PONI HOAX : « ON A MIS 4 ANS À FAIRE CET ALBUM »

Photos d’Alice Lemarin pour Paulette

Stéphanie a rencontré Nicolas Ker et Laurent Bardainne, la voix et la plume de l’excellent groupe français Poni Hoax, pour la sortie de leur album A State of War. 

 
Paulette : Est-ce que vous pouvez vous présenter ?
Nicolas Ker : J’ai tellement de mal à porter un jugement sur moi-même. Je peux dire que j’ai deux jambes, deux bras, voire une troisième jambe, mais ça ne se dit pas… 
Laurent Bardainne : Moi c’est Laurent, je fais du clavier et j’écris la musique de Poni Hoax, et voici Nicolas Ker, le chanteur.  
 

Vous sortez un nouvel album intitulé A State of War, pourquoi ce titre, c’est l’état de guerre ?
Nicolas Ker : La vie est un état de guerre. La paix est une exception.
Laurent Bardainne : C’est vrai qu’il y a plus de pays en état de guerre qu’en état de paix dans le monde. L’origine de l’album, c’est l’envie de parler de guerre. Et c’est même devenu un état de guerre de le finir. Il a fallu se battre énormément, avec la crise du marché du disque, ça devient très compliqué. Et je pense à tous ceux qui n’y arrivent pas, on a plein de copains qui sont dans ce cas là, c’est chaud. On a quand même mis quatre ans à faire ce disque, on l’a enregistré trois fois !
 

 

L’album a-t-il changé en 4 ans ? De quelle manière ?
Nicolas Ker : Ce n’est plus du tout le même !
Laurent Bardainne : Un peu quand même, on a gardé environ la moitié de la première mouture, Life in a new motion. J’ai compté. C’est le cas de nombreux groupes tu sais, écrire soixante chansons pour finalement n’en sortir que dix. Ce n’est pas exceptionnel. Là où on est vraiment contents, c’est de pouvoir sortir un disque maintenant alors que c’est devenu tellement compliqué. Les textes sont relativement sombres, la musique est à contre-pied plutôt lumineuse. Plus lumineuse que sur les albums précédents.
 
Nicolas Ker : C’est l’exemple de la soul, Marvin Gaye raconte de ces trucs sombres, alors que la soul finalement c’est très joyeux, on s’est inspirés de cette idée. Moi, j’adore le black métal, mais à part Mayhem qui est un groupe très particulier où ils se sont tous entretués, les mecs vivent des vies à côté où ils sont tous bios. Ils mangent bios, végétaliens et à côté ils racontent des conneries ! Quand tu parles vraiment de trucs dark, il vaut mieux faire des sons plus lumineux sinon tu deviens ouf. Les mecs ils hurlent mais font de la musculation toute la journée et ils mangent des graines. Après ils parlent de Satan et ils racontent n’importe quoi !

 
Et alors vous, vos vies, comment sont-elles à côté de la musique de Poni Hoax ?
Nicolas Ker : Ma vie est toujours chaotique, depuis un certain temps déjà. 
Laurent Bardainne : Sortir de son lit, ça peut être un combat… voire un état de guerre.Comme aujourd’hui par exemple. On a fêté notre premier concert de vendredi dernier dirons-nous. Au Transbordeur à Lyon, pour Les Nuits Zébrées de Nova, c’était bien… 
Nicolas Ker : On m’a lancé un vêtement, c’était la première fois de ma vie ! C’était un pull, j’avoue que j’aurais préféré une petite culotte mais bon… Faut bien commencer par quelque chose ! Ou alors une gaine de mamie, ça m’aurait plu. Ou une couche confiance… (Rires).
 
Si on parle de la scène, vous avez fait énormément de dates. Aujourd’hui, jusqu’où êtes-vous prêts à aller ?  
Nicolas Ker : Se mettre nu. Non je plaisante !
 
Laurent Bardainne : Là, on part en tournée, on va préparer un spectacle, on va pouvoir partir avec quelqu’un aux lumières, ce que l’on n’a jamais fait avant, ça sera basé sur les éclairages de la guerre. C’est complètement nouveau pour nous, on va préparer ça au mois de mars et on part en tournée. Et on va au ski avant aussi, à Chamonix, faire du ski et du rock.
 
Nicolas Ker : Je vais faire de la luge moi. Le ski, je risque de me casser une jambe !
 

 
Parlons des femmes, dans vos clips surtout. Un test de grossesse et une aiguille qui se balade sur le corps pour Antibodies (2007) et dans votre nouveau clip, c’est Les feux de l’amour avec des actrices nunuches. Pourquoi ces choix ?
Nicolas Ker : Elles ressemblent un peu à mon ex ! Elle pourrait jouer dans "Amour, Gloire et Beauté" sans problème.
 
Mais quelle image des femmes avez-vous ?
Nicolas Ker : J’adore les femmes, mais elles me tuent. Je préfère les femmes aux hommes, même à mes potes alors que je me marre avec eux. Vous êtes mystérieuses, vous êtes tarées. Enfin pas tarées, je ne vous comprends pas, ça m’intrigue. Je ne comprends pas comment raisonnent les femmes. Mais c’est ça que j’adore. Vous êtes des chats finalement. Moi je suis un ouaf ouaf, je suis un chien. Je mange ma gamelle, je fais ouaf ouaf quoi… Je cours après un ballon, voilà. Un chat c’est plus mystérieux, tu te dis "Qu’est-ce qui pense ?". Alors qu’un chien tu vois déjà les bulles au-dessus de sa tête. Ce n’est pas très complexe.
Laurent Bardainne : Les chats sont dans le cosmos. Tu ne sais jamais à quoi ils pensent… 
Nicolas Ker : Je vis quand même avec ma chatte depuis 10 ans et j’ai eu le temps de l’observer. Elle ne pense à rien en fait… Comme les femmes finalement ! 

 
Euh… Attention, je vais me fâcher !
Laurent Bardainne : Non mais on ne veut pas de propos misogynes, loin de là, on est vieux tu sais ! Deux de nos musiciens ont des enfants maintenant, j’ai halluciné l’autre jour dans le van, Nico commence à parler de Trotro, le petit âne, et la moitié des managers et des membres du groupe se sont alors mis à chanter la chanson de Trotro. Là tu te dis qu’on a passé un cap… 
Nicolas Ker : Un jour j’étais chez Arthur, le boss de notre label, et un matin je ne me suis pas réveillé, j’étais complètement bourré… et là, je vois son gamin de deux ans devant l’âne Trotro, donc moi je vais voir aussi, normal ! Et j’étais outré, l’âne Trotro, c’est quand même un bâtard !
Laurent Bardainne : Donc voilà, vous savez tout maintenant, dans le minibus on ne chante pas les Doors, on chante l’âne Trotro. Et ça, c’est un scoop.
 
Justement, est-ce que vous faites attention à votre image, dans les médias et sur internet ?
Nicolas Ker : Je suis toujours habillé dans la vie comme je suis sur les photos, je suis toujours pareil. Ça me fatigue d’aller au bal costumé. Je sais qu’il y a des gens qui adorent ça, je ne critique pas mais moi j’ai trop la flemme, je m’habille comme ça depuis mon adolescence. Alors voilà, que je sois sur scène, ou pour une séance photos, ou dans la vie, je suis le même, je ne change rien.
Laurent Bardainne : La promotion c’est important, tu sors un disque, tu as envie d’en parler, tu as envie de le vendre. Mais on n’est pas forcément un groupe de coquets.
Nicolas Ker : Depuis gamin, depuis que j’ai 16 ans, je n’ai jamais porté un t-shirt. C’est comme ça. La dernière fois que j’ai porté un jogging ou une paire de baskets, c’était en cours de gym en terminale. J’ai des règles assez strictes depuis longtemps.
 
Un mot aux Paulette ?
Laurent Bardainne : Ma mère s’appelle Colette donc entre le C et le P, il n’y a pas de différence énorme.
Nicolas Ker : J’aime les femmes, c’est ma politique. Et j’aime toutes les femmes, Paulette particulièrement.
 
PONI HOAX :: A STATE OF WAR
Pan European recording
Sortie le 25 mars
 
 
Concerts :
29/03 : Le Manege, Lorient
30/03 : Festival Panoramas, Morlaix
16/04 : Le Grand mix, Tourcoing
18/04 : Le Bataclan, Paris
 
 
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