant aux spectateurs de reconnaître les peintures.

Ces scénettes, parfois très aseptisées, telles que celles de la série Journey, perdent le.la spectateur.rice entre représentations réalistes et visions oniriques. Lorsqu’on l’interroge sur sa création préférée, Murat explique : « Il y a plein de projets que j’adore, mais la série Furry Artworks est sans doute ma pièce maîtresse. Elle a d’ailleurs voyagé dans le monde entier pendant plusieurs mois, elle est passée sur diverses chaînes télévisées et a fait l’objet de sujets de thèses dans différentes écoles d’art. C’est incroyable. » Reprenant des œuvres des grands maîtres tels que Vincent Van Gogh, Salvador Dalí ou Léonard de Vinci, l’artiste a recomposé des tableaux classiques en fourrure. Le rendu est sidérant et on devine aisément les heures passées devant l’écran à dessiner chaque petit poil et à créer chaque nuance. Un illustrateur plein de délicatesse qui s’empare de sujets narratifs d’une façon déconcertante.

"Time". Cette oeuvre montre plusieurs horloges sur le sol, tandis qu'une horloge est, elle, clouée au mur.
"Time". Cette oeuvre montre plusieurs horloges sur le sol, tandis qu'une horloge est, elle, clouée au mur.
Oeuvre "The Blind". On y voit des bras blancs levés dans tous les sens.
Oeuvre "The Blind". On y voit des bras blancs levés dans tous les sens.
Il s'agit d'une des oeuvres de la collection "Stairs", qui donne l'impression d'être pris au piège de l'illusion et du paradoxe. On y voit des escaliers s'entremêler dans tous les sens, sur une pelouse rose pale.
Il s'agit d'une des oeuvres de la collection "Stairs", qui donne l'impression d'être pris au piège de l'illusion et du paradoxe. On y voit des escaliers s'entremêler dans tous les sens, sur une pelouse rose pale.
Il s'agit d'une des oeuvres de la collection "Stairs", qui donne l'impression d'être pris au piège de l'illusion et du paradoxe. On y voit des escaliers s'entremêler dans tous les sens, sur une pelouse rose pale.
Il s'agit d'une des oeuvres de la collection "Stairs", qui donne l'impression d'être pris au piège de l'illusion et du paradoxe. On y voit des escaliers s'entremêler dans tous les sens, sur une pelouse rose pale.

Article du numéro 50 « Rêver » par Susy Lapierre

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