PAULETTE TALKS – ARTISANAT DURABLE AVEC SIBÉ COLLECTIVE

Créatrice autodidacte strasbourgeoise, Nesibe Yavuz lance sa marque Sibé Collective en septembre 2020, proposant actuellement des bijoux durables en argent au style minimaliste. Pour comprendre ses inspirations et ses aspirations, nous l’avons rencontrée et lui avons posé quelques questions. 

Boucles d’oreilles Fleur portées par Nesibe Yavuz
72€ sur sibecollective.com

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Nesibe, j’ai 29 ans et j’habite à Strasbourg. J’ai lancé ma marque Sibé Collective il y a 3 mois, après avoir fait des études de droit. Je me suis ensuite réorientée en travaillant dans la mode, puis quelques années plus tard, j’ai créé ma société, et Sibé Collective est née !

Comment définirais-tu ta marque ? 

« Sibé » vient de mon enfance, quand ma sœur jumelle n’arrivait pas à prononcer mon prénom correctement. J’y ai rajouté « Collective » parce que j’ai l’ambition de collaborer avec des artisan.e.s et des artistes tout au long de la vie de la marque. J’aime beaucoup me laisser guider par le hasard dans la création. J’ai rencontré l’artisan stambouliote avec lequel je travaille actuellement par hasard, en me promenant dans un très grand marché à Istanbul puis je me suis retrouvée dans son atelier à admirer les bijoux qu’il créait. J’ai décidé de commencer Sibé Collective avec des bijoux, mais par la suite j’aimerais beaucoup inclure d’autres accessoires et d’autres objets. Je favorise le style minimal, j’aime beaucoup le design et j’ai d’ailleurs une obsession pour les chaises, que je partage sur mon compte Instagram régulièrement (Rires) ! J’ai choisi de travailler le métal précieux qu’est l’argent parce que je voulais quelque chose qui dure, qu’on puisse utiliser tout au long de sa vie. J’aime bien acheter peu, mais bien !

Après tes études de droit, qu’est-ce qui t’a poussée à changer de voie pour te lancer dans la création ? 

L’esprit de création, c’est quelque chose que j’ai depuis toute petite, même si personne dans ma famille ne travaillait dans le domaine de la mode ou de la création artistique. Les coupes, les formes, les vêtements m’ont toujours attirée. Comme je ne connaissais pas ce milieu, j’ai continué mes études dans une voie plus traditionnelle. Mais quand je me préparais pour le barreau de Strasbourg, j’ai eu un électrochoc qui m’a fait réaliser que je voulais changer de voie et continuer dans le monde de la création. 

Parmi tes voyages, quels sont ceux qui t’ont particulièrement marquée et inspirée ?

Istanbul est une ville qui m’inspire énormément, c’est une ville de paradoxes, de contrastes, toutes les origines s’y croisent et s’y rencontrent. Tout y est possible, c’est une ville en pleine effervescence, j’aime beaucoup ce mélange de cultures. À la différence de Paris, où tout est plus homogène au niveau de l’architecture, on s’en prend plein les yeux, on découvre des styles, on arrive à se sentir simultanément en 2020 et à l’époque de l’empire Ottoman ! 

© Nesibe Yavuz

Tu mentionnes ta volonté de faire des bijoux de qualité et durables. Est-ce que cet engagement pour une meilleure consommation se traduit par un engagement écologique dans d’autres domaines ?

Dans ma vie personnelle, j’essaie d’être une consommatrice responsable. Après, c’est vrai qu’il y a tellement de green-washing qu’il devient difficile de réellement savoir quel est l’impact écologique de la consommation de chacun. En ce qui concerne Sibé Collective, pour la boîte dans laquelle sont envoyés mes bijoux, j’ai opté pour du papier cartonné estampillé label FSC. J’essaie de faire en sorte que le ou la client.e puisse se resservir de la boîte comme espace de rangement. Sinon, je travaille avec des quantités limitées, je ne veux pas produire des grandes quantités parce que ce serait moins cher, je veux favoriser la qualité. Quand je vais dans notre atelier à Istanbul, j’essaie aussi de limiter les allers-retours et de rester le plus longtemps possible, pour réduire mon empreinte carbone. 

Atelier de création des bijoux de Sibé Collective

Quels sont les artistes contemporain.e.s qui t’inspirent le plus ? 

Matisse m’a beaucoup inspirée. En m’informant de plus en plus sur l’art, je suis tombée sur ses dessins à l’encre noire, qui m’ont tellement plu que j’ai essayé d’imiter sa patte. En mélangeant mes souvenirs d’Istanbul au style de Matisse, j’ai dessiné les boucles d’oreille The Lovers. Alors à la base, c’était simplement un dessin, puis je me suis dit que j’aimerais bien voir ce dessin matérialisé, que j’aimerais le rendre palpable, et les boucles d’oreilles sont nées ! 

Boucles d’oreilles The Lovers portées par Nesibe Yavuz
98€ sur sibecollective.com

Quelle est la place du dessin dans ta vie ? 

Comme beaucoup d’étudiant.e.s, je me suis sentie lâchée dans le doute à la fin de mes études. Surtout que je me suis rendu compte que je ne voulais pas continuer dans le droit. J’ai utilisé cette période pour continuer à me former, et c’est à ce moment que le dessin a pris de plus en plus de place dans ma vie. J’ai commencé à prendre des cours de dessin pour lancer une collection de vêtements, puis en découvrant Matisse, je me suis dit que cette dimension émotive abstraite me plaisait beaucoup. Je trouve que l’abstrait communique plus d’émotions qu’un portrait réaliste. 

Quel a été l’impact de la pandémie sur ta façon de travailler ? 

Pendant le premier confinement, j’étais à Istanbul. Ce moment m’a permis de replonger dans une phase de création. Même si j’ai fait le choix du e-commerce dès le début, j’avais prévu de faire des événements à Paris et à Strasbourg après le lancement de ma marque pour la faire connaître, donc c’est sûr que dans ce sens, la pandémie a été un frein !

Comment vois-tu le développement de ta marque dans un futur proche ? 

J’aimerais beaucoup travailler avec des artisan.e.s français.es, strasbourgeois.es notamment, pour ajouter de nouveaux objets à ma marque. Faire le lien entre les artisan.e.s et les client.e.s serait intéressant, pour créer une plateforme où l’on puisse shopper local et artisanal. J’aime beaucoup aller dans les foires d’artisanat, j’y ai déjà repéré quelques artisan.e.s – ainsi que sur Instagram. L’avenir de Sibé Collective, c’est donc continuer dans la promotion de l’artisanat. J’aimerais beaucoup travailler la céramique, j’ai une seconde obsession pour les vases ! Inclure du vintage est aussi un de mes objectifs, j’adore chiner, j’aimerais dobc atteindre un bon équilibre entre le neuf et l’ancien. 

Un mot de fin pour nos lecteur.trice.s ? 

Sibé Collective, c’est une marque via laquelle j’essaie d’exprimer la volonté de créer un pont entre différentes cultures. J’essaie de faire connaître de nouvelles choses à des personnes qui n’ont pas d’influences étrangères dans leur entourage. Le but est de rendre plus accessibles l’artisanat et les bijoux en argent. Mon ambition est aussi d’encourager les entrepreneur.se.s, parce que ce n’est pas évident de commencer seul.e… Donc osez !

Propos recueillis par Inès Paiva

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