PHILIPPE KATERINE SE FAIT UN FILM

Philippe Katerine présente un album plus intime et mélancolique que jamais qui l’a aidé à surmonter la disparition de son père. Ces chansons, le chanteur-poète aurait bien aimé les garder pour lui, mais s’est finalement résolu à enregistrer. Interview.

Paulette : Pouvez-vous me parler de cet album Film ?
Philippe Katerine : Je n’avais rien envie de raconter sur cet album. Je n’ai pas d’intention quand je fais un album, je ne veux aucun résultat, je ne sais jamais où je vais. Je ne veux même pas le savoir. Je n’ai aucun objectif si ce n’est me soulager.

Et ça a marché ?
Ah oui surtout sur celui-là.

On sent que c’est votre l’album le plus intime ? Où avez-vous enregistré ?
J’ai composé sur un piano que j’ai chez moi et j’ai ensuite enregistré chez un ami à moi qui s’appelle Julien Baer. Je ne voulais surtout pas travailler en studio pour cet album, ça m’écoeurait.

On sent fortement la présence de la famille, notamment dans Papa ou avec les voix d’enfants dans Les objets.
C’est comme un album de famille. Je suis à la fois un fils, un frère, un père. Ce message est très imprégné dans ma musique. Le disque est sorti comme ça.

Il se passe vraiment quelque chose entre votre piano et vous ? Comme si votre voix et le sons des touches dansaient ensemble…
C’est un instrument que je ne connaissais pas, je n’avais jamais vraiment joué au piano. Et pour ces chansons, je ne sais pas pourquoi, j’avais envie de touches noires et blanches. La fusion s’est fait naturellement. Quand j’ai fini toutes ces chansons, je n’ai plus touché au piano.

On attend de l’harmonica aussi…
Mon père jouait de l’harmonica, c’était son instrument. Je ne pensais jamais mettre de l’harmonica dans un de mes disques parce que je trouve ça tellement triste. Mon ami Julien Baer chez qui j’ai enregistré en joue et en a eu l’idée. Je l’ai suivi.

On balance entre gaieté et tristesse. Diriez-vous que c’est un album triste ou joyeux ?
C’est comme la vie, une journée, tu galères pendant 10 minutes, après tu te mets à rire. Une journée réussie, c’est vraiment un mélange de rire et de larmes. L’un ne va pas sans l’autre sinon on apprécie ni le rire ni les larmes. Le disque reflète un petit peu ça.

Pris d’une colère, vous avez pris la route, bien décidé à vous venger d’une certaine façon. Que s’est-il passé avec ce hérisson ?
J’ai failli être meurtrier. J’étais au volant, j’en avais marre de tout, et puis j’ai vu ce hérisson. J’avais une envie d’extrême violence. Alors plutôt que de tuer quelqu’un et de finir en taule, et bien c’est le hérisson qui a pris pour les autres. Je m’en suis voulu, et je lui ai rendu hommage en le mettant sur la pochette de l’album.

Quand la tournée va-t-elle commencer ?
En mai, on commence en jouant sur une péniche à Paris. Puis, on va faire une tournée en France, on va se produire dans les festivals. Mais je vais chanter accompagné d’une pianiste pour avoir les mains libres.

PHILIPPE KATERINE
Film (Wagram / Cinq 7) disponible depuis le 8 avril

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