PAULETTE TALKS : « QUAND JE SERAI GRAND.E, JE SERAI MOI-MÊME »

En 2019, dans une enquête menée par Yellowbrick, centre psychiatrique de l’Illinois, auprès de 2 000 milléniaux, 68 % des répondant.e.s étaient d’accord pour dire qu’ils.elles ne s’identifiaient qu’à travers leur emploi. Nous n’allons pas nous mentir, notre travail représente une partie très importante de notre vie. S’il nous permet parfois de nous échapper, de pratiquer une activité que nous aimons, il peut aussi être rapidement celui qui nous enferme dans des cases et nous définit au-delà de notre propre personne.

Vous êtes là, à l’école maternelle, vous et vos 4 ans trois quarts et vous entendez déjà cette question retentir à l’autre bout de la cour de récré. Et toi, qu’est-ce que tu seras plus tard ? 

Au début, vous souhaitiez « être » astronaute, enseignant.e, caissier.e, infirmier.e, mécanicien.ne. Oui, vous souhaitiez « être ». Un verbe qui en dit long sur la manière dont vous étiez en train de vous constituer. Au fond, ce job fictif se résumait déjà à qui vous seriez une fois adulte. C’était un jeu, vous vous amusiez à revêtir plusieurs identités. Puis un jour, vous les avez tellement bien portées que vous avez fini par les intégrer. Aussi récalcitrante qu’un chewing-gum collé sous la semelle de votre chaussure, cette question vous a suivi.e durant des années. 

« Alors, tu deviens quoi ? » – « En ce moment, je suis journaliste ! » Attendez… Est-ce vraiment la première carte de votre personnalité que vous tendez lorsque vous rencontrez quelqu’un ? N’êtes-vous pas, avant tout, heureux.se ? Vivant.e ? Fièr.e des valeurs que vous prônez ? Et si vous vous posiez deux minutes et tentiez d’imaginer cette scène sans inclure votre emploi dans la présentation ? À quel point cela serait difficile pour vous ? Votre vie est devenue une course contre la montre, et chaque tic tac de l’horloge vous appelle à travailler. Sans même vous en rendre compte, vous êtes devenu.e un contrat, une activité. Votre personne est passée au dernier plan. 

Parmi les répondant.e.s de l’étude, 96 % disent avoir été affecté.e.s par le burn out à un moment donné de leur vie. Eh oui, s’identifier à son travail, c’est se donner plus de chances d’en être tributaire. S’identifier à son travail, c’est aussi plus de risques de perdre pied ! Et la dépression n’est pas à prendre à la légère.

Avant d’être un emploi, vous êtes quelqu’un. Vous êtes une personne qui peut porter tous les métiers du monde et jongler avec tant qu’elle le souhaite. Tant qu’elle garde en tête qui elle est, qu’elle vaut son pesant d’or, en dehors de son activité professionnelle. Parce qu’au bout du compte, c’est absolument tout ce qui importe. 

Au fond de la cour, assis.e sur le banc, à la pause café avec les collègues, à une soirée entre ami.e.s, n’oubliez pas ce mémo fait à vous-même : quand vous serez grand.e, vous serez vous-même. 

Article de Marie Le Seac’h

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