ORGASMIQUE : LA FEMME

Photos, Laurent Chouard

Paulette a rencontré Marlon, Sacha et Sam du groupe La Femme, deux heures avant leur concert parisien à la Flèche d’or. Rencontre avec un sacré band de jeunes.

Qu’est-ce qui excite les jeunes en ce moment ? Ce band improbable et mystérieux, La Femme. Nullement incarnée, La Femme c’est en fait Marlon, Sacha (Biarritz), Sam (Marseille), Clémence (Bretagne), Noé (Paris) voire Morgan ou Marie-Lou. Bref, ça dépend des moments. À peine majeurs, ils suscitent un engoûment assez fou et totalement mérité avec leur son synth-pop entre la planche de surf et la menace de l’aileron de requin. Un univers en noir et blanc, un French Paradoxe qui a choisi de s’exporter directement aux États-Unis avant de déferler en France.
Paulette : Bon, c’est assez difficile de savoir combien vous êtes au total.
Marlon : Y a pas de nombre en fait, ça peut être quatre comme, comme huit ou douze en 2012 peut-être !
Sacha : Moi je fais de la guitare principalement, un peu de claviers et puis des chansons parfois.
Sam : Moi de la basse, des claviers et des percussions.
Marlon : Et moi je fais des claviers et je chante.

Vous avez quel âge en moyenne ?
Sacha : 19-20…
Sam : Enfin Noé il a 21 parce qu’il est né en début d’année.
Sacha : Ouais et on a tous arrêté plus ou moins les études pour se mettre à fond dans le groupe.
Sam : Bah ouais parce que ça prend du temps…
Sacha : Enfin, y en a quelques uns qui sont encore à la fac mais ils sont en train de lâcher…
Sam : Ouais en général ça plaît pas à grand monde.

Racontez-nous un peu cette tournée aux États-Unis, comment s’est-elle organisée ?
Sacha : Ouaiiiis, c’était ouuuuuf.
Marlon : C’est Sacha, Sam et moi qui avons tout géré, on a fait vingt-deux dates au total. On a envoyé plein de mails à des salles, et puis on a rencontré une fille sur internet qui est devenue notre manageuse là-bas. On est rentré il y a trois semaines. Là, on a passé une semaine à Biarritz pour finir des enregistrements et puis on a commencé à répéter et à faire des concerts. 


Alors, vous préférez la côte Ouest ou la côte Est ?
Sacha : Les deux ça se défend. Le public était en général super réactif, peut-être plus chaud sur la côte Est que sur la côte Ouest. On a fait une grosse salle de 2500 personnes, c’était fou…
Marlon : Ouais c’était cool, y avait de la promotion au taquet donc ça a bien marché.
Sacha : En fait, on a fait plein de dates dans des bars, des galeries d’art. On jouait au minimum devant 15-20 personnes mais sinon c’était entre 70 et 100 personnes. 

Pas mal comme début !
Sam : C’est le rêve américain, c’est ça !
Sacha : On avait envie de bouger tu vois, c’était le début du groupe. On s’est fait des potes surfeurs californiens à Biarritz qui nous ont invités à venir jouer là-bas, c’est parti de là.

Vous faites du surf à Biarritz ?
Sam : Euh, moi j’ai essayé une fois ça a pas trop marché…
Marlon : Sacha il en fait ouais.


Et les autres, ils viennent d’où ?
Sacha : Marlon et moi, on vient de Biarritz, on se connaît depuis le collège. Y a Clémence qu’on a rencontrée sur internet, Sam qui connaissait Marlon et puis Noé, un pote d’y a longtemps… On a aussi Megan une chanteuse qu’on a rencontrée sur la tournée aux États-Unis et Marie-Lou, une pote qui vient ce soir pour nous donner un coup de main. 

Comment vivez-vous le buzz qu’il y a autour de vous ?
Sam : C’est le buuuuuzzzzz (rires).
Sacha : On a un peu suivi ça à distance depuis les États-Unis, je pense que c’est le fait qu’on soit parti là-bas… Les gens se sont dit tout de suite "Waouh ils ont plein de dates !" alors que trop pas, on a tout fait nous-mêmes, on n’a pas attendu qu’un producteur vienne nous chercher.

À quand l’album ?
Sacha : On va enregistrer notre album fin avril et l’idée ça serait de le sortir avant 2012.
Marlon : On l’a mis un peu de côté pendant la tournée, et maintenant on se demande si l’on va signer dans un gros label ou si on va l’autoproduire. On va regarder les propositions et voir en fonction. Notre but, c’est de toucher le monde entier.


En chantant en français ?
Marlon : On va chanter dans toutes les langues mais surtout en français.
Sacha : Aux États-Unis, les gens ont kiffé qu’on chante en français, c’est exotique.
Sam : On chante parfois en anglais et même en tahitien dans l’Amour dans le Motu…

En tout cas Sur la planche sera le prochain tube de l’été, c’est sûr !
Sacha : Il a déjà passé un été en fait…
Sam : Ouais, le tube de l’été ! Hit Machine vol. 9 !

C’est vrai qu’en ce moment le surf et le tropical sont à la mode, je pense notamment à un groupe comme Best Coast
Sacha : Oui mais nous on a aussi un accent négatif, ce côté bizarroide qui plane. 
Marlon : On est bipolaires, c’est noir et blanc. Y a des chansons que tu peux écouter quand tu te lèves, c’est cool, y a du soleil et tout. Et puis y en a d’autres où tu te retrouves dans le métro, dans un tunnel, tu vois des trucs (voir le clip de Télégraphe, ndlr)…

Sacha : On joue sur les contrastes. Dans le clip de L’Amour dans le Motu, tu vas avoir des vahinés ultra raffinées et puis dans X (il n’est plus en ligne, ndlr) tu seras totalement dans un autre trip, dans un clip porno.


Alors la Femme c’est quoi ?
Marlon : C’est une sorte de nuage atomique avec plein de gens qui gravitent autour.
Sacha : La Femme, c’est positif ou négatif. C’est Sud et Nord. Parce que c’est mystérieux comme la femme !
Sam : Hahaha.

Aussi mystérieux que la cover de votre EP, inspirée de L’origine du monde de Courbet ?
Sacha : Ouais, c’est très mystérieux.
Marlon : En fait je ne voyais pas d’autre truc qui pouvait mieux coller.
Sam : Quand t’y penses c’est complètement ouf ce tableau ! On a fait une photo, le trip c’était d’aller de l’avant, c’est… euh, voilà.



LE PODIUM #1 :: LA FEMME
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Interview réalisée avec Maxence de MyTourManager

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