PHOEBE JEAN IS MY LOVER

Photos, Chloe Nicosia

Phoebe Jean, leadeuse charismatique du groupe Phoebe Jean and The Air Force, vous fera danser tout l’été sur son tube : Day is Gone. Découvrez notre nouvelle égérie from Baltimore !

Paulette: Il paraît que tu es la nouvelle sensation “underground” de Baltimore. C’est bien ça ?
Phoebe : Oui, je suis de Baltimore. Les gens me décrivent tout le temps comme une chanteuse “underground”. Mais je ne suis toujours pas sûre de ce que veut dire ce terme. Je pense qu’ils veulent dire que je cherche à me cacher dans les ombres de la nuit. Je tâcherai de sortir au grand jour bientôt ! 

Comment es-tu devenue la chanteuse et performer que tu es aujourd’hui ?
Je n’ai pas toujours été chanteuse. J’ai fait énormément de choses dans ma vie, bien avant de faire de la musique et de la prendre  au sérieux. J’ai eu un paquet de petits boulots étranges, je me suis lancée dans la peinture, travaillé sur des films… J’ai aussi été serveuse dans un bar qui a finalement fermé. Le patron a décidé de se débarrasser du piano. Il m’en a fait cadeau, je l’ai installé à la maison et c’est ainsi que j’ai pris l’habitude de jouer quelques heures, tous les jours.
Au début, je jouais avec deux doigts seulement puis je suis parvenue à utiliser mes dix doigts ! C’est à peu près à ce moment-là que j’ai acquis ma première batterie MPC et que j’ai commencé à faire des beats dans ma chambre, juste pour danser. Je samplais de vieux vinyles du BMORE Club ou de la techno un peu cheloue que j’essayais de combiner avec le piano. Ce fut ma première initiation à la composition.
Puis j’ai rejoint secrètement un groupe punk un peu fou comme chanteuse. Je n’avais jamais chanté auparavant mais c’est avec ces trois garçons que j’ai pris confiance en moi. Après ça, j’ai voulu continuer en solo et jouer des instruments. J’ai commencé à mater des vidéos sur Youtube et quelques amis m’ont montré comme m’y prendre. J’apprenais énormément, j’étais affamée de savoir ! J’avais trouvé ma passion, ma source d’expression.

"JE M’HABILLE AUSSI BIEN EN MÉCANICIENNE QU’EN PORNO STAR !"

 

Est-ce que ton look est quelque chose d’important pour toi ? Et comment le définis-tu ?
Je pense effectivement que la mode est une des formes les plus divines, sacrées de l’art. Nous, êtres humains, sommes les seuls à avoir ce besoin de mode. Nous devons créer nos propres « outfits », contrairement aux animaux. Les vêtements assurent la médiation entre l’Humanité, et la terre. Ils ont toujours eu une grande importance pour moi. Chaque matin, je prends le temps de me créer une nouvelle tenue, qui va évoluer au cours de la journée. J’aime sentir que mon look m’aide à exister dans mon environnement. Les vêtements sont une sorte de langage, une maison, un véhicule qui nous permettent de voyager dans le futur. Je pense qu’il est possible de se transformer par le vêtement. En revanche, je ne prête pas beaucoup attention aux tendances, je porte les fringues que j’aime. J’essaie d’avoir plus confiance en moi, de m’amuser, d’explorer les différents personnages que j’ai en moi. Parfois je m’habille en cowboy, une autre fois en scientifique, ou bien très chic. Mais aussi en mécanicien de motocyclettes, en Prom Queen, en porno star ou en libraire studieuse ! La mode est une sorte de jeu d’enfant, on met des vêtements sans savoir trop pourquoi, comment… Pour le confort, pour faire tourner les têtes dans la rue…
Passer du temps à Paris a été une formidable leçon de style ! Les stéréotypes sont bien vrais, les Parisiens sont "motherfucking chic" ! C’est un truc vraiment unique. J’ai eu la chance de rencontrer pas mal de créateurs, de stylistes et des gens lambda qui prennent du plaisir à s’habiller avec beaucoup de goût et de dignité ! Mes amis parisiens m’ont beaucoup inspirée…
 
Heartbreakers, ton premier album donc, a été composé un peu partout dans le monde : Los Angeles, New York, Paris, Berlin… Quelle est la ville qui t’a le plus inspirée ?
Si j’ai composé l’album dans plein de lieux différents, Baltimore reste la ville la plus inspirante. C’est là que je suis née, que j’ai grandi, Baltimore coule dans mes veines. Mais chaque ville est une nouvelle amie en quelque sorte, qui m’apprend plein de choses, des trucs incroyables, que je n’aurais jamais imaginés. Le bien comme le mal peuvent t’arriver n’importe où, nuit et jour… C’est tout cela qui m’inspire, ma vie en fait !
 
"LA MUSIQUE EST LÀ OÙ LA DANSE COMMENCE."
 
Ta musique est très proche du hip hip. Est-ce que Baltimore est réputée en la matière ?
Baltimore est très riche, musicalement. La musique dominante, c’est le « club ». Ce style de musique est exporté dans le monde entier sous l’étiquette « BMORE Club », mais ici c’est juste de la musique « régulière », celle sur laquelle on danse, celle que l’on écoute en allumant la radio… Les gens de Baltimore adorent danser. Et quand je dis danser, j’entends « projeter » son corps et bouger, bouger, bouger jusqu’à mettre ses vêtements en lambeaux, jusqu’à te mettre dans des états extrêmes…
On a eu pas mal de mauvaises passes ici : pauvreté, criminalité, injustice… Danser permet de transformer tout ça en rage, une rage pour survivre, pour atteindre la guérison. Dès que je rentre à la maison, je fais la tournée des clubs. Je ne suis pas la meilleure sur le dancefloor mais regarder les autres danser m’inspire beaucoup. La musique est là où la danse commence.


 

 
"LES PARISIENS NE SONT PAS FACILES À ATTRAPER,
DONC DIFFICILES À OUBLIER."
Paris est-elle compatible avec ta musique?
J’ai la chance de voyager et de jouer dans le monde entier. Mais jouer à Paris était un peu spécial. Paris est vraiment dingue, avec un esprit si beau et à la fois tempétueux. D’une certaine manière, Paris me fait penser à Baltimore par sa brutalité, son mystère… Mais en même temps, c’est un monde à part. Le public français a beaucoup apprécié mon travail, il y a quelque chose dans mes chansons qui résonne en lui, et il m’a gracieusement offert son soutien. Je lui en suis très reconnaissante.
Je sais que les Parisiens sont parfois un peu coincés, que c’est mon job de les faire danser. Ils sont assez réservés par rapport aux autres publics mais ils sont en même temps très intelligents, généreux, ils sont finalement juste dans l’attente d’écouter de bonnes chansons pour bouger. Si ça n’est pas assez bons, ils préfèrent se relaxer et boire un verre de vin. Ils ne sont pas faciles à attrapper donc difficiles à oublier.
 
Quels sont les artistes qui t’inspirent le plus ?
Quand j’étais jeune, j’étais très inspirée par la Motown, Michael Jackson, Biggie Smalls, Wu Tang, la rave techno… Je n’ai pas vraiment de favoris, je m’inspire plutôt d’une partie du travail de pas mal d’artistes. Mais je trouve principalement l’inspiration dans le travail de mes amis. C’est en les regardant créer que je m’améliore.
 
Une dédicace pour finir ?
Je voudrais tout simplement remercier Paulette pour cette interview, j’attends avec impatience de te revoir cet automne quand je serai de retour en Europe pour une nouvelle tournée. Reste connectée, ma nouvelle vidéo devrait arriver durant l’été et écoute mon album que tu peux également acheter online ! Merci ! (ndlr, en français.)
 
HEARTBREAKERS
 
Lentonia Records
Disponible depuis le 4 juin                     
 
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