PLANEZ AVEC BADEN BADEN


Photos d’Elodie Daguin pour Paulette

On les avait remarqués avec leur tout premier EP en 2009. Depuis, on avait trépigné d’impatience à l’idée de pouvoir écouter leur album. C’est désormais chose faite, Coline sort ce lundi dans les bacs (et Paulette est partenaire de la sortie !).
Rencontre avec Eric, Julien et Gabriel.
 
Paulette : L’EP est sorti en 2010, l’album sort aujourd’hui. Que s’est-il passé pendant ces deux années ?
Eric : On a pris tout notre temps. On n’avait pas d’autre impératif que d’être content des 12 titres que l’on présente. Et du coup, ça a mis 2 ans mais je ne sais pas si c’est long ou pas long.
 
Votre album est en tout cas très attendu…
Eric : Peut-être par toi ! (rires) Mais en tout cas on ne se met pas la pression. Mais maintenant que tu nous le dis…
 
Vous passez de l’anglais au français dans les textes avec une facilité déconcertante. Comment l’expliquez-vous ?
Eric : On a eu le sentiment que l’on pouvait se le permettre, donc on ne se l’est pas refusé. Après, moi depuis toujours, même avant le groupe, j’écrivais aussi bien en français qu’en anglais. On aime bien les deux, ce sont des écritures très différentes. Il y a des musiques, des ambiances qui conviennent naturellement dans chaque langue. L’écriture en français est peut-être plus difficile, on a moins de morceaux en français mais quand on y arrive, on est vraiment content. Mais ça étonne que l’on chante dans les deux langues.
Julien : ça peut sembler déroutant parce que du coup, on a un album qui est un peu hybride. Le choix de 2 langues est devenu quelque chose qui nous est propre. C’est quelque chose que l’on veut garder puisque c’est naturel dans l’une et dans l’autre langue.

 
Pourtant les chansons en anglais sonnent plus folk et les chansons en français plus pop. Qu’en pensez-vous ?
Eric : J’ai toujours du mal avec la signification des termes : folk, pop et ce que ça veut dire. Mais c’est vrai que les chansons en anglais et celle en français peuvent sonner différemment.
Julien : On n’a pas essayé de se mettre des contraintes sur des chansons, des tempos… On a surtout essayé de se faire plaisir.
 
Cet album est une invitation à la contemplation et à la rêverie. Baden baden est-il un groupe de rêveurs ?
Eric : Je suppose que notre musique doit aussi correspondre à nos caractères. On n’est pas un groupe expansif qui se jette dans la foule lors d’un concert. Après cela reste inconscient, on ne se dit pas que l’on va faire de la musique contemplative quand on commence une chanson. Mais c’est vrai qu’une fois l’album fini, on se retourne sur ce que l’on a fait et on est plutôt des calmes que des agités.
 
Pour rester dans le côté "contemplatif", qu’évoque le nom de l’album ?
Éric : Coline est un prénom qui revient plusieurs fois dans les textes. C’est une sorte de gimmick parce que d’abord la sonorité nous plaisait. De la même manière que nous n’avons jamais été à baden baden, on ne s’adresse pas directement à une Coline dans la vraie vie.
Sur notre premier EP ’78’, la chanson Alice ne s’adressait pas à une Alice en particulier. Souvent, c’est l’association de plusieurs personnes, le mélange de plusieurs histoires, futures, passées, réelles ou fantasmées. L’imaginaire a une part importante dans la musique et dans les textes sur cet album. Les textes et la musique invitent à une sorte de rêverie dans laquelle la réalité et le fantasme se mélangent. Les choses peuvent naître de façon très instinctive et prendre sens ensuite. Dans notre musique, il y a une part d’inconscient qui est toujours importante. Et on a envie que tout cela reste suffisamment ouvert pour que les gens qui écoutent se construisent leur propre interprétation. D’ailleurs entre nous, les choses se font comme ça. J’écris les textes et les autres ne me demandent que très rarement ce que tout cela veut exactement dire pour moi. Il y a sûrement un mélange de pudeur et d’imaginaire qui nous renvoie chacun à nos propres existences dans tout ça.
 
Vous vous êtes rencontrés via Myspace, comment cela s’est-il passé ?
Eric : Myspace ! On dirait un dinosaure qui continue de vivre !
Ca faisait très longtemps que je faisais de la musique, au départ tout seul. Je n’avais pas vraiment un entourage musical. Avec Myspace, ce qui était bien, c’était d’échanger avec des musiciens, rencontrer d’autres groupes, faire écouter sa musique et d’avoir des retours positifs ou négatifs. J’ai rencontré un groupe Roken is dodelijk, on a sympathisé. Du coup, on m’a proposé des concerts, j’ai cherché des musiciens et c’est via ce groupe que j’ai rencontré Julien. De fil en aiguilles, j’ai rencontré de plus en plus de musiciens, et le côté humain et amical a d’abord primé.
 
D’où vient le nom du groupe ?
Eric : Il vient d’Allemagne. On cherchait un nom de groupe, on était plus sur des noms de villes, je ne sais pas pourquoi. A un moment donné, l’un de nous a proposé baden baden. La sonorité nous a plu, il y a un côté phonétiquement marrant. Ensuite, on a trouvé toutes les bonnes raisons de s’appeler baden baden autres que la sonorité.
Gabriel : La redondance du mot baden était à l’époque originale. C’est doux et ça évoque plein de choses en même temps.
Julien : Aucun de nous n’est allé à baden baden. On ne sait même pas à quoi ressemble cette ville. On sait que les parents d’Eric y ont séjourné pendant un moment, on sait que c’est une ville flamande. Il y avait un coté mélancolique.
Eric : On a tous notre imaginaire. Mes parents y ont grandi. On a construit un fantasme sur baden baden sans jamais y avoir mis les pieds. Je ne sais pas si on ira là-bas un jour.
 
Une dédicace aux Paulette ?
En chœur : "Paulette est un prénom magnifique! On avait pensé à un moment appeler notre album Nicole. On a finalement opté pour un anagramme, Coline. On aime bien ces prénoms un peu désuets. Alors longue vie aux Paulette, aux Nicole et aux Coline!
 
 
BADEN BADEN :: COLINE
Naive
Dans les bacs le 2 octobre                              

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