NOTRE AVIS SUR « THE FAVOURITE », LE FILM À OSCARS !

Tout juste sorti en salle, The Favourite porte décidément bien son nom en décrochant plus d’une dizaine de nominations aux Oscars et une récompense aux Golden Globes. Après The Lobster ou encore La Mise à mort du cerf sacré, Yórgos Lánthimos revient en puissance avec une tragi-comédie du XVIIIe siècle. « A perfectly cut diamond of a movie » d’après Variety ; bref, de quoi soulever la curiosité de la rédaction. 

Première scène, et nous voilà d’emblée plongés dans l’univers de cette histoire réelle avec une musique d’époque. En effet, le film retourne sur les traces de cette reine ignorée et laissée dans l’oubli. Anne, dernière héritière de la lignée des Stuart en Angleterre, est incarnée par Olivia Colman (qui a pris d’ailleurs 16 kg pour le film !). Olivia nous livre un rôle de reine docile, épuisée et manipulable. Souvent obligée de superviser les enjeux politiques et financiers, Anne s’entoure pour être conseillée. Si les parties de la monarchie constitutionnelle se composent majoritairement d’hommes, ici, les femmes contrôlent et le réalisateur insiste bien sur son envie de faire un film de femmes : « Je souhaitais placer les femmes au centre d’un conglomérat d’hommes qui ignorent comment gérer les affaires sérieuses. Les hommes ont beau les dépasser en nombre, ils ne les dépassent pas en esprit ».

Crédit : The Favourite // Robbie Ryan

Rachel Weisz et Emma Stone se retrouvent projetées au premier plan, créant ainsi un trio d’actrices brillantes et maléfiques à la fois. Le spectateur se voit coincé dans ce huit clos oppressant, entouré de personnages complexes, eux-mêmes piégés par le destin hiérarchique de leur époque. Coup de cœur pour les costumes colossaux et les décors authentiques qui finalement ne sont pas si historiques. Effectivement, l’un des scénaristes, Tony McNamara explique sa volonté de se détacher des codes du genre historique « nous voulions montrer une sorte de cruauté ordinaire », mais également de casser l’attitude maniérée des personnages afin de faire ressortir des performances plus modernes, voire parfois totalement anachroniques (ce qui rend la chose plutôt amusante !).

Entre manipulation politique et sexuelle, ce récit pervers livre aussi une certaine beauté en termes de direction artistique et de mise en lumière. Pour ce faire, le réalisateur utilise des techniques assez perturbantes telles qu’un grand-angle « fish-eye », des mouvements et travelling brusques ainsi qu’un montage audacieux. Et pour couronner le tout, une bande-originale super anxiogène et cinglante qui vous mettra bien mal à l’aise. Donc si vous n’êtes pas « fana » des conventions historiques, pas de panique, ces méthodes dynamiques et contemporaines sauront vous satisfaire.  

Yórgos Lánthimos, en abordant ces relations vénéneuses et ces jeux de pouvoir, qui nous sembleraient presque divertissants, fait finalement transparaître une nature humaine terrifiante. Un film à l’esthétique cruel, aussi bien dans l’image que dans le récit. À voir ! 

Article de Faustine Chevrin

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