PACOVOLUME, FLIPPER POP


PacoVolume est un auteur- compositeur-interprète français, âgé d’une trentaine d’années, qui a sorti un premier album pop, ManhattanBaby, en 2009. Bien plus crado et déjanté que le précédent, son nouvel album , Massive Passive, a donné envie à Paulette de rencontrer le drôle de personnage se cachant derrière le pseudonyme de PacoVolume.
 
> La Bigorre et les premiers émois musicaux
 
"J’ai grandi dans les Pyrénées. Je me faisais vraiment chier là-bas. Je pense aux bons côtés, parce qu’il faut dire du bien de sa région. L’Espagne n’est pas loin : les cigarettes, l’alcool pas cher, les meilleurs jambons du monde, de compét’, c’est évident, le ski dans les Hautes Pyrénées. Et Lourdes, c’est quand même un des spots mondiaux si t’es catholique. Ce qu’il y a de marrant, c’est que mes premières expériences sexuelles se sont déroulées dans ce cadre hyper sacré : on allait draguer les scouts – de vraies chaudasses, j’imagine que c’est toujours le cas – qui venaient en pèlerinage à la Grotte.
 
De mars à décembre, il n’y a rien faire ; c’est assez long. T’attends tes 14 ans pour avoir un vélomoteur, ensuite t’attends d’avoir le permis : tout le monde a le permis la première semaine de ses 18 ans. C’est l’appel des grands espaces, le western à la française. C’est là que j’ai commencé à m’intéresser à Bruce Springsteen, bizarrement, même si sa musique n’a rien à voir avec la mienne. Parce que les thèmes qu’il aborde dans ses chansons, comme Born To Run, le fait de s’enfuir, un gars de là-bas peut vraiment les comprendre. Puis, je me débrouillais toujours pour rester avec des gens qui n’étaient pas vraiment du coin, parce que l’esprit dans les montagnes, c’est quand même un peu particulier."

 
 

"Le premier mec qui m’a orienté vers la musique, c’est Frank Sinatra, parce qu’il avait l’air hyper cool. Slash, c’est vraiment pour la guitare. Un pote de lycée m’avait prêté une VHS d’un concert des Guns ‘N’Roses au Japon et y avait Slash qui avait une dégaine juste géniale, un peu comme Johnny, avec les jambes écartées, des ‘tiags, des jeans hyper serrés. Le mec fume, a trois kilos de cheveux, un chapeau sur la tête et son truc c’est de fumer sans que les cheveux prennent feu tout en jouant un truc extrêmement technique, avec, aux pieds, une bouteille de Jack Daniels, et tu sentais qu’il la buvait.

> L’ A/R au pays du kiwi en folie
 
"Je suis parti en Nouvelle-Zélande à 19 ans. J’ai du y passer deux ans et demi. J’ai suivi une fille dont j’étais amoureux. Je voulais faire rock star. J’étais en pilotage automatique à la fac de lettres modernes et je me suis dit que tout était possible. Et tu peux tout faire, en fait, c’est ça qui est marrant. Finalement, une fois sur place, j’ai travaillé un peu, parce que rock star, ça n’a pas pris tout de suite, même pas du tout."
 
> L’exégèse des noms de scène comiques
 
"Y a deux éléments à chaque fois. Speed Ventrèche, c’était mon groupe de lycée hyper excité. Y a un côté très Sud-Ouest dans ce nom. Tu reconnais le nom des groupes de lycée. Ensuite, il y a eu Napalm Pilot, mon duo de hard rock, batterie, guitare et chant. C’était bien, on a eu un petit succès à Bordeaux. Et Turbo Crystal, mon duo funk romantique. J’adore trouver des noms de groupes. Bizarrement, ces noms-là sont mieux que PacoVolume. J’ai mixé le nom de mon potentiomètre, StereoVolume à Paco, le surnom que me donne ma mère. C’était juste pour l’inscription Myspace, j’allais le changer plus tard. Mais tu ne pouvais pas changer le nom dans Myspace à l’époque, et j’avais déjà mis mon morceau. Et puis j’ai eu des réactions par rapport à ce nom, alors je me suis dit que c’était peut-être bien, justement. Et tu t’habitues."
 
"Ma première page Myspace c’était donc pour PacoVolume. J’étais caviste à Bordeaux et tous les gens que je connaissais montaient des Myspace, vers 2006, et je voulais prouver à tout le monde que j’avais aussi une connexion Internet et que je pouvais avoir un projet musical tout en étant caviste. C’étaient les années frime. Le premier morceau que j’ai mis dessus, c’était mon meilleur à l’époque, CookieMachine. Et les gens ont bien réagi, donc j’ai continué à mettre des morceaux. Et finalement, le premier album s’est fait comme ça, c’était presque une commande entre Myspace et moi. J’ai été découvert par Eurobélix, des Naive New Beaters (à retrouver en interview dans notre numéro 6 version papier). Il était éditeur dans une maison de disques et il m’a signé."
 
"EN MUSIQUE IL N’Y A PAS DE LIMITES. ON PEUT FAIRE TOUT ET N’IMPORTE QUOI"
> La finalité du travail de musicien : l’album
 
"Le premier album je l’ai fait en autarcie, un peu comme un génie musical. Pour le deuxième, j’ai rencontré des musiciens et je me débrouille pour que leur créativité puisse rejaillir dans ma musique. On a fait une centaine de concerts ensemble et je suis beaucoup moins à la recherche de la perfection, je n’essaie pas de faire une musique qui ressemble au disque sur scène. J’ai appris à m’amuser. Sinon, j’écris toujours les paroles du premier couplet et du refrain et ensuite on écrit le reste de l’histoire avec mon pote Owen Stewart. Quant à Julien Delfaud, c’est le réal’ de mon deuxième album. Ca faisait des années que tout le monde me parlait de Julien. J’aime bien l’album It’s Never Been Like That de Phoenix, qui a été réalisé par lui. Il est aussi derrière La Ritournelle, et plein d’autres trucs que j’aime beaucoup. Il est fort.

 

Mes chansons parlent de tout, surtout des sujets sur lesquels je n’ai pas autorité. Je trouve que c’est vachement mieux de parler de trucs que l’on ne connaît pas.Ca m’aide à mémoriser les textes et ça me fait toujours un peu sourire. Je parle de rastafarisme, je suis hyper fier de ça, parce que c’est quand même le single avec le refrain Jah Is Coming ! C’est incroyable de voir à quel point les gens s’en foutent des paroles. Tout le monde fait un peu n’importe quoi dans mes chansons. En musique, il n’y a pas de limites. On peut faire tout et n’importe quoi."
 
"J’AI UNE AFFECTION PARTICULIERE POUR LE RIDICULE, MÊME POUR MON PROPRE RIDICULE."
 
> L’identité visuelle, véritable souffle de liberté
 
"La cagoule vient de Greg Brunkalla, fameux artiste new-yorkais, un ami d’ami. C’est un type que je n’ai jamais pris au sérieux, parce qu’il est vraiment américain : il vient te voir et te dit ‘j’adore ce que tu fais, faudrait vraiment qu’on bosse ensemble.’ Je me méfie des gens très enthousiastes, comme un gros con des montagnes.Néanmoins, un jour je l’ai contacté et il m’a proposé des visuels, dont celui de la pochette. J’aime bien le côté ringard du motif tapisserie. Et ça évoque des trucs différents en fonction des personnes : les terroristes, les pratiques sexuelles… ça en dit plus long sur les gens que sur la pochette elle-même! Parce que c’est juste une cagoule avec des fleurs. Et on s’en souvient. Mais, la cagoule, ça fait peur, donc ma maison de disque communique avec la photo de moi et mon chat sur les épaules, en offrande suprême aux Dieux. J’ai une affection pour le ridicule, même pour mon propre ridicule.
 
Enfin, j’ai un peu le problème qu’a le vin rosé, un problème d’image,pourtant c’est souvent bon. Les gens ne savent pas trop me situer, mais c’est aussi de ma faute, on fait un clip genre classe, mais un peu nul et après, n’importe quoi ! Si le pole dance était un sport national, ça donnerait une idée de la République qui serait vachement marrante. Quand on pense à la République, on pense à des trucs assez chiants, comme le drapeau, que je ne vois que sur mes relevés d’impôts ou sur des contraventions. C’est rarement associé à un truc qui ne sert à rien, comme le pole dance, qui est plus ou moins glamour, tout dépend de la meuf. Je trouvais ça cool que la République embrasse l’absurde. "
 
 
PACOVOLUME :: MASSIVE PASSIVE
Discograph
 
 

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