MONOGRENADE , COCKTAIL MOLOTOV


Si nous devions évoquer l ‘explosion musicale de ces dernières années,  Monogrenade en serait probablement la bombe à retardement. En effet, c’est à travers une ascension lente mais progressive que ce groupe de jeunes canadiens formé de Jean-Michel Pigeon (voix , clavier et guitare), Mathieu Colette ( (batterie), François Lessard (basse) et Marianne Houle (violoncelle) s’est bâti une place particulière dans le paysage musical francophone.

 
De Montréal à Paris en passant Bruxelles leur musique organique et élevée au bon air des forêts laurentiennes (ils ont volontairement enregistré leur album dans un chalet de la région des Laurentides au Québec) ne rentre dans aucune case mais propose un folklore unique où les cordes ont la vedette. Des cordes sur lesquelles ils ne cessent de tirer ; les révélant tour à tour sensibles, effrayantes ou endiablées.  Leur cosmos, situé quelque-part entre le rock gothique de Timber Timber (encore des canadiens) et les mélodies classiques de Yann Tiersen, représente une planète à part où les éléments fusionnent et se déchaînent.

 
Après la sortie d’un premier EP La saveur des fruits en 2009, c’est surtout la scène qui les a révélés auprès du public. Ils font des passages remarqués aux Francofolies ainsi qu’au festival M pour Montréal quand les sirènes de l’Atlantique viennent les appeler. La torpille prend alors le large et rejoint le vieux continent où elle explose aux Bars en Trans de Rennes et au 114.  
 
Paulette : Cette année a été particulièrement intense pour vous, votre premier album Tantale est sorti en France sur le label Atmosphériques, vous avez enchainé les scènes (le Divan Orange, Printemps de Bourges)? Que retenez-vous de ce tourbillon ? Où en êtes-vous ?
Monogrenade : Là nous sommes en tournée, le public est super. Récemment on a eu une petite pause de 4 jours au studio la Frette en banlieue nord de Paris. C’est un manoir sublime et vintage où pas mal d’albums mythiques ont été enregistré, comme The Reminder de Feist, on est plutôt content !
 
Quel est votre meilleur souvenir de tournée ?
On garde un très bon souvenir de notre passage à Bruxelles lorsque l’on a fait la première partie de Cœur de Pirate. Il y avait environ 2500 personnes et les gens tapaient dans les mains sur la fissure, une chanson habituellement mélancolique, il y avait un feeling très spécial.
 
"IL Y A UNE ATMOSPHERE PRESQUE SACRÉE
PENDANT LES CONCERTS EN FRANCE"

Le public français vous a très bien accueilli, finalement entre Paris et Montréal votre cœur balance ?
Pour nous, c’est sûr que Paris c’est plus exotique, comme pour les parisiens qui vont à Montréal. On est très content de jouer ici.
 
Est-ce qu’il y a une réelle différence entre la manière dont le public français reçoit votre musique comparativement au public québécois ?
Les français sont très attentifs alors qu’à Montréal les gens parlent et  applaudissent pendant les chansons. Ici il y a une atmosphère presque sacrée pendant le concert. Les gens n’interrompent pas tant que Marianne n’a  pas levé mon archet.

 
Vous faites les premières parties de beaucoup d’artistes québécois comme Malajube, Cœur de pirate ou encore Ariane Moffat, ce n’est pas une forme de solidarité  patriotique?
Pas vraiment, c’est plutôt le fait que vienne de la même scène au Québec, on côtoie les mêmes réseaux et surtout on a créé de vrais liens de sympathie. Ariane Moffatt nous supporte depuis le début et Malajube également.
 
Si vous deviez faire la première partie d’un groupe français, quel serait-il ?
On écoute pas mal de musique électro française donc ça pourrait être sympa de faire quelque-chose avec Sébastien Tellier.

 
Quand vous n’êtes pas sur scène, qu’est ce que vous faites ?
On rentre à Montréal et on boit (rires). Plus sérieusement, on prend quelques semaines off où chacun retourne à sa petite vie avec ses proches. Sinon, on se revoit aussi pour faire la fête en musique de temps en temps.
 
Vous avez fait beaucoup de festival à Paris et à Montréal (M, Francofolies, Printemps de Bourges) d’autres projets pour l’été prochain ?
Pour l’instant, nous ne savons pas encore mais on aimerait beaucoup faire les Francofolies de la Rochelle ou les Eurockéennes.
Mathieu : J’ai un gros rêve de faire les Vieilles Charrues et pas seulement pour le nom (fille facile en québécois, ndlr) (rires).
 
Vous avez déjà un autre album sur les rails ?
Pour l’instant aucune date n’est fixée encore mais on a plusieurs maquettes en route. On sortira probablement quelque-chose d’ici 2013.
 



Vous avez un univers artistique bien particulier dans vos albums. Votre titre Ce soir (réalisé par Christophe Colette le frère du batteur) a reçu plus de 170000 vues sur Youtube ; La Marge rappelle un peu les films expressionnistes allemand. Est ce que vous participez tous au concept de la réalisation de vos clips ?
Non, généralement c’est vraiment le frère de Mathieu qui a déjà sa petit idée sur ce qu’il veut faire pour une chanson et nous lui faisons intimement confiance. Pour le clip de La marge, il a changé de concept en dernière minute faute de moyens et il a eu cette idée de faire ce clip très influencé par les films russes des années 50.
 
Comme vous êtes souvent à Paris pour vos concerts désormais, quels sont vos adresses?
Le 82 rue des Martyrs. C’est un peu le QG des québécois à Paris et comme nos premiers show étaient au divan du Monde, on en a fait notre repère.
 
MONOGRENADE :: TANTALE

Bonsound Records/Atmosphériques
 
 
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