PHILIPPE UMINSKI, GRANDIOSE

Photo, Enzo Rachid Addi pour Paulette / Remerciement à l’Hôtel Amour

Vous ne le connaissez pas a priori mais Philippe Uminski, ex de Montecarl, sort ce mois-ci son "vrai" premier album, Premier Amour. Grandiose.

Paulette : C’est drôle de se retrouver à l’hôtel amour, ça me donne l’impression de rejouer la scène de l’Amour dure trois ans, lorsque Louise Bourgoin gifle Marc Marronnier. Es-tu sensible aux théories sur l’amour de Frédéric Beigbeder ?
Philippe : J’ai lu le bouquin, que j’ai trouvé vachement bien. On rêve tous que l’amour dure toujours, évidemment, mais c’est vrai qu’après trois ans, ça devient souvent difficile ! (Rires) Au début, c’est Stendhal, c’est la cristallisation… ensuite, c’est plus compliqué.
 
Pour écrire une bonne chanson, il faut souffrir ?
Oui c’est sûr ! J’ai eu la chance de vivre de grandes et belles histoires, mais finalement je n’en ai pas fait grand-chose… Lors de l’écriture de cet album, j’étais déchiré entre deux femmes, j’en quittais une pour vivre avec l’autre, tout en regrettant la première. J’ai fait beaucoup de mal autour de moi, j’étais dans un état de nerfs incroyable. Mais tout ça n’est pas vain finalement, je suis arrivé à en tirer quelque chose !
 
Pour récapituler brièvement : tu es originaire de Nérac, dans le Lot-et-Garonne. Dès l’âge de 12 ans, tu jouais déjà dans des petits groupes locaux…
Oui on était les mascottes ! Je faisais partie d’un groupe avec Romain, qui est devenu ensuite le chanteur de Eiffel. On était des petits provinciaux, on voulait imiter les Beatles mais on ne savait pas se fringuer ! T’imagines, à Nérac, on n’avait pas beaucoup de choix ! Il devait y avoir un mec au collège qui avait la coupe " Cure" ! Nous, c’était juste la musique.
 
Ensuite il y a eu Montecarl qui a eu son petit succès, puis tu as entamé une seconde carrière de réalisateur…
Après Montecarl, j’ai sorti un album solo qui n’a pas du tout marché. Dominique Gau (producteur) m’a récupéré alors que j’étais au fond du trou. J’ai commencé à bosser pour les autres, j’ai été remarqué par Calogero. C’est comme ça que je suis devenu son réalisateur et quatre mois plus tard, on a fait "Face à la mer".

 

"A UN MOMENT J’AI FALLI TOUT LACHER"


 

Elle est folle cette chanson !
Oui ! À l’époque j’étais un jeune rocker, lui n’avait pas envie de se faire coincer par la variet’. On avait le même âge, on aimait les mêmes groupes. Donc on a voulu faire autre chose, proposer un autre son.
 
Tu as aussi bossé pour Dave !
Absolument ! C’est un excellent chanteur, un fou de musique sixties. Tout le monde le voit comme le mec qui passe à la télé mais il est très bon. Il chante Elvis super bien.
  
Puis il y a eu La Grande Sophie, les Têtes raides, Julien Clerc, Archive… et Johnny en 2008 !
J’ai passé en tout trois ans avec Johnny. On a fait un album et sa tournée. J’ai vécu des choses hallucinantes avec lui, c’est une énorme machine. Il est super drôle et super gentil. C’est un sacré loulou. Un grand adolescent. Un jour, j’avais amené ma copine sur un enregistrement. Ils passaient beaucoup de temps à discuter. Ils étaient sur le perron à fumer des clopes quand il lui sort : "Tu connais la différence entre les hommes et les femmes mon chéri ?" Il s’arrête un moment et reprend : "Tu vas me chercher une bière mon chéri ?" (Rires). Y a un truc que j’adore chez lui, c’est qu’il appelle les femmes "mon chéri" au masculin, comme le faisait Yves Montand. Je trouve ça trop mignon.
 
Sa fille Laura Smet joue dans ton clip. Comment l’as-tu rencontrée ?
On me l’avait déjà présentée il y a quelques années. Mais dès lors qu’elle a su que je travaillais pour son père, je l’ai complètement désintéressée. Pour ce clip, je ne voyais qu’elle. Je ne voulais pas une gamine, je voulais une femme avec des aspérités, un vécu.
 
N’empêche que ton clip arrive pile au moment où elle défraye la chronique…
Si l’on devait dénoncer tous ceux qui se collent des races, il ne resterait pas grand monde. Je n’aime pas que l’on tire sur l’ambulance, ça la fragilise, on la jette aux fauves. Bien sûr Laura est une fille jusqu’au-boutiste, très rock’n’roll, mais enfin, ce n’est pas la seule !
 
"LAURA M’A MIS UNE VRAIE GIFLE !"


 
En tout cas on ne peut pas nier que votre collaboration a mis un gros coup de projecteur sur la sortie de l’album.
Pour elle c’était très important de faire ce clip. Elle a aimé la chanson, elle a été super professionnelle, elle m’a vraiment guidé. L’histoire est simple : elle quitte son mariage pour me retrouver, elle me rejoint sur scène et me met une claque devant tout le monde. Et elle n’a pas fait semblant de me frapper !
 
"JEUNE ON PEUT ETRE TRES CON"

Les paroles sont assez désabusées. 
Oui c’est sûr. Qui n’a pas vécu un premier amour bouleversant ? Je me souviens de mon premier amour, elle ramassait les pêches dans un verger de Moissac. Parisienne en vacances, elle était si belle… Elle m’a appris beaucoup, je suis monté à Paris pour elle. J’ai quitté le lycée à 15 heures et j’ai sauté dans un train.
 
Minute blind test : je te chante trois chansons, tu me dis dans laquelle tu te reconnais le plus :
– Jean Schulteis, "Confidence pour confidence"
– Polnareff, "Le bal des Laze"
Polnareff, non je ne suis pas jaloux, je ne crois pas trop dans l’amour à mort. Je suis pour l’amour gai ! Enfin, pour l’amour heureux, libéré, sain, fraternel. Je ne suis pas fait pour l’amour tragique. Dave ? Non merci, sans façon, mais non. (Rires) Et Schulteis, la cruauté…. J’ai pu être un vrai connard. Jeune, on peut être très con. Par inattention, par égocentrisme… Je ne comprenais pas que les femmes puissent être plus matures que moi. J’ai aimé parfois être aimé, oui. Mais bon, j’ai grandi depuis.
 
Pour cet album, très symphonique, étais-tu dans une quête de la perfection ?
J’ai justement voulu me mettre en danger en enregistrant tout l’album en une journée, devant des journalistes, amis et famille dans le studio. On avait seulement répété la veille la première prise. Je voulais un studio plein de gens, avec du champagne, des gens qui passent entre les fils… Et ça s’est passé, c’était vraiment magique. Très chargé. Pour moi la musique ça doit être simple. Pas besoin de passer des mois et des mois en studio. No bullshit !
 
Une dédicace pour les Paulette qui cherchent l’Amour ?
Mais voyons, appelez-moi ! Moi aussi ! C’est vrai, elles sont nombreuses à chercher le grand amour ? En tout cas, ne vous découragez pas !
 
 
PHILIPPE UMINSKI :: PREMIER AMOUR
Sortie le 21 mai 2012
Sony Music
 
 
Concert
14/07 : Francofolies, La Rochelle
 

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