PAULETTE TALKS DE LA LOI DE SÉCURITÉ GLOBALE

Hier, le projet de loi de « sécurité globale » a été examiné à l’Assemblée nationale. Il prévoit de conforter le rôle de la police municipale, ainsi que d’étendre la protection des fonctionnaires de police et militaires. L’article 24 de cette proposition suscite actuellement une importante controverse : si la proposition est adoptée, elle interdira la diffusion d’images ou vidéos (de la part des journalistes comme de la population) permettant l’identification de policier.e.s ou de gendarmes lorsqu’iels exercent leurs fonctions, avec des sanctions allant jusqu’à 45 000 € d’amende et un an de prison. 

Interdiction de filmer les violences policières

Jugé très préoccupant par la Défenseuse des droits Claire Hédon, ce projet de loi apparaît comme une réponse aux scandales causés ces derniers mois par la mise en avant de nombreux cas de violences policières, témoignant d’un usage démesuré de la violence de la part des forces de l’ordre. 

Hier, de violentes altercations ont eu lieu sur le boulevard Saint-Germain (Paris) entre manifestant.e.s et forces de l’ordre lors d’un rassemblement contre ce projet de loi. Le cortège de manifestant.e.s a fait face à des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Des rassemblements ont également eu lieu dans des grandes villes telles que Marseille, Lyon ou Toulouse. De nombreuses organisations humanitaires et syndicats de journalistes appelaient à se rassembler contre le projet de loi liberticide, entravant la documentation des violences policières. Mais sans la possibilité de filmer, qu’aurions-nous su des violences subies par George Floyd ? Par Aboubakar Fofana, Cédric Chouviat ? Par Samir, Sofiane et Ramatoulaye ? Filmer, c’est montrer aux yeux de tous.tes que oui, les violences policières existent.

Réduire nos droits et nos libertés

D’autres articles, 21 et 22 notamment, suscitent également la polémique : ils permettront la surveillance par drone des manifestations, et autoriseront l’usage de caméras portables individuelles dont seront équipées les patrouilles de police et de gendarmerie. Le flux vidéo sera alors transmis au centre de commandement en temps réel – permettant ainsi l’analyse automatisée des images, et la reconnaissance faciale des manifestant.e.s et des passant.e.s. Une manière d’accroître le sentiment d’impunité des policiers et gendarmes violents. L’occasion de démultiplier les violences commises illégalement à l’encontre des manifestant.e.s. 

Si le projet de loi est soutenu par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui estime que les forces de l’ordre ne sont pas assez protégées, il fait pour l’instant débat au sein de la majorité parlementaire. 

S’opposer à cette loi, c’est défendre les victimes de violences policières ainsi que le métier de journaliste, mais aussi notre droit de manifester. Comme le souligne La Ligue des droits de l’homme, il existe déjà de nombreuses dispositions dans le droit pénal pour protéger les policiers de celleux qui voudraient leur nuire.

N’ayons pas peur de montrer que nous avons bien saisi le caractère liberticide de cette loi. Pour ça, unissons-nous pour notre protection et nos libertés !

Vous pouvez signer cette pétition « Refus de la loi visant à empêcher la diffusion des images de violences policières », par Ilyana Amani ici.

Article d’Inès Paiva

Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *