NOUVEAU LIEU CULTE : LA CITÉ DU CINÉMA


Grandiose. Pharaonique. La Cité du Cinéma, l’un des derniers projets complètement fous de Luc Besson, a ouvert ses portes il y a quelques jours et annonce déjà un véritable renouveau pour le 7art en France. Paulette y était
.
 
Tout commence en 1995. A l’époque, Luc Besson prépare le tournage du Cinquième Elément. Pour son film futuriste et ambitieux, les rares studios français ne lui suffisent pas : il est obligé de s’exporter dans les Pinewood Studios près de Londres, rendus célèbres pour avoir accueilli quelques-unes des plus grosses superproductions américaines (la série des James Bond, Mission : Impossible, Batman, Alien etc.).
 
Cette obligation de tourner hors de nos frontières, "ça l’avait rendu malade", précise à l’AFP le directeur général d’EuropaCorp Christophe Lambert. C’est précisément à cet instant que l’idée germe dans l’esprit de Luc, ce génie des temps modernes : qu’à cela ne tienne, il créera un complexe unique en France dédié au Cinéma, où tous les métiers de la chaîne de création d’un film seront regroupés.
 
C’est sur le site d’une ancienne centrale thermique d’EDF à Saint Denis que son choix se porte pour bâtir son studio hollywoodien. L’endroit est idéal : à deux pas de Paris et de l’aéroport, assez grand pour accueillir toutes les infrastructures dont il rêve, et, surtout, plein de souvenirs, puisqu’il avait déjà servi de lieu de tournage pour deux de ses films d’anthologie, Nikita et Léon.


 

17 ans plus tard, enfin, la Cité du Cinéma voit le jour sur 62 000 m² : neuf plateaux de tournage dernier cri, des ateliers peinture et menuiserie pour les décors, des loges, des caméras, des projecteurs, des bureaux, deux écoles de cinéma (l’élitiste Louis Lumière, mais aussi L’Ecole de la Cité, nouvel établissement de formation au cinéma accessible à tous les jeunes entre 18 et 25 ans, sans critères de diplômes ni de rémunération, pourvu qu’ils soient cinéphiles et qu’ils aient la dévorante envie de faire des films), bref, tout le nécessaire à la production de A à Z sans avoir besoin de sortir du studio et en évitant ainsi des coûts supplémentaires et du temps perdu. Et ça marche : à peine ouvert, l’endroit a déjà attiré plusieurs tournages et de nombreux repérages.
 
Si aujourd’hui, le réalisateur inaugure avec émotion ce projet qui lui tenait tant à cœur, il aurait pu en être autrement : scepticisme de la profession, retards dans les travaux, longues enquêtes publiques, désengagement soudain de partenaires financiers, Luc Besson, comme souvent seul contre tous, essuie nombre d’obstacles tout au long de ces années. Mais c’était sans compter sur la farouche détermination du réalisateur que, n’en déplaise à certains, rien n’arrête jamais…


 

Ah, Luc Besson. Systématiquement décrié par les médias, et critiqué par bon nombre de cinéphiles puristes. A force de lire les articles négatifs le concernant, on en oublierait presque qu’il a mis sur le devant de la scène des talents d’hier et d’aujourd’hui, Nathalie Portman, Jean Reno, Marion Cotillard, les Yamakasi, Mia Frye, Milla Jovovich, Anne Parillaud, et bien d’autres encore ; ses réalisations sont des monuments du cinéma, où les formidables partitions d’Eric Serra subliment l’esthétique parfaite des images qui défilent ; ses héros masculins sont l’Homme que l’on veut épouser, intensément sensibles derrière une virilité à toute épreuve, et ses héroïnes celles à qui l’on souhaite ressembler, splendides, dures comme des rocs et fragiles à l’extrême.
 
Pour l’ouverture de sa Cité du Cinéma, il était là : les cheveux grisonnants, habillé à la cool, il se baladait dans cet endroit irréel comme s’il était chez lui. Sympa, accueillant et disponible, cet hôte hors-normes avait tout préparé pour que les premiers visiteurs soient bluffés : parcours libre dans la plupart des bâtiments, visite du plateau de tournage de son film Malavita sur les traces de Michelle Pfeiffer et Robert De Niro, animations, etc. Et je peux vous dire qu’avec nos petits plans des lieux en papier et nos appareils photos de touristes autour du cou, on en a largement profité !
Vous l’aurez compris, cette usine dédiée au 7ème art est un lieu incroyable, bientôt pilier pour l’économie du cinéma français, et déjà en pole position dans la liste des endroits préférés des cinéphiles de France.
 
En bref, comme dirait Nikita : la Cité du Cinéma, ce n’est pas le paradis… mais ça pourrait le devenir.

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