PAULINE ÉTIENNE SAIT SUR QUEL PIED DANSER

Son visage angélique, sa voix douce et son naturel à l’écran font de Pauline Étienne l’une des révélations du cinéma français. Qu’elle soit religieuse dans le film de Guillaume Nicloux, copine branchée dans Eden de Mia Hansen-Love, petite Française au Japon dans le film de Stefan Liberski, Tokyo Fiancée, Pauline nous donne l’impression de pouvoir incarner toutes les filles. Actuellement au cinéma dans la comédie musicale “Sur Quel Pied Danser”, l’actrice tout juste maman prouve encore une fois la diversité de ses talents.

Paulette : Pauline, tu es née en Belgique, tu tournes beaucoup de films en France, quel est ton attachement à notre pays ?
Pauline Étienne : C’est vrai que la plupart des films que j’ai fait étaient en France, et que tout est allé assez vite ! Dès mon premier film, via le réalisateur, j’ai rencontré un agent. Et puis je vis aujourd’hui à Paris depuis 4 ans. Je revendique toujours mon côté belge car j’aime vraiment mon pays. Après, je ne sais pas s’il y a une véritable différence entre le cinéma français et le cinéma belge, je trouve que les deux se complètent très bien.

Quels cinéastes belges aimes-tu par exemple ?
Je pense en premier à Joachim Lafosse avec qui j’ai fait mon premier film, Élève libre. Je le respecte énormément. J’espère avoir l’occasion de travailler à nouveau avec lui. J’avais 18 ans quand je l’ai rencontré, ça va faire 10 ans déjà. J’en garde un souvenir merveilleux, j’étais impressionnée, j’ai découvert le cinéma à ce moment-là, la caméra, le tournage, c’était magique.

Comment es-tu devenue comédienne ?
Je ne voulais pas être comédienne depuis mon enfance, j’étais une personne très renfermée, introvertie. J’ai fait du théâtre comme activité extra scolaire et ça m’a permis de me rendre compte que je me sentais bien sur scène. Je n’avais plus les mêmes peurs au quotidien, dans ma vie. J’ai passé l’équivalent d’un bac théâtre, j’avais 11 heures de théâtre par semaine et j’ai fini mes études comme ça. Et c’est lors de ma dernière année d’études que j’ai passé le casting du film de Joachim Lafosse, et après, comme j’étais très mauvaise à l’école, ils m’ont dit “va-t’en !”. J’avais déjà le film de Laurent Perreau, Le Bel ge et d’autres qui ont suivi rapidement. Ils m’ont sauvé la vie en me disant, “Va faire ce que tu aimes faire, on ne va pas te garder à l’école, ça ne sert à rien !”.

Tu as joué une Delphine, une Claire, une Laura, une Marion, une Lucie, une Suzanne. Qui est donc Julie, ton personnage dans le film Sur Quel Pied Danser, actuellement au cinéma ?
Pour ce film, les réalisateurs Paul Calori et Kostia Testut cherchaient une comédienne, je les connaissais par un ami mais ils ne m’ont pas appelé car ils savaient que j’étais enceinte. Cet ami en commun a insisté, il leur a même dit que je ne serais pas enceinte toute ma vie. (Rires). Je les ai rencontré et j’étais à 9 mois de grossesse !

Comment est-ce qu’ils t’ont présenté le film Sur Quel Pied Danser ?
J’ai lu le scénario qui m’a plu autant pour le personnage principal que pour le message qu’ils voulaient faire passer. Et puis j’ai toujours rêvé de faire une comédie musicale, je n’ai pas hésité une seconde.

Qu’est-ce que tu aimes dans la comédie musicale ?
J’ai l’impression que dans la comédie musicale, on peut faire passer plus simplement des messages, on arrive à toucher le cœur plutôt que le cerveau des gens. La musique arrive direct dans le cœur plutôt que dans la tête, les émotions sont différentes.

Tu es d’ailleurs très attachée à la musique…
Oui, j’aime profondément la musique. J’en ai fait beaucoup quand j’étais plus jeune. Et quand j’ai découvert le cinéma, j’ai justement découvert les comédies musicales. J’adore en regarder ! À commencer par celles de Jacques Demy, ou alors tous les films avec Audrey Hepburn que j’admire et que j’aime profondément. En même temps, je ne vois pas comment on ne pourrait pas l’aimer ! (Rires).

On voit dans le film de très belles chaussures rouges… Les aimes-tu autant dans la vraie vie ?
J’ai eu l’occasion pour le film d’aller dans des usines pour voir un travail artisanal, le travail de certaines matières, ça m’a fasciné. Je trouve ça dommage que ça se perde. Là où nous avons tourné, toutes les usines sont fermées. Il faut soutenir ceux qui ont encore la passion de leur métier.

Quelle scène est la plus marquante du film pour toi ?
Celle que j’adore, c’est la chanson du Camionneur. Olivier Chantreau est super bon dedans. C’est l’une des chansons qui m’a fait le plus ressentir des choses. J’aime cet univers poétique, le rêve… Pour moi, c’est ça une comédie musicale ! On peut partir n’importe où, on peut s’évader.

En plus de jouer, tu chantes. Comment as-tu répété ce deuxième talent ?
C’est quelque chose de nouveau ! On a eu un coach pendant un mois et demi, on a enregistré les chansons en studio avant le tournage. Ensuite, on a pu danser et jouer dessus. J’adore chanter à la base, même si je chante faux sous la douche, mais ça me touche…

Dans “Sur Quel Pied Danser”, il y a un aspect politique très fort, engagé, était-ce un point essentiel pour toi avant d’accepter le film ?
Non, ce n’est pas forcément le côté politique qui m’a fait accepter mais je suis de la génération de mon personnage, une jeune fille qui essaie de trouver du travail. J’ai eu la chance de trouver mon métier et que ça marche. Mais malgré la qualification, les diplômes, on ne trouve pas forcément du travail tout de suite. Je trouve ça triste de ne pas pouvoir faire ce que l’on aime à cause du chômage. Donc j’ai l’impression que ce film porte ce message. Et ça revient aussi sur l’histoire d’une usine déstructurée, envoyée en Chine pour que ça coûte moins cher. Dans ma famille, on consomme local, on valorise le travail des gens, c’est ma mentalité depuis toujours.

Que penses-tu de l’actualité ? Des manifestations contre la Loi Travail ?
Je me dis que ce n’est pas mon rôle de commenter l’actualité mais j’aimerais juste dire que je suis malheureuse de ce qu’il se passe, que l’on en arrive là. Je suis pour ces grèves, je ne vais pas me plaindre qu’il n’y ait plus d’essence ou que les trains soient bloqués… C’est de la défense de droits.

Qui es-tu au quotidien ?
Je suis une jeune femme tout à fait normale ! J’ai la chance d’avoir un petit garçon, Malo, de 15 mois. Il me remplit bien mes journées, mes soirées, de bonheur, je suis émerveillée. J’ai l’impression de découvrir l’être humain.

À quoi te fait penser Paulette ?
Paulette, c’est très proche de Pauline ! Je n’aime pas forcément mon prénom, je le trouve un peu vieillot. Mais Paulette, pour moi, c’est la grand-mère, c’est les joues flétries que l’on a envie de caresser, les mains que l’on a envie de tenir, ça me fait penser à ma grand-mère que j’aime profondément. Paulette aurait pu être dans l’usine, une militante ! Elle serait même la chef d’atelier. Allez, bonnes vacances ! Et profitez de la vie !

Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *